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Jazz sur France Musique : Europeans Only

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François Hollande et le Discours Subliminal de Bamako

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L’intelligentsia africaine dans sa grande majorité a rejeté avec plus ou moins de véhémence le discours de Dakar prononcé par M. Nicolas Sarkozy quelques mois après son accession à la présidence française. Ce discours était censé faire passer un choc, celui de la vérité dans l’esprit des Africains mais la réaction de rejet dont il a fait l’objet prouve si besoin en est la relativité politique du concept de vérité. Cette bourde scandaleuse avait pu être portée au compte de l’impulsivité d’un homme–M. Sarkozy–ou d’une sensibilité droitière ethnocentriste que les bons esprits se sont évertués à distinguer de la grande France, mère universelle des droits de l’homme, de l’égalité et tutti quanti.
À en croire cette démarcation, il y aurait une différence de fond entre une vision droitière de la France sur l’Afrique et une vision plus humaine, compatible à la fois avec l’histoire et les valeurs de la France, vision à laquelle la gauche s’identifierait volontiers. Et, comble de la confusion, cette distinction, loin d’être une nuance de forme ou une différence de degré, est affirmée avec force comme une différence de nature. Elle est traitée avec le même manichéisme illusoire de la bipolarité éthique qui régit la vie politique française. Alors même que ce manichéisme est à peine plausible à l’interne, qu’en est-il de la France dans son rapport prédateur avec l’Afrique ?
Le néocolonialisme est-il l’apanage de la seule droite ou bien y aurait-il un néocolonialisme de gauche et un néocolonialisme de droite ? Le discours prononcé par François Hollande à Bamako lors de l’investiture du nouveau président malien, Ibrahim Boubakar Kéita, par son caractère subliminal a pu abuser la candeur de l’opinion africaine, mais sous ses dehors idéologiquement lisses, dans le fond est-il plus respectueux des Africains que le Discours de Dakar ?

Hollande au Mali : « Cette élection ouvre la… 

La situation historique de l’Occident dans le monde actuel et son option stratégique de réarmement prédateur considérée comme un devoir de survie se traduisent en actes géopolitiques dont la finalité est à peine cachée. Se considérant comme les pourvoyeurs de technologie dans la marche du monde, les occidentaux sont confrontés à un besoin de matières premières. Dans la mesure où les nations militairement faibles détiennent une proportion considérable de ces matières premières, l’Occident capitaliste considère que la jouissance de ces matières premières ne saurait exclusivement leur échoir. L’Occident n’accepte pas la fatalité de la correspondance territoriale de la distribution des ressources du monde. L’idée de ce refus, c’est que ce n’est pas parce qu’un peuple se retrouve sur un sol sous lequel il y a des ressources qu’il en serait le propriétaire exclusif. La justification morale de ce refus considère que l’histoire humaine est faite de partage, volontaire ou involontaire ; le feu a été partagé, les techniques l’ont été et la technologie dont l’Occident est le principal pourvoyeur est considérée comme un bien qui profite à l’humanité tout entière. Dans ces conditions, pourquoi accepter la conception autonomiste de la jouissance des matières premières découlant de la correspondance territoriale entre la propriété d’une ressource naturelle et ses ayant-droit ? Selon cette conception non formulée de la géopolitique, tout espace de ce monde appartient moins à ses premiers occupants qu’à celui qui peut le conquérir et en défendre la propriété. Car si les ressources du sol appartiennent exclusivement à ses premiers occupants, qu’en serait-il des occupants d’un sol que Dieu n’a pourvu d’aucune ressource naturelle ? La réponse occidentale à cette question a connu plusieurs phases qui ne sont pas fondamentalement différentes dans leur radicalisation éthique. Dans le cas de l’Afrique, il y a eu l’esclavage et le colonialisme, puis le néocolonialisme qui est sans doute la forme la plus vicieuse. Le colonialisme est le pillage à ciel ouvert mais avec des contraintes imparties aux pilleurs. Le néocolonialisme offre aux pilleurs tous les avantages du colonialisme moins ses contraintes politiques, légales et morales.
Avec l’évolution de la géopolitique du monde qui a vu l’entrée en scène de nouveaux géants, l’Inde et surtout la Chine, culturellement différents de l’Occident et, en raison de leur poids démographique, voraces en matières premières, l’Occident se voit obligé d’affiner sa stratégie de survie. L’option concertée qu’il a adoptée face à l’émergence de cette nouvelle concurrence est de prendre le contre-pied des concurrents en marquant son territoire. Pour cela, l’unité objective de l’Occident face au péril oriental doit prévaloir. Alors que durant les 60 années qui ont suivi la seconde guerre mondiale, en matière coloniale, l’Occident agissait en rang dispersé et parfois laissait libre cours à des antagonismes sur fond de refus de l’hégémonisme américain, l’heure est maintenant à l’union sacrée. Mais, comme toujours, les peuples du tiers-monde ont un retard de clairvoyance dans ces évolutions et continuent à raisonner en termes des anciens clivages qui traversaient le monde occidental dans sa diversité : Européens/Américains, Anglosaxons/Latins, etc.. Or, en Occident, l’union objective est déjà à l’œuvre ; c’est sur sa base que Saddam Hussein a été balayé, parce qu’il constituait le modèle même de l’autocrate faisant obstacle à la philosophie de la part légitime de l’Occident : les ressources du monde n’appartiennent ni aux peuples du sol sous lequel elles se trouvent encore moins aux autocrates ténébreux qui rejettent l’allégeance à l’Occident mais à ceux qui peuvent les exploiter parce qu’ils disposent des moyens et de la puissance de s’en accaparer. La même philosophie a eu raison de l’ombrageuse défiance du colonel Kadhafi et ce dans les mêmes conditions criminelles maquillées en intervention humanitaire de protection ou de délivrance des peuples de la tyrannie. Alors qu’en vérité à chaque fois, dans le silence complice des media, ces peuples ont été massacrés par centaines de milliers par leurs soi-disant sauveurs occidentaux.
C’est dans ce cadre qu’il faut replacer les drames africains des 20 dernières années : le Congo, le Rwanda, le Niger, la Côte d’ivoire, etc. et le Mali. La mise à jour de la carte des matières premières du Mali a suscité la convoitise des occidentaux. Les ressources dont il s’agit sont à la fois diverses et impressionnantes par leur immensité et leur distribution sur ce territoire vaste comme cinq fois la France : gisement de gaz de BOURAKEBOUGOU à 75 km de Bamako ; gisement d’or de KODURANA à 300 km de Bamako ; gisement de pétrole et de gaz dans le Nord (Tombouctou, GAO, KIDAL).
Dans les transactions autour du pillage de ces ressources, le défunt gouvernement démocratique du Mali a eu le tort d’envisager une approche ouverte qui mettait en concurrence les Français, les Américains et les Canadiens entre autres. Cela n’a certainement pas pesé en faveur du Président Amadou Toumani Touré dans le rôle que la France aurait pu jouer pour garantir la quiétude de son pouvoir, comme c’est le cas avec les modèles de docilité néocoloniale que sont les Compaoré, les Eyadéma, les Biya, Bongo ou autre Nguesso. Ce genre d’incartade, c’est-à-dire pour un pays francophone, le fait de simplement considérer sur tel ou tel sujet ( économique, politique ou culturel), l’éventualité de ne pas mettre ses œufs dans le même panier néocolonial français est considéré par la France comme un crime de lèse-majesté et châtié avec une sévérité sans commune mesure. La Guinée de Sékou Touré est un exemple archétypique de cette pédagogie de la vengeance chère à la France mais on pourrait citer aussi le génocide du Rwanda ou le destin tragique de Thomas Sankara du Burkina Faso, ou même plus récemment encore l’injustice et l’humiliation infligées à Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire. Il ne fait aucun doute que ce libéralisme et ce manque de discipline néocoloniale de la part du Président malien qui a péché par trop de démocratisme lui a valu d’être balayé dans un coup d’État sinon inspiré et soutenu en sous-main par la France de Sarkozy, du moins non fermement condamné par elle. Cette France-là, comme sous Chirac, qui avait puni le président Pascal LISSOUBA d’avoir osé insinuer que des sociétés américaines pouvaient entrer en concurrence avec Elf-Aquitaine-Total dans l’exploitation du pétrole congolais, en le faisant renverser dans une guerre éclair par son opposant Denis Sassou Nguesso ; cette France-là est la même qui, sous Sarkozy a laissé faire le coup d’État qui balaya Amadou Toumani Touré, le chef de l’État démocratiquement élu du Mali et vit l’entrée en scène du capitaine SANOGO. La rapidité avec laquelle après la victoire militaire française au Mali et l’élection du nouveau président, le capitaine SANOGO a été promu au grade de général en dit long sur ses liens avec les nouveaux vainqueurs.
Mais des différences existent entre l’entreprise occidentale de pillage du Mali et celles qui ont fait main basse sur l’Irak et la Libye. Ces différences sont au moins de deux sortes. Premièrement les ressources–exclusivement pétrolières–de ces deux pays étaient déjà en exploitation depuis plusieurs décennies à travers des circuits bien huilés. Le but était de se réapproprier ces circuits. Deuxièmement ces pays étaient aux mains d’autocrates ombrageux, allergiques au diktat sinon à la domestication par l’Occident. Alors que le Mali était dirigé par un président démocratiquement élu même si là comme ailleurs en Afrique où elle est adoptée, la démocratie en est encore à ses balbutiements. Cette démocratie malienne citée en référence en Afrique francophone jusque-là et dirigée par un homme qui n’était pas doué pour marchander son patriotisme sur le marché néocolonial devait être balayé. Le coup d’état du Mali, à l’instar du renversement et de l’assassinat du colonel Kadhafi dans lequel la France joua un rôle très actif, ne révulsa pas outre mesure les puissances occidentales, à commencer par le premier d’entre elles, les États-Unis. Le but de cette déstabilisation était en effet de créer les conditions d’anomie propices à la mainmise occidentale sur les matières premières de l’Afrique dans laquelle, tous autant qu’ils sont,–Américains et Européens– s’entendent comme larrons en foire.
Après le coup d’État qui mettait fin à 20 années d’expérience démocratique au Mali–à l’instar du premier coup d’état intervenu dans l’histoire postcoloniale de la Côte d’Ivoire–la France de Sarkozy, comme en Côte d’Ivoire avant l’irruption inattendue de Gbagbo dans la faille politique, entendait reprendre l’initiative et affirmer son rôle de maître d’œuvre dans l’entreprise de pillage des ressources minières et pétrolières du Mali. Pour faire pression sur les Maliens, la France, au lieu de prendre ses responsabilités dans la répercussion sur le Mali de la guerre de Libye qui contribua à la désagrégation politique de ce pays, préféra plutôt prendre langue avec les autonomistes de l’AZAWAD. Ainsi, le MNLA qui s’affichait comme le moins religieux de ces groupes autonomistes n’était tout autre qu’un ludion aux mains des services secrets, du Quai d’Orsay et des médias français. Dans le même ordre d’idées, la France regardait d’un œil à la fois complaisant et cynique les intentions conquérantes de la horde de djihadistes et de salafistes qui déferlaient de Libye avec armes et bagages à la conquête de nouveaux espaces. Selon le plan français de Sarkozy, dans le désordre politique et militaire aggravé par le coup d’état, il s’agirait de laisser ces hordes de djihadistes, devenus paradoxalement–en Libye comme en Syrie–les alliés objectifs des plans de reconquête occidentaux, déferler jusqu’à Bamako. Quand les rebelles auront conquis Bamako, la France qui manipule leur vitrine politique pourra alors entrer en scène, jouer les arbitres et négocier ses droits dans le cadre du pillage des ressources minières et pétrolières du Mali. En somme, Sarkozy avait choisi dans ce scénario de jouer la carte de l’opposition ethnique : le Nord contre le sud. Les Touaregs qui ne pèsent que 15 % de la population du Nord contre les autres ethnies du Nord enrôlées de force dans l’effervescence autonomiste, les ethnies du sud, les Bambaras et les Noirs en général.
Mais ce plan machiavélique qui se jouait du destin du Mali et de toute l’Afrique n’a pas été à son terme. Entre-temps, la démocratie a parlé en France et d’une manière plus régulière qu’au Mali. La France a connu l’alternance au sommet avec l’arrivée d’un nouveau président, qui avait promis le changement. En prenant en main le dossier malien, François Hollande n’a fait que lui intimer une approche de gauche, basée sur l’idée simple qu’il n’était pas nécessaire d’humilier les Maliens avant de se rendre maître du Grand jeu de pillage des ressources de ce pays de l’Afrique de l’Ouest. Au contraire, selon François Hollande, même sans le dire, la France devait assumer ses responsabilités dans les répercussions au Mali de la guerre en Libye dans laquelle la France a joué un rôle de locomotive même si le moteur était américain. Au lieu de faire des djihadistes les conquérants d’un jour à Bamako, François Hollande décida au contraire de faire machine arrière. Ce choix impliqua du même coup une révision sémantique de la désignation des protagonistes : les rebelles furent alors baptisés « terroristes », terme qui entrait en résonance avec le rhétorique américaine et donnait du coup toute légitimité pour les combattre.
Mais les combattre pourquoi ? Eh bien pour apparaître aux yeux des Maliens comme des sauveurs alors que dans le fond, la France n’avait jusque-là pas été tout à fait étrangère à leur tourmente–que ce soit dans les répercussions de la guerre de Libye ou dans la manipulation de la nébuleuse des groupes de rebelles qui avançaient derrière la vitrine civilisée du MNLA.
Outre la satisfaction personnelle d’une guerre dont la mise en œuvre et la victoire offrit à François Hollande de vivre « le plus beau jour » de sa vie politique, il y avait la signification que les Africains et plus particulièrement les Maliens devaient se faire de l’intervention militaire et politique française au Mali. Et cette signification fut délivrée par François Hollande lui-même dans son discours de Bamako tenu à l’occasion de l’investiture du nouveau président, Ibrahim Boubacar Keïta. Un homme dont François Hollande dans son discours a dit qu’il était un grand Président alors que rien, en dehors de sa taille, ne justifiait ce qualificatif précoce le jour même de son investiture. Sa grandeur venait-elle du fait qu’il était le candidat de la France ? Mais au-delà de cette mièvrerie, dans le discours de François Hollande, à l’instar du discours de Dakar de Sarkozy, il y avait une phrase et une idée force. En l’occurrence, la France, avait déclaré haut et fort François Hollande, par sa victorieuse intervention, avait payé la dette du sacrifice des Maliens morts pour elle au cours des deux guerres mondiales.
Mais, au vu de la mise en lumière des réelles motivations et des tenants et aboutissants du drame malien, au cœur de cette zone saharienne devenue hautement stratégique pour l’Occident, une telle proclamation ne relève pas uniquement d’une grossière menterie : il s’agit d’une insulte à l’intelligence des Africains. Comme s’ils restaient ces grands enfants en lesquels aimaient à les dépeindre la représentation raciste de l’époque coloniale, et de ce fait pouvaient gober n’importe quelle histoire à dormir debout.
Si la France tout au moins celle que représente François Hollande a conscience de la nécessité de payer ses dettes de l’histoire à l’Afrique, elle a fort à faire et serait bien inspirée de les payer dans l’ordre chronologique de l’histoire. Pourquoi ne commence-t-elle pas par payer la dette de la traite négrière des Noirs qui dura quatre siècles et dans laquelle comme elle le fait en cette période de néocolonialisme acharné, la France se distingua parmi les puissances négrières du monde ? Gorée, Nantes, Bordeaux, Martinique, Guadeloupe, Guyane etc. sont autant de stations d’un calvaire qui interpellent la mémoire ; autant de destinations transitoires ou définitives de millions d’Africains, quand il ne mouraient pas tout simplement dans les cales ou n’étaient pas jetés dans les océans pour nourrir les requins.
Au moment même où une intrigue ficelée par l’Occident a fixé les conditions de la domination politique qui détermineront le pillage des ressources minières et pétrolières du Mali, oser dire pince sans rire que l’on est en train de payer la dette contractée par la France auprès des Maliens morts pour elle au cours des deux dernières guerres mondiales, c’est se moquer des Maliens et des Africains dont les parents furent enrôlés dans ces guerres à leur corps défendant et qui moururent sur les champs de bataille en Europe souvent dans des conditions atroces.

C’est comme si l’héritier d’une famille bénéficiaire de don de sperme était venu violer une descendante du donneur en prétendant qu’il honorait par là une dette.
Si le discours de Dakar a été une insulte faite aux Africains, le discours de Bamako à certains égards est encore plus choquant dans la mesure où, sous ses dehors idéologiquement lisses, il résonne comme une insulte à l’intelligence des Africains.

Adenifuja Bolaji

   

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Publié dans Haïku

Mais quand nous départirons-nous donc de nos Réflexes de Colonisés ?

bashoLes Béninois sont plus informés des moindres détails de ce qui se passe en Centrafrique ou au Tchad plus qu’ils ne le sont des faits d’importance souvent capitale qui se déroulent au Nigeria ou au Ghana,  pays à plus d’un titre frères et voisins Or  ( songez par exemple que c’est de ces deux pays que nous  viennent entre autres  choses l’essence vitale et l’électricité qui nous manquent tant ces jours-ci) leur quotidien et leur vie sont plus influencés par ce qui se passe au Nigeria ou au Ghana que par les soubresauts de la vie politique en Afrique centrale dont on leur rebat les oreilles à satiété.Peut-on rendre meilleur hommage à la continuité des réflexes hérités du colonialisme ? Cette distorsion n’est-elle pas le reflet de

notre courte vue générale ? Désastreuse économie de la pensée qui  informe nos actions, nos faits et nos gestes, des plus ordinaires aux plus importants. Pourquoi restons-nous figés dans la posture impensée de la reconduction instinctive des réflexes du passé colonial ? Est-ce parce que nous continuons à parler la langue du colon sans nous méfier des implications de cet état de fait ?Qui peut m’expliquer le bien fondé de cette bêtise paradoxale assumée comme une seconde nature ?

Amida Bashô

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Lettre à mon Ami Bossou sur les Répercussions en France du Mouvement Anti-Wade

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Mon Cher Boss,

Tu me demandes la répercussion du mouvement anti-Wade dans les médias et le monde politique français.
Eh bien, cette répercussion devrait refléter l'intérêt des occidentaux pour le Sénégal ! Parce que le Sénégal est un pays qui a toujours été un peu le toutou de la France, Consul universel de la domination occidentale. Depuis les premiers soldats qui ont servi à ouvrir les voies de la colonisation jusqu'au personnage visqueux d’Abdoulaye Wade en passant par les tirailleurs et last but not least l'incontournable poète et académicien Léopold Sedar Senghor, chantre du métissage, de l'universel et des fadaises intellectuelles du même tonneau, la servilité du Sénégal vis-à-vis de la France est légendaire ; elle a toujours été un modèle de ce qui touche à cette déplorable inconscience avec laquelle nous les Africains nous entretenons nous-mêmes les chaînes de notre domination. Quand on observe qu'au Sénégal depuis l'indépendance, tous les chefs d'État qui se sont succédé jusqu'ici -qu'ils soient musulmans ou chrétiens-ont épousé une Française, on se rend à l'évidence de cette intimité politique érigée à la fois en paradigme, en conditionnalité et en passage obligé de l'accès au pouvoir dans les prés carrés de la Françafrique -le cas récent d'un Allassane Ouattara en Côte d'Ivoire est loin de relever du simple hasard…
D'ailleurs, dans ce dernier cas, t’en souviens-tu ?, la « communauté internationale » — entendre par là les Blancs et leur cheval de Troie -l'ONU- ont traité par la défiance et le mépris la décision de la Cour constitutionnelle ivoirienne qui donnait Gbagbo gagnant aux élections. Et alors, pour une fois dans les annales de la démocratie, la décision d'instances non constitutionnelles et notamment d'une organisation internationale a prévalu sur celle d'une Cour constitutionnelle établie. Et au nom de cette primauté, par la force, la France a installé au pouvoir un homme-chien qui lui est asservi et qui présentait jusque dans son intimité, comme c'est la règle, les gages honteux de cette aptitude à être dans ses bonnes grâces.
Or donc, dans les médias français on a été obligé de parler à chaud de la manifestation du 31 janvier 2012 au Sénégal mais sans plus. Les journaux comme le Monde ou Libération s'en sont fait naturellement l'écho. Mais le personnel politique est resté mesuré dans ses réactions. Le Ministre des Affaires Étrangères, M. Alain Juppé a essayé de calquer ses déclarations et sa position mesurées au trébuchet sur celles des États-Unis. En effet, comme les Etats-Unis, il a évoqué la nécessité d'assurer le relais générationnel, et comme eux, il n'a pas manqué de nuancer sa déclaration par l’affirmation de « son respect pour les décisions de la cour constitutionnelle du Sénégal. » En rapport avec le rejet de la candidature du chanteur Youssou N’dour, on a aussi évoqué du côté français le souhait d’une ouverture de la candidature à toutes les sensibilités. Du côté de la gauche –qui, on le sait, est d’une hypocrisie lamentable concernant les problèmes de l’Afrique–c'est le silence radio. M. Hollande, qui passe pour challenger crédible de Sarkozy, n'a pas pipé mot, comme il est resté muet sur les questions africaines dans son récent discours général de candidature. Sans qu'on sache quelle sera l'orientation de sa politique africaine et pourquoi les Français d'origine africaine devraient, en rapport avec l'intérêt de leur continent d’origine, voter pour lui plutôt que pour Sarkozy.
Après le bref écho médiatique faisant état des incidents qui se sont déroulés au Sénégal dans le cadre de cette action du M23, ce service minimum d'information sur l'événement factuel, les médias français évitent d'en rajouter, ils évitent de parler du Sénégal. Ils préfèrent plutôt parler de la Syrie, de l'Égypte et même de la Russie de Poutine…

Hier, sur le Monde.fr, on a pu voir apparaître la bouille de la femme d'origine sénégalaise que Sarkozy au début de son mandat a bombardé secrétaire d'État, et qui a été débarquée du gouvernement depuis, sans que tout cela n’altère en rien sa capricieuse propension à ne pas se prendre pour une merde ; son nom me vient : c’est Rama Yade mais peu importe ! le journal avait mis en ligne un dossier sur son sort politique et on voyait bien que celle que les internautes commentateurs qualifiaient sans arrêt de « belle et jeune femme » -exorcisme classique de dénégation d’un racisme anti-noir congénital : chez les Noirs, il est de bon ton que les femmes, pour passer, soient jeunes et belles, et les hommes sympas et intelligents– était vouée à un sort politique dont la noirceur n'avait d'égale que sa beauté douteuse, qui n'avait rien mais alors rien de spécial.
À mon avis cette montée en épingle par le journal avait pour but de faire le change ; satisfaire le besoin d'information en provenance du Sénégal dont on imaginait les lecteurs en manque légitime ; en donnant à voir la Sénégalaise du moment au lieu de l'info sénégalaise du moment. Subtile manipulation cousue de fil blanc…

Je crois que concernant le Sénégal, les médias, à l'instar des hommes politiques, marchent sur des œufs ; ils ne veulent pas être pris à partie par le visqueux dictateur qui comme beaucoup de dictateurs africains de son acabit, seraient prompts à parler de dignité bafouée, de racisme ou d'ingérence dans les affaires d'un État souverain — souveraineté jusque là bradée et redécouverte comme par enchantement.

Mais par ailleurs les médias, respectant un code tacite, préfèrent suivre la ligne de leur race-nation-pays en matière de politique néocolonialiste, c'est-à-dire qu'ils ne tirent pas dans les pattes de leur gouvernement, conscients qu'ils sont d’être aussi des bénéficiaires objectifs des crimes multiples et permanents commis contre l’Afrique au titre de l'exploitation néocolonialiste.

 

Comme le Sénégal est le pays phare de l’aliénation coloniale et néocoloniale, une aliénation qui porte l'estampille senghorienne, avec cette puérilité réactive des Africains qui ne sont jamais fiers que lorsqu'ils ont montré qu'ils parlent bien français et qu'en cette matière ils savent de qui tenir, le moindre intérêt des médias, le moindre article dans les journaux tendant à dire la bêtise inénarrable de la situation d'un vieillard de 90 ans bientôt s'accrochant au pouvoir dans un pays où la moyenne d'âge est trois fois inférieure, le moindre intérêt serait pris pour un soutien, et contribuerait à doper le mouvement de protestation ; car telle est la force de l'influence de la France sur la conscience d'un pays aliéné, que la langue et tout ce qui y touche de près ou de loin jouent un rôle déterminants.

Mais le silence relatif des médias français peut être aussi un silence intéressé, un silence négocié, un silence stipendié avec des arguments sonnants et trébuchants. Tout le monde sait que la presse française traverse des temps durs ; et ses tenants ne cracheraient pas sur les CFA, même s'ils proviennent d’un dictateur visqueux à la cause quasiment indéfendable. L’hypothèse n'est pas délirante car selon toute vraisemblance, il apparaît que Abdoulaye Wade à arrosé des Américains (médias et lobbies) de la bagatelle de $ 200 000 pour s'assurer de leur bienveillance auprès des milieux politiques–ce qui a pu motiver sans doute les louvoiement occidentaux et le ton mitigé dans lequel la porte-parole du département d'État à exprimé la position de son pays sur une affaire où l’hésitation ou la demi-mesure n’avaient pas leur place.
Dans ce cas peut-on penser sincèrement que le sombre octogénaire qui dispose des ressources de son pays comme le font tous les satrapes africains n’ait pas également acheté le milieu politique et médiatique français ?
Voilà mon cher ami ce que je pense de cette situation délétère ; caractérisée par la logique de deux poids deux mesures ; d'un côté on n'a pas de respect pour les décisions de la cour constitutionnelle d’un pays parce qu’elles sont contraires aux intérêts occidentaux ; puis de l'autre côté on prétend respecter la décision de la cour constitutionnelle d’un autre pays alors même que cette décision crève les yeux  d'injustice, d’arbitraire, de bêtise et d'imbécillité.

Au total il apparaît clairement, et on n'a pas besoin d’un dessin pour cela, que pour les occidentaux en Afrique il y a deux sortes de dictateurs ; il y a les bons dictateurs et les mauvais dictateurs : les bons dictateurs ce sont ceux qui font leur jeu ou qui donnent du grain à moudre à leur racisme anti-noir à travers des comportements stupides qui font honte aux Noirs en général et à l'Afrique en particulier ; et puis les mauvais dictateurs ce sont ceux qui tiennent le flambeau d'une certaine indépendance avec leurs moyens du bord, qui ne sont certes pas idéaux, parce qu’ils ne sont pas des anges mais qui essaient de résister et de penser que l'Afrique pourrait être considérée comme un continent sur le même pied d'égalité et dont les ressources ne sont pas et n'ont pas vocation à être exploitées sans partage ni cesse  par l'Occident. Tel est donc en fait ce qui apparaît dans l'attitude des occidentaux et que révèle cette situation sénégalaise dont nous attendons de voir les prochains développements.

Merci Boss, j'espère que je te donnerai de plus amples informations sur le sujet dès que j'en aurai, en fonction de l’évolution de la situation…

Avec tout le respect dû à un Boss, fût-il ami,

Aminu Balogun

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Angela Merkel et l’Ivoirité

bashoQuand ont voit Mme Merkel qui bien qu’étant femme et surtout originaire de l’ex-Allemagne de l’Est est parvenue à devenir Premier Ministre de l’Allemagne réunifiée, alors on mesure le sens de l’identité des Européens, leur esprit synthétique, leur maturité politique et nationale, leur intelligence collective, leur avancée ethnique, leur aptitude à s’en tenir à l’essentiel, leur attachement aux idées plutôt qu’à des considérations régressives ou animales, et pour tout dire  leur sens pratique. Car eût-on été en Afrique Côte d’Ivoire ou je ne sais quel Togo ou Nigeria si on ne lui opposait pas le fait qu’elle est une femme on lui aurait opposé allègrement le fait qu’elle est originaire de l’Allemagne de l’Est, ce qui pourrait supposer qu’elle est peut-être Tchèque, Lituanienne ou Polonaise : toute stigmatisation qui l’aurait rendue suspecte à l’éligibilité à la fonction de Premier Ministre. On aurait parlé d’ivoirité ou de nationalité douteuse…

Ce bon sens et cette intelligence collective européens ne sont ni un apanage allemand – car en France, Sarkozy qui est d’origine hongroise par son père, bien qu’il s’excite lui-même contre les étrangers et fait des lois répressives à leur égard, cédant au complexe du bus plein, a été élu par les Français –   ni un phénomène de mode. Car pour en revenir au cas allemand, Hitler lui-même, qui est devenu le führer du Troisième Reich en même temps que sa fureur, n’était pas Allemand “ de souche” mais précisément Autrichien…

Amida Bashô

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Copyright, Blaise APLOGAN, 2010,© Bienvenu sur Babilown

Toute republication de cet article doit en mentionner et l’origine et l’auteur sous peine d’infraction

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L’Afrique et le Droit à la Dictature

Questions aux Assassins de Kadhafi

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Hitler était un dictateur ; non pas pour nous Africains ou Asiatiques colonisés  mais pour les occidentaux. N'en déplaise à l'ethnocentrisme maniaque avec lequel ceux-ci universalisent tout ce qu'ils touchent ou tout ce qui les touche.
La question s'est même posée dans les milieux intellectuels postindépendance africains de savoir si Hitler ne méritait pas une statue. Dans la mesure où, d'une certaine manière, sa violence intime, sa barbarie à l'égard de ses propres frères blancs, et la menace qu'il a fait encourir à leur liberté en ont été pour beaucoup dans la prise de conscience par ceux-ci de la nécessité de libérer leurs colonies de par le monde. En clair, si l'Égypte comme on le dit est un don du Nil, nos indépendances sont peut-être un don d'Hitler. La neutralité bienveillante, sinon l'aura positive dont est auréolée l'image de Hitler en Afrique explique que, chez nous au Bénin par exemple, bien des familles n'hésitent pas à nommer leur fils d’après Hitler, parce qu'ils pensent que celui qui a fait parler de lui sous ce nom dans le monde entier et qui a fait trembler ceux qui les faisaient trembler ne devaient pas être n'importe qui ; c'est-à-dire qu'il ne pouvait qu'être un brave homme.
Mais pour les européens, il va de soi que Hitler était un diable, un dictateur sanguinaire, tout ce qu'on veut. Parce qu'il leur a fait goûter en une demi-douzaine d'années à peu près la soupe infecte de malheur, d'arbitraire, de brutalité, de torture, de privation de liberté, d'injustice et de domination que l'Europe, l'Occident chrétien servait allègrement et sans états d’âme aux peuples dominés d'Afrique et d'Asie, sous prétexte de civilisation, souvent et sous des formes variées depuis plusieurs siècles !
On comprend donc que les Européens considèrent Hitler comme dictateur sanguinaire et qu'ils en aient fait le diable absolu. Mais d’où leur vient la manie et l'outrecuidance de venir détecter dans nos contrées des hommes qu'ils nomment dictateurs, désignation magique sur la base de laquelle ils se permettent d'intervenir dans nos affaires au nom abusif de l'ONU et d'autres organisations pseudo internationales à leur solde ?
Nous, nous n'avons jamais détesté leurs dictateurs. Nous n'en avons jamais eu qui ait à lui tout seul été responsable de la mort de millions d'êtres humains innocents en l'espace d'une demi-douzaine d'années ! Pourquoi se mettent-ils en peine de venir chercher des dictateurs chez nous ? Pourquoi viennent-ils chercher des poux dans nos cheveux ? C'est leur manie ethnocentrique de l'universalisme à tout crin qui les pousse à combattre pour nous nos dictateurs lorsque les leur ne nous ont jamais fait ni chaud ni froid ? Pourquoi se montrent-ils si cyniquement sélectifs dans le choix de nos dictateurs ? Pourquoi ne nous demandent-ils pas démocratiquement de leur fournir la vraie liste des dictateurs africains ? Et, à l’échelle mondiale, pourquoi font-ils profil bas dans cette lutte, en ne choisissant d’intervenir que dans certains pays à l’exclusion d’autres ?  Pourquoi ne vont-ils pas par exemple bombarder la Chine qui ne fait pas mystère de sa Dictature ? Ou bien lorsqu'on a du pétrole et des matières premières en abondance sous son sol en Afrique on n'a plus le droit aux dictateurs ?

Aminou Balogoun

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Toute republication de cet article doit en mentionner et l’origine et l’auteur sous peine d’infraction

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Néocolonialisme : Aux Armes, Africains !

Mon Idéo Va, Court, Vole et Tombe sur…:

Coupable Passivité

ideog Pour comprendre les dessous sordides et révoltants de la crise ivoirienne, on peut partir d'un étonnement : à savoir que dans maints pays francophones africains la situation politique, aussi injuste soit-elle, aussi antidémocratique soit-elle dans le fond se structure à l'idéal pour la France. Voit-elle d'un mauvais oeil qu'un Eyadema se succède au Togo ? Qu'un Bongo se succède au Gabon ? Qu'un Compaoré se succède au Burkina Faso ? etc. C’est du même bon œil qu’elle eût vu que Ouattara arrivât au pouvoir en Côte d’Ivoire. Car elle ne peut voir d'un bon œil que Gbagbo se succède à lui-même comme si ce fait eût dépareillée le moutonnement dormant de son cheptel conditionné ou le bel ordonnancement de ses intérêts imposés.

Le néocolonialisme fait du mal à l'Afrique ; il fait sans doute plus de mal à l'Afrique que le colonialisme dont, malgré les méfaits, subsistent de palpables bienfaits ; et, l'une des raisons pour lesquelles le néocolonialisme est triomphant – celui de la France en l'occurrence et, dans une moindre mesure, celui de l'Angleterre et des Etats-Unis, – c'est la passivité bestiale des Africains à l'endurer, la propension que nous avons à nous faire l'échine souple pour accueillir ses coups les plus infâmes et les plus mortels. Dans la littérature politique, dans les médias, dans les discours, on voit, on entend certes des politiques, des intellectuels, des journalistes, des hommes de médias etc. dénoncer les actes et agressions néocoloniaux ; des écrivains ou activistes militants de stature internationale souvent avec un décalage fonctionnel nous dévoilent les crimes françafricains, ses méfaits et ses forfaits, ses collusions infectes et ses intrigues de l’ombre. Mais quels effets réels ont ces écrits, ces discours et ces dénonciations verbales? Quelle symbolisation représentent-t-ils ? Quelle objectivation politique s'ensuit-il ? Au niveau de quelle ONU, ou de quelle Haute Cour Internationale ; au niveau de quelle parlement mondial, de quelle Conseil de Sécurité ces rapports sont-ils entendus et jugés ? Non, ce sont des mots et des paroles qui passent comme des vents par-dessus nos pauvres têtes. Des mots qui servent tout au plus à entretenir le besoin de défoulement, commode paravent et concession gratuite aux crimes qui se commettent dans l'impunité permanente. Telle la bave du crapaud, ces mots n'empêchent pas par exemple la fausse blanche colombe du néocolonialisme, de briller dans le ciel frelaté des pays de liberté, d'égalité et de droits de l'homme.

Au contraire, si la dénonciation du néocolonialisme n'était pas que verbale mais se traduisait en lutte concrète, en actions concrètes, en représailles concrètes sans doute les pays néocoloniaux y réfléchiraient-ils par deux fois avant de s'enfermer dans le méprisant cynisme qu'ils opposent à nos dénonciations. Une Armée de Libération Politiques de l'Afrique (ALPA) qui poserait des actes concrets, les signerait en représailles précises à tel ou tel acte néocolonial, signature dont le retentissement se sentirait dans le sang et la chair des peuples dont les États continuent de piller et de dominer impunément l'Afrique en la manipulant à leur guise, une telle ALPA changerait la donne néocoloniale en Afrique à coup sûr.

Ne voit-on pas les pays arabes beaucoup plus farouches et jaloux de leur indépendance nationale et qui de par la bravoure de leur fils, de leur peuple, leur autonomie symbolique, leur détermination à ne pas s'en laisser conter, mettent à bonne distance les intrigues les plus basses que le néocolonialisme occidental préfère réserver à une Afrique aussi Noire  que passive ?

Éloi Goutchili

 

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Une Idée de Solution de Paix en Côte d’Ivoire.

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Comme en 1972

ideog La "caractéristique fondamentale et la source première" du problème ivoirien c’est que Ouattara veut être Président, parce que depuis la mort d'Houphouët-Boigny il se sent frustré d'une succession qu’il considère normale mais dont il a été écarté pour raison ethnique étayée sur sa citoyenneté erratique.

La crise étant née de la succession de coups de force par laquelle Ouattara, ancien premier ministre, entend coûte que coûte devenir président – car des trois prétendants au fauteuil présidentiel ivoirien depuis la mort d'Houphouët-Boigny, lui seul n'a jamais été président ; et, étant donné que l'argument selon lequel sa mise à l'écart traduirait la discrimination à l'égard des populations du Nord n'est pas entièrement surfaite, il serait donc bienvenu qu'intervienne un coup d'État comme celui de 1972 au Bénin. Et, comme au Bénin, ce coup, bien qu'éventuellement l'œuvre technique d'officiers de toute obédience, viserait à confier la direction du pays à un officier supérieur intègre originaire du Nord. Celui-ci dirigera le pays dans la discipline, l’ouverture et l'équité, en écartant définitivement de toute velléité électorale les trois mousquetaires dont les luttes et oppositions fratricides ont conduit le pays au bord de l'anomie. Cet officier détiendra le pouvoir pour une durée de cinq ans et, après qu’une nouvelle assemblée constituante soit formée, et une nouvelle constitution proposée au peuple, organisera des élections aux alentours de 2015 ; élections auxquelles ne participeront que les hommes politiques âgés de moins de 60 ans. Ce faisant, la frustration politique des populations du Nord qui sert d'argument à Ouattara sera apaisée ; et la Côte d'Ivoire partira sur de nouvelles bases sans avoir à faire de guerre civile, ou à être envahie par des pays voisins dont certains n’ont pas toujours vu d’un bon œil sa prospérité

Éloi Goutchili

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Pourquoi Ouattara ne veut jamais respecter la loi de Côte d’Ivoire ?

pk3 En 1994 Bédié est élu président à l’issue d’une lutte fratricide contre  l’autre prétendant à la succession de Houphouët Boigny,  Ouattara ; quatre ans après, celui-ci, voyant venir les prochaines élections sans aucune perspective pour sa situation personnelle,  manipule des militaires qui renversent Bédié à la veille de Noël. Première violation de la loi de la Côte d'Ivoire

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CI: Constitution vs“communauté internationale”

basho Chose curieuse, pourquoi ce qui se nomme “Communauté Internationale” ose-t-elle se substituer à la Constitution d’un pays africain souverain ? Parce qu’elle finance les élections, achète les urnes ? En terme d’éthique politique et de droit internationaux, la soit-disant  “Communauté Internationale,” peut ne pas être d’accord avec ses décisions, elle peut les condamner, mais qu’elle se substitue au Conseil constitutionnel d’un pays souverain – et il n’y a qu’en Afrique noire, continent esclavagisé, colonisé,  arriéré, en pillage permanent,  rempli d’aliénés qu’un tel paternalisme méprisant est imaginable – voilà qui relève d’une aberration juridique et éthique pour le moins inouïe !

Amida Bashô

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Une Solution Pacifique à la Crise Ivoirienne : la Création du BURKINA FACI

basho Une solution à la crise de la Côte d’Ivoire c’est d’unir  le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Puisque les rebelles qui après un coup d’Etat sont en force aujourd’hui et exigent que leur victoire démocratique par les urnes soit reconnue par le régime démocratiquement élu qu’ils ont attaqué dans l’indifférence troublante ou la complaisance renversante de la  communauté internationale, puisque ces rebelles disons-nous ont Forcé la Côte d’Ivoire par les  Armes en venant du Burkina Faso, l’Union entre les deux pays s’appellera alors le BURKINA FACI, ce qui veut dire le BURKINA qui a Forcé par les Armes la Côte d’Ivoire…! Évidemment le Président tout indiqué de cette nouvelle union est le bien nommé Alassane Ouattara…

Amida Bashô

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Côte d’Ivoire : Si l’Occident était Sincère

basho Si l’Occident est sincère, avec son machin, l’ONU, pris en flagrant délit  de parti-pris, ils devraient établir une liste des régimes africains anti-démocratiques ou dictatoriaux à effacer en priorité de la surface politique du continent ; et les patriotes africains, qui savent réfléchir et voir les données de l’acharnement criminel de l’Occident capitaliste contre notre race et ses formes variables dans le temps, applaudiraient sans hésiter. Et, le principe en étant acquis, il est évident que le régime de Gbagbo qu’on essaie d’acculer aujourd’hui dans un charivari de désinformation pour le moins indigne, ne sera pas, loin s’en faut, le premier d’une telle liste, et ce quels que soient les critères de sa constitution…

Amida Bashô

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Pauvre Gbagbo: décidément pas de Chance avec la France et sa “Communauté Internationale”

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Marcoussis à l'Envers !

ideog Dans le feuilleton de crise de la Côte d’Ivoire qui connaît des rebondissements depuis plus de dix ans, il y a un tel chapelet de disparités, d’imparité et de parti-pris à l’égard de Gbagbo, d’iniquité aussi, à tel point que le personnage en devient presque sympathique, en dépit de son rôle de grand méchant dictateur noir qu’il assume avec un mélange d’audace et de résignation.

1. En tant que Président démocratiquement élu, en 2002, Gbagbo subit l’assaut d’une rébellion armée, et demande l’aide militaire de la France, comme le prévoit les accords qui lient la Côte d’Ivoire à l’ancienne puissance coloniale. Celle-ci oppose une fin de non-recevoir, qui du reste ne fait que conforter les soupçons de sa liaison objective avec la rébellion. Dans la foulée de cette déconvenue, la France, que ne choque pas l’idée d’un coup d’état guerrier contre un pouvoir démocratiquement élu, impose à Gbagbo une table ronde avec les rebelles présentés sous l’estampille policée de “Force Nouvelle” Ce sera Marcoussis.

2. Dix ans plus tard, ayant compris le faible que la France, pays de la Révolution, a pour l’idée de rébellion, c’est Gbagbo lui même qui joue les rebelles, en refusant de reconnaître la victoire de son adversaire, Ouattara, après ce qui apparaît comme un échec aux urnes. Et le mauvais perdant, excipant de quelques arguments non tous infondés, demande à la France et à sa “Communauté Internationale” une table ronde pour en débattre. Un Marcoussis à l'envers, en somme ! Mais la France et sa “Communauté Internationale” refusent, et pour toute réponse, menacent de lui donner leurs armées, comme on donne du chien à un malfrat !

En résumé, quand Gbagbo demande à la France l’aide militaire pour défendre son régime démocratiquement élu contre les assauts antidémocratiques des rebelles armés, elle refuse et lui impose des pourparlers humiliants avec ceux-ci. Mais quand c’est Gbagbo qui devient à son tour rebelles et fait la demande de pourparlers avec les rebelles d’hier métamorphosés en Démocrates, la France et sa “Communauté Internationale” refusent et le menacent d’une intervention armée !

Pauvre Gbagbo, décidément, il n’a pas de chance avec la France et sa “Communauté Internationale !

Éloi Goutchili

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Les Conditions a Priori de la Crise Ivoirienne

basho Il y a un problème en Côte d’Ivoire ; et ce problème est de savoir si c’est que Monsieur Ouattara doit être Président ou si c’est  autre chose de plus général ; et si – le cas échéant – cette autre chose de plus général, depuis une dizaine d’années que dure la crise, a trouvé quelque solution ou pas ; et le cas échéant si sa résolution peut se poursuivre dans le sens d’une plus forte cohésion nationale et du raffermissement de la rationalité légale. ( Exemple : n’est-on pas passé en dix ans de l’idéologie abjecte de l’ivoirité à l’éligibilité d’un Ouattara, pour ne pas parler des milliers de ceux qui hier, au nom de leur nationalité suspecte, n’étaient ni éligibles ni électeurs ?)  Car réelle est la crainte d’une subtilisation implicite au travers de laquelle on serait parvenu à faire passer  au premier plan, la question électorale, l’exigence  démocratique dans un pays et un continent africains où ils restent somme toute sujets à caution, le fait qu’un homme, Ouattara, accomplisse son destin présidentiel. Tels sont les termes en lesquels se pose le problème ivoirien. Et ne pas les distinguer clairement, voire les hiérarchiser, c’est ignorer les conditions a priori de leur résolution durable.

Éloi Goutchili

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Surprise visit by Obasanjo to Ivory Coast

obasanjo

ABIDJAN, Ivory Coast (AP) – Former Nigerian President Olusegun Obasanjo made an unannounced visit to Ivory Coast, arriving late Saturday for a private meeting with the country's defiant president in a final effort to get him to cede power after losing the recent election.

An Associated Press reporter was present when the Nigerian leader arrived at the luxury Pullman Hotel surrounded by bodyguards. He declined to comment and was whisked away to his suite on the hotel's 9th floor, where he spent around an hour before re-emerging to head to the presidential palace.

Incumbent president Laurent Gbagbo has remained in office, insisting that he won – a victory handed to him by the head of the constitutional council, a member of his inner circle, who canceled votes from his opponent's strongholds.

The spokesman for Alassanne Ouattara, who is considered to be the legitimate president-elect after results issued by the electoral commission, said that Obasanjo came to meet with Ouattara immediately after leaving the palace.

Ali Coulibaly, the spokesman, said that Obasanjo will see both leaders a second time on Sunday.

The international community has been unanimous in recognizing Ouattara as the winner of the election because the results issued by the electoral body were certified by the United Nations in accordance with a 2005 peace deal. The U.N. sent over 900 observers who fanned out across the country to watch as the votes were cast and who later reviewed results poll station-by-poll station.

continued

 

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« Ghana president says ‘no’ to troops in Ivory Coast », PARAIT-IL, ET POUR CAUSE !

United Nations soldiers from Jordan stand guard outside the Golf Hotel in Abidjan, Ivory Coast, Thursday, Jan. 6, 2011. Alassane Ouattara, the man recognized as the winner of Ivory Coast's recent presidential election, called Thursday for special forces from West African nations to remove Ivory Coast's incumbent president Laurent Gbagbo in a commando operation. United Nations soldiers from Jordan stand guard outside the Golf Hotel in Abidjan, Ivory Coast, Thursday, Jan. 6, 2011.  (AP Photo/Rebecca Blackwell)

ACCRA, Ghana—The president of Ghana on Friday said his country is not able to send troops to Ivory Coast .

Ghanaian President John Atta Mills said his troops are already committed to other peace missions around the world — including in Ivory Coast

"Ghana's position is that  Ghana finds itself unable to contribute troops," because they are overstretched, he told reporters at a press conference in Accra, the capital of Ghana. "Currently, Ghana has 500 soldiers on United Nations missions in Ivory Coast .

quoted from Boston.com

Au-delà de ces excuses diplomatiques, la position du Ghana traduit le fait d’une réserve de principe, à laquelle n’est pas étranger le parti-pris paternaliste de ce qu’on appelle la “Communauté internationale”, qui est incapable d’intervenir sur d’autres théâtres où le besoin de démocratie et son déni sont autrement plus criants, mais qui trouve avec un pays africain colonisé par la France – Grand braconnier néocolonial  reconnu mondialement pour ses crapuleries et son imposture – l’occasion inespérée de compenser ses manquements coupables. Pas plus que n’y est étranger le paradoxe qui voudrait qu’un ramassis d’autocrates arrivés au pouvoir par des parodies d’élection et le conservant pour la plupart depuis des décennies par la violence meurtrière et la même parodie homologuée par la dite “Communauté internationale” se permette de donner des leçons de démocratie et même pire et pince sans rire de vouloir attaquer, comme des chiens sur ordre de leurs maitres occidentaux, un des leurs au demeurant moyennement moins parodique qu’eux, même si se pose en effet à son sujet un problème politique de respect des règles électorales. Enfin n’est pas moins significatif le fait que de tous ces pays de l’Afrique de l’Ouest, le seul dont le fonctionnement démocratique est le moins sujet à caution soit celui-là même qui émet des réserves vis à vis d’une intervention militaire illégitime pour régler un problème qui, au-delà de sa forme électorale actuelle, est un problème politique et éthique  plus profond qui ne peut se résoudre par la force extérieure, mais par la force intérieure, c’est-à-dire une prise de conscience collective interne des Ivoiriens.

En tout cas la réserve du Ghana vis à vis de ce projet  débile, illégitime et exogène est tout à son honneur. Le Ghana, ce berceau de notre race, nous étonnera toujours : on n'est pas le pays de Nkrumah pour rien…

Aminou Balogoun

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CI : Comment Ouattara Fut Roulé dans la Farine

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Arithmétique Boulangère

ideog Pour départager les deux Présidents qui se disputent le direction de la Côte d’Ivoire, l’ONU, désireuse de sauver la face après ses erreurs pendables, a convaincu les deux rivaux de se soumettre à un Référendum. La question d’icelui étant : «Voulez-vous d’un Président National  ; ou voulez-vous d’un Président International ? » Bien entendu Laurent Gbagbo avait l’étiquette “Président National”, et  Alassane Ouattara, l’étiquette “Président International.” Le peuple ivoirien pacifique dans l’âme et désireux de renouer avec la paix et la prospérité du temps de Houphouët, fit sien le référendum et y participa massivement. A l’issue du scrutin, la CEI, qui était en charge de son organisation, proclama les résultats suivants : Pour l’étiquette “Président National” (Laurent Gbagbo) : 25,05% des voix ; Pour l’étiquette “ Président International” (Alassane Ouattara) : 74,99% des voix !

Mais le Conseil Constitutionnel ivoirien qui devait donner le verdict final à l’issue de l'examen des scores jugea que :

« Étant donné que dans le mot International, il y a le mot National, le score de Alassane Ouattara devrait être amputé de l’équivalent National, à savoir 25,05%,  qui sera additionné au score de Laurent Gbagbo !

L’étiquette “Président National” est donc créditée du score de 50,1%

En conséquence Monsieur Laurent Gbagbo est confirmé Président de la République de Côte d’Ivoire !»

 Et Ouattara fut roulé dans la farine, par le Grand Boulanger national !…

Éloi Goutchili

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CI: Président National ou Président International

pimentPour départager Gbagbo et Ouattara, il faut faire un Référendum en Côte d’Ivoire, dont voici la question : «Voulez-vous d’un Président National  ; ou voulez-vous d’un Président International ? »

Alao Bissiriou

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Quelques Réflexions à Peine Paranoïaques sur la Crise Électorale et Politique Ivoirienne

Chronique d’une Victoire Mise en Scène

Les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ont aggravé la crise qu’elles étaient censées apaiser. Alors que le pays disposait d’un seul président avant les élections, il se retrouve avec deux présidents sur les bras, dont l’un est putatif et « international » et l’autre légal mais « national ». Ce qui est en jeu est le respect de la démocratie et la problématique de la fraude électorale en Afrique. Parce que la passion soulevée par les élections présidentielles est à la mesure de l’usage du pouvoir qui en découle. L’expérience a prouvé qu’en Afrique où l’élection obéit à la logique ethnique, le pouvoir en place n’a ni l’apanage ni l’efficacité exclusive de la fraude… Pour mieux convaincre de sa victoire et cacher sa nature frauduleuse, le recours à une mise en scène stratégique est de bonne guerre. La question de l'élection du président de la république devient alors passionnelle surtout dans un régime présidentiel fort, ce qui est le cas de la plupart des pays africains.

Dans les régimes présidentiels l'élection du président peut se faire à un tour ou à deux tours ; il y a des pays où souvent tout se passe en un seul tour dès lors que le candidat arrivé en tête atteint le pourcentage de voix requis pour être élu, souvent 50 %. Cette situation est fréquente dans les dictatures ou la logique d'accaparement du pouvoir utilise des parodies d'élection pour donner une apparence de démocratie à leur pouvoir.

Quand on va à la recherche des pays démocratiques à régime présidentiel fort où les élections présidentielles se déroulent en deux tours, on est surpris de ce que leur nombre ne se compte que sur les doigts d'une main. En Europe par exemple, on constate qu'il y a une nuée de royaumes, beaucoup de régimes parlementaires ou des régimes présidentiels faibles ou symboliques.

La France est l’un des rares cas non seulement d'une nation, mais d'un régime présidentiel fort où l'élection du président de la république se fait en deux tours et mobilise les énergies et les passions. En Amérique, s'il y a beaucoup de régimes présidentiels, rares sont ceux dont l'élection présidentielle se fait en deux tours. Et lorsqu'il y en a comme dans les nations latines, la tendance est souvent à l'élection au premier tour. Le second tour étant rare.

Le cas des États-Unis est assez illustratif de cette particularité américaine. En effet si le pouvoir est présidentiel et fort, l'élection au suffrage universel se fait en un seul tour et n'est pas directe.

Le Brésil fait pendant à la situation américaine et ressemble au cas français. Le régime présidentiel y est fort et, comme en France, l'élection se fait formellement et régulièrement en deux tours.

En Afrique nous avons affaire à des pouvoirs de régime présidentiel fort dans la mesure où, la démocratie y étant généralement ineffective, on n'imagine pas un régime qui ne soit pas présidentiel et fort. Pour ce qui est des pays francophones, le régime présidentiel fort est calqué sur le modèle de la puissance coloniale, la France.

Tout cela amène à quelques constats et des réflexions sur la manière dont se déroulent les deux tours d'une élection présidentielle dans un régime présidentiel fort. Et à en tirer des enseignements et des questionnements sur la crise ivoirienne qui secoue actuellement l'opinion africaine et internationale.

Dans les pays d'élection présidentielle à deux tours, on constate que le vainqueur du second tour est généralement celui qui est arrivé en tête au premier tour, ce constat est historique et statistique. Il peut être fait pour un pays comme la France dans un examen diachronique ; mais d'une façon synchronique on le fait au niveau de la plupart des pays à régime présidentiel fort où l'élection présidentielle se déroule en deux tours.

Ainsi en France de 1965 à 2007, on peut constater que toutes les élections présidentielles obéissent à cette règle. Sauf, petite exception, l'élection présidentielle de 1995 où le candidat arrivé en tête au premier tour, Lionel Jospin, perdit les élections au profit de celui qui était arrivé deuxième, Jacques Chirac. Mais dans ce cas spécial, force est de constater que le candidat arrivé second au premier tour était talonné par un candidat issu du même parti, Édouard Balladur, dans un contexte de scission dramatique ; si bien que si l'on réunissait ces deux frères ennemis leur score est supérieur à celui de Lionel Jospin qui, bien qu’étant en tête au premier tour, était virtuellement second. Ce qui sera confirmé au second tour.

Le Brésil confirme cette loi empirique politico-statistique. En 2010, Mme Roussef est arrivée en tête du premier tour des élections avec 46,9 % des voix contre son adversaire crédité de 32,6 %. Et au second tour c'est encore elle qui gagne les élections.

D'une manière générale cette loi empirique devient absolue si l'un des deux premiers candidats du premier tour est le président en exercice, ce qui n'était pas le cas en France en 1995.

Au Bénin, en 2006, la loi empirique se vérifie. Yayi Boni qui finira par gagner le second tour était déjà arrivé en tête au premier tour avec une confortable avance.

Ainsi dans maint cas on n’assiste pas à un renversement de tendance entre les deux tours d'une élection présidentielle. Or donc que se passe-t-il en Afrique de l'Ouest francophone ces derniers temps ? On a d'abord vu en Guinée ce phénomène rare de renversement de tendance entre les deux tours. Il est vrai que les deux premiers candidats étaient nouveaux. Au premier tour  Cellou Diallo était arrivé en tête avec 43,69 % des voix laissant loin derrière lui A. Condé avec 18, 25 % des voix. Mais au second tour, contre toute attente,  A. Condé, fut élu. C'est le miracle du 21 12 ! : le 2ème du 1er tour devient 1er au 2ème tour !

Changement de décor mais à quelques encablures de ce théâtre guinéen miraculeux, nous voilà en Côte d'Ivoire un mois plus tard. Au premier tour des élections les scores entre les trois grands candidats se distribuaient comme suit : 38,,05 % ; 32,08 % ; et 25,24 % respectivement pour Gbagbo, Ouattara, Bédié. En dehors d’Albert Mabri crédité de 2, 7 % tous les 10 autres candidats ont fait moins de 0,25 % portant le total de leurs voix à moins de 3 %. Il faut observer l'articulation sémantique des résultats. Elle concède généreusement à Gbagbo la première place d'honneur (?), mais ses deux concurrents qui le suivent, appelés d'ailleurs à s'unir comme chacun le savait, réalisent un score total de 57,32 %…

Que le président en exercice candidat à sa propre succession arrivé en tête du premier tour d'une élection présidentielle la perde au second tour est rare et quasi inconnu dans les grands cas examinés plus haut. Or c'est cette exception miraculeuse qui a lieu en Côte d'ivoire dans une articulation sémantique qui semble préparée afin de désamorcer toute contestation.

Cela suggère in fine que le parti de Ouattara qui, on le sait, avait la haute main sur un la CEI, a procédé à une mise en scène maîtrisée de sa victoire. Sans préjuger de sa majorité réelle, force est de se demander si Monsieur Ouattara n'avait pas perdu au premier tour pour mieux gagner au second. En clair, si l'articulation sémantique des résultats du premier tour n'était pas délibérée et ne visait pas à endormir le camp d'en face. Calquée sur le modèle de Guinée qui a fait ses preuves logique, psychologique et politique, la mise en scène de la victoire proclamée de Ouattara par la CEI avec la haute main de l'ONU semblerait  maîtrisée : une succession savamment orchestrée de concession délibérée et d'attaque surprise, destinée à désarçonner politiquement l'ennemi.

Si l'hypothèse est vraie, si la maîtrise et le noyautage de la CEI par le camp Ouattara avec la bénédiction de l'ONU peuvent aboutir à une victoire-concession de Gbagbo au premier tour alors qu'il aurait pu « perdre » d'entrée ; si tout cela avait été stratégiquement conçu pour produire un effet de surprise, – une sorte de montée de la houle déferlante du peuple électeur qui choisirait son président de façon plausible –  alors force est de constater que les élections ivoiriennes ont été au moins de ce point de vue irrégulières, en raison justement de cette capacité de manipulation dont a pu jouer une des parties.

D'une manière générale, il en va du vote en Afrique – notamment en Afrique francophone – comme des deniers publics. Celui qui en a la puissance, les moyens et l'occasion, se sert ; et, armé d'une louche fantaisiste, distribue les ressources ou les voix du peuple comme bon lui emble. En ce qui concerne les élections, on essaie de présenter un arrière-plan de vraisemblance politique susceptible de justifier en apparence la répartition téléologique arrêtée. En Côte d'Ivoire, cela paraît fort crédible de donner 32 % à Ouattara et 25 % à Bédié dès lors que l'on vise au second tour un résultat de près de 55 % des voix. Et tout porte à croire qu'il s'agit d'une répartition figurative délibérée voire truquée. Dans le cas d'espèce, Bédié étant l'homme qui a contribué à hauteur de 25 % au moins à la victoire de Ouattara, comment se fait-il qu’il ne soit pas nommé premier ministre du gouvernement retranché de Ouattara ? A moins que – ce qui est vraisemblable –M. Ouattara et les siens qui ont noyauté la CEI ne sachent mieux que quiconque le poids réel de M. Bédié !

Au total si l'on admet la pertinence de la loi empirique 11 12, c'est-à-dire du fait que dans les élections présidentielles à deux tours, le candidat élu au second tour est presque sûrement celui qui est arrivé en tête au premier tour ; si l'on admet que cette loi ne souffre d'aucune exception dans le cas où le candidat arrivé en tête au premier tour est le président en exercice, force est d'accepter que la survenue de ce cas de figure rare coup sur coup dans deux élections présidentielles en Afrique de l'Ouest francophone est un événement miraculeux, passablement françafricain. Ce miracle semble le fait d’une mise en scène savamment orchestrée. Ce qui jette un peu plus d’ombre sur la superbe  avec laquelle, le camp Ouattara, se drapant dans la virginité de l'innocence frustrée, revendique une victoire, qui est plus sujette à caution qu’il n’y paraît

Bouabré Agban

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Les Justiciers Démocrates de la CEDEAO (1)

I. Faure Eyadéma

Élection présidentielle de 2005

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L’élection a lieu le 24 avril 2005. Le scrutin est marqué par l'irruption de forces armées dans les bureaux de vote et le vol des urnes[6]. Faure Gnassingbé est nommé avec 60,6 % des voix.

L'opposition accuse d’irrégularité, et des affrontements entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre et des milices du Rassemblement du Peuple Togolais (parti au pouvoir) armées de coupe-coupe (machettes archaïques utilisées principalement dans l'agriculture en Afrique de l'Ouest) et aidés avec 2 500 militaires ont lieu dans les grandes villes du pays[7]. Ils auraient entraîné 790 morts parmi les opposants selon la ligue togolaise des droits de l'homme[8] et 154 selon la commission d'enquête officielle togolaise[9]. Le rapport d'enquête de l'ONU annonce entre 400 et 500 morts[10]. Le pouvoir organisateur de l'élection dénonça les chiffres publiés par l'ONU sous prétexte que ce dernier n'aurait repris que les chiffres donnés par le chef de l'ONU au Togo, Fidele Sarassoro, ami personnel de l'ancien ministre de l'intérieur Akila Esso François Boko qui avait démissionné de son poste quelques jours avant les élections avertissant que des massacres étaient en préparation par des proches du pouvoir et qu'il ne maîtrisait pas la situation.

Le 3 mai, la Cour constitutionnelle confirme les résultats de l'élection et Faure Gnassingbé prêta serment le 4 mai. La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, s'est déclarée satisfaite de l'élection présidentielle[11]. L'ancien premier ministre Agbeyomé Kodjo, pilier du régime Eyadéma, opposant à partir de 2002, a affirmé que Faure Gnassingbé avait en fait obtenu 7 %[12] des votes en 2005, au lieu des 60 % publiés par la CENI de l'époque.

Au cours de ce mandat, il n’est reçu officiellement que dans très peu de pays occidentaux[13]. Les élections législatives de 2007 lui sont favorables, bien que leur représentativité ait été mise en cause, en raison d'un découpage électoral favorable au parti au pouvoir[14] où il fallait dix mille électeurs pour élire un député dans certaines régions du nord acquis au pouvoir mais cent mille au sud (plus peuplé) acquis aux opposants.

Élection présidentielle de 2010
Le 7 mars 2010, le président de la Commission électorale nationale indépendante, Issifou Taffa Tabiou, le déclare vainqueur de l'élection présidentielle du 5 mars, le créditant de 60,9 % des suffrages[15] face à Jean-Pierre Fabre (Union des forces de changement), qui obtient 33,9 % des voix, et à l'ancien Premier ministre Yawovi Agboyibo (Comité d'action pour le renouveau), crédité de 2,9 %.

La totalité des candidats, sauf Faure et Nicolas Lawson (0,29 % des voix)[16], refusent de reconnaître la supposée victoire de Faure Gnassingbé. Ces derniers estiment les chiffres publiés par la Commission électorale nationale indépendante de pures fabrications. La commission électorale avait changé le mode de transmission des résultats des bureaux de vote au bureau central de la CENI aux derniers moments sous prétexte de pannes du système VSAT implanté par le PNUD[17]. L'expert du PNUD en charge, Yoro Thiam, déniera la version raconté par la CENI quelques jours plus tard en affirmant qu'il y avait eu des attaques virales, mais qui n'ont fait que ralentir le système pour un bout de temps sans toutefois indiquer la source des attaques. L'ancien ministre de l'intérieur Akila Esso François Boko ajouta quelques jours plus tard que le clan au pouvoir aurait fait implanter une antenne pirate pour manipuler les chiffres transmis par le système VSAT. Ceci ayant échoué et Faure Gnassingbé perdant selon les résultats recueillis, la commission électorale aurait tout simplement changé de méthode de compilation des résultats. Selon François Akila Esso Boko, ancien ministre de l’intérieur de Gnassingbé Eyadéma, Faure ne peut mathématiquement pas gagner une élection au Togo malgré la division de l'opposition parce que la vraie base électorale de son parti n'est a peu près que de 10 % de l’électorat[18].

Faure Gnassingbé n'a pas fait d’apparition publique ou télévisuelle entre la date de sa réélection, et le 4 avril, date à laquelle il s’est rendu au port de Lomé, le point central du business familial. Il prêta serment le 3 mai après avoir fait boucler les artères de Lomé par des centaines de militaires

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Côte d’Ivoire : L’ONU Recolonise l’Afrique

Tierno Monénembo
Pauvre Afrique, hier, on lui imposait ses dictateurs, aujourd'hui, on lui choisit ses "démocrates". Les rappeurs, ces Prévert des nouveaux temps, viennent d'inventer un néologisme qui fait fureur d'un bout à l'autre du continent : la démocrature. Entendez, ce système hybride (le visage de la démocratie, le corps diabolique de la dictature) qui a le don de déchaîner les passions et d'ajouter à la confusion.
Qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire, qui les a perdues en Guinée ?

Cette question qui a l'air d'embraser l'univers n'a aucun sens dans les faubourgs de Conakry et d'Abidjan où, bon an, mal an, la vie politique n'aura jamais qu'un seul régime, la disette, et une seule loi : "tout ce qui n'est pas obligatoire est interdit", pour reprendre le fameux mot de Léon Campo. Là-bas, on préfère d'expérience les mauvaises élections aux guerres civiles bien réussies. Mieux vaut encore Bokassa et Mobutu que les drames du Liberia ou de la Sierra Leone ! La bête humaine s'habitue à l'enfer du despotisme, certainement pas aux massacres à la rwandaise !
Or, les démons de la violence et de la haine hantent à nouveau la Côte d'Ivoire. Comme en 2000, le pays va se couper en deux, il va brûler comme une paille, plus rien ne peut l'empêcher. La faute à qui ? Au monde entier et d'abord et avant tout à cette fameuse communauté internationale qui n'est jamais mieux dans son rôle que quand elle rallume les incendies qu'elle est censée éteindre.
Formellement, ce "machin" derrière lequel se cachent les grosses griffes des Etats-Unis et de l'Union européenne ne pèse pas plus que le poids d'un arbitre. Son rôle se limite à prévenir les conflits et à proposer une solution négociée lorsque ceux-ci s'avèrent inévitables. Aucune circonstance exceptionnelle ne lui permet de déborder de ce cadre-là. C'est du moins ce que croyaient les néophytes, les sorciers de la diplomatie, eux ne manquant jamais d'arguments pour justifier l'injustifiable.
Disons-le clairement : l'ONU n'a pas à décider qui est élu et qui ne l'est pas à la tête d'un pays (le cas ivoirien compte peu en l'occurrence). Le faisant, elle outrepasse ses droits, ce qui lui arrive de plus en plus. Au point que derrière le langage feutré de ses diplomates, on distingue des bruits de bottes coloniales. A la manière dont Barack Obama, Nicolas Sarkozy ou Ban Ki-moon, traite ce pauvre Laurent Gbagbo, on croit revoir Gosier-d'Oiseau (célèbre personnage du Vieux nègre et la médaille, roman du Camerounais Ferdinand Oyono) transpirer sous son casque en engueulant ses nègres dans une plantation d'Oubangui-Chari.

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La Bonne Volonté Internationale : Mythes et Réalités

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Organisations Nocives et Usurpatoires

ideog La plupart des gens ont des organisations internationales et notamment de la plus importante d’entre elles – l’ONU – une haute opinion ; et opposent la noblesse et l’humanité supposée de leurs fonctionnaires à la mesquinerie et à la bassesse des hommes politiques et fonctionnaires nationaux.

Mais en y réfléchissant un peu. D’où proviennent les agents des organisations internationales comme l’ONU, l’UNICEF,  l’OMS, etc sinon des réservoirs nationaux de fonctionnaires, qui loin d’en être la crème comme on peut le penser ne sont qu’une engeance habile, animée de bonne volonté sociologique,  avide de gains faciles, de facilités matérielles, d’honneur, de moyens et de mobilité ? Ce sont les mêmes personnes qui, délaissant les bauges nationales dont les potentialités de butins sont en deçà de leur rêves de pillage et de profits, se hissent au niveau éthéré et financièrement prometteur des organisations internationales où ils prennent ensuite de fausses postures d’humanitaires, d’hommes et de femmes dévoués à la cause de l’humanité souffrante, de la Loi, de la Justice, de la Démocratie, et d’autres divinités de bonne conscience du même acabit, alors qu’ils ont été de piètres serviteurs de l’humanité nationale.

Est-ce alors étonnant qu’il ne soit pas rare d’apprendre que tels ou tels agents ou fonctionnaires de l’ONU ou de telle autre organisation humanitaire internationale soient impliqués dans des affaires de crime de vol, ou de viol souvent sur les pauvres victimes qu’ils étaient censés protéger ? Sans aller même jusqu’à l’abjection de tels crimes et actes crapuleux, la malhonnêteté, l’affairisme politique, les partis-pris idéologiques, le cynisme, les trafics d’influence en tous genres sont au nombre des pratiques et des mœurs de ces imposteurs madrés, crapauds de la diplomatie internationale, qui s’élèvent dans le ciel éthéré de l’humanité, hissés par le souffle conjugué des nations, en prenant des airs de blanche colombe.

Sans parler des d’Afghanistan, Congo et autres théâtres où ils sévissent en toute impunité, ce qui se passe en Côte d’Ivoire actuellement est une triste illustration de leur imposture

Éloi Goutchili

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Côte d’Ivoire, l’ONU, la CEDEAO et le Serpent

piment Dans cette vicieuse affaire de la crise ivoirienne, l'ONU prétend tirer le fondement de ses décisions de la CEDEAO et la CEDEAO prétend tirer la légitimité de son action de la position onusienne. Je te passe la rhubarbe, tu me passes la moutarde, et le serpent se mord la queue !

Alao Bissiriou

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La CEDEAO Face à la Question du Droit

Mon Idéo Va, Court, Vole et Tombe sur…:

Les Singes et la Démocratie

ideog De quel droit la CEDEAO, une organisation sous-régionale à vocation économique, envisage-t-elle de faire une intervention militaire dans un de ses pays membres, la Côte d’Ivoire ? Le maintien de Gbagbo au pouvoir aurait-il des incidences économiques vitales pour cette Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest ? Ou bien est-ce un mode de fonctionnement  à l’Africaine ? Et puisqu’il s’agit d’une intervention placée sous le signe de la Démocratie, chaque État en a-t-il au moins débattu au niveau national de façon démocratique ? Chaque parlement national en a-t-il débattu ? Est-ce que ce genre d’intervention qui se fait sous l’égide implicite des Blancs d’Occident ( qui nous ont toujours fait du mal et qui continuent de nous harceler de leur  domination ) rencontre l’assentiment libre des peuples Noirs opprimés ?Quel intérêt avons-nous à danser sur la musique des Blancs, nous autres Noirs anciennement violentés par eux comme esclaves, puis comme colonisés et actuellement sous la hantise de leur domination politique qui leur assure le pillage de nos ressources naturelles et humaines ?

Et même si la situation créée en Côte d’Ivoire par le maintien de Gbagbo avait une incidence économique sur les pays de la CEDEAO est-ce qu’à une situation  à incidence économique, il faut répondre par une action militaire alors que cette incidence, si elle était avérée, est involontaire ? Sur quelle base légale une organisation à vocation économique s’autorise-t-elle à user de la force contre un de ses membres qui n’en a pas agressé un autre ? L’Union Africaine n’est-elle pas mieux à même de gérer ce genre de crise ? De qui ont peur ces étranges juges de la Démocratie qui, comme ces singes du livre de la Jungle  ne connaissent goutte ni au droit ni à la Démocratie ? Pensent-ils que l’Afrique est toujours aux temps des Houphouët Boigny où lorsque l’on veut éliminer un Sankara, il suffit d’un coup de téléphone de Paris à  Abidjan et le tour est joué ?

Il faudrait que ces justiciers simiesques redescendent de leurs arbres ; cesser de danser au son de la musique des autres, et prendre la mesure de la gravité de leur entreprise sans rime ni raison. A propos de l’esclavage, les Blancs aiment à dire que si les Noirs ne se vendaient pas ils ne les auraient pas achetés ; cet argument perfide qui a l’apparence de la logique est évidement  faux car l’esclavage se déroulait dans un monde fermé où la force seule faisait loi. Maintenant le monde est ouvert, et la force n’est pas toujours d’un seul côté. On peut forcer un cheval à aller à la rivière, mais on ne peut le forcer à boire. Demain, si l’expédition en Côte d’Ivoire dégénère, les Blancs diront qu’ils n’y sont pour rien. Et ils auront raison

Éloi Goutchili

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L’Ivoirité en question: une bombe à retardement

In le quotidien Le Jour n° 848 du 26/11/1997, Par Prof. Mamadou KOULIBALY  Université de Cocody
Avec l’arrivée d'Henri Konan Bédié au pouvoir, il s’est développé en Côte d’Ivoire, une philosophie, celle de l’ivoirité pour mettre à la disposition du Président de la République, une justification théorique de sa propre pratique de chef d’Etat. La notion, avouons-le, ressemble à celle de la négritude de Senghor, de l’authenticité de Mobutu.
Selon les initiateurs de l’ivoirité, il s’agit pour eux de participer « au débat général sur toutes les questions qui constituent l’existence et le progrès de notre nation en devenir (…) Il s’agit d’une question de fond qui touche à ce qui fait un peuple, son identité, son âme collective. Il s’agit là d’une question universelle (…) Qu’il ait été lancé à l’occasion des élections générales ne devrait nullement le réduire à une querelle de circonstance dictée par des considérations politiciennes et électorales ». Ces propos sont ceux du professeur d’université, historien et directeur de cabinet du chef de l’Etat.
On trouve plusieurs idées intéressantes dans ce projet de construction de l’âme collective des Ivoiriens. Nous avons vu Houphouët-Boigny construire sa fortune sur le travail des Ivoiriens, sommes nous maintenant en train d’être invités à laisser faire son successeur ? Construire l’âme collective, l’identité qui fera naître la nation. C’est une question de fond. Il s’agit d’une question qui porte sur ce qui fait un peuple. Ce qui fait notre peuple d’Ivoiriens. Le projet est ambitieux et semble respectable. Et comme il ne s’agit que d’une participation au « débat général », il faut que dans le public, des questions soient posées à cette notion d’ivoirité, fondement théorique de « l’esprit du nouveau contrat social du président Henri Konan Bédié ».
Pour avoir une si ambitieuse destinée, l’ivoirité doit dire d’abord ce qu’elle est. Que contient ce logiciel qui doit construire l’âme de « l’Eléphant d’Afrique » ? Ensuite, on peut se demander aussi comment l’ivoirité joue sur le projet à nous promis.

QU’EST CE QUE L’IVOIRITE ….

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