Publié dans Essai, Haro

L’Irrationalité Mystificatrice de l’Antinégrisme

haroIl y a un présupposé et un soubassement irrationnels qui me révulsent dans les actes qu’on qualifie de racistes–sous-entendu lorsqu’un Blanc s’en prend à un Noir.
En fait souvent, ce qui est en jeu est à mille lieues de la race qui s’en veut pourtant la justification proclamée.
Par exemple, supposons que dans un bus, un Blanc s’en prenne à un Noir pour une raison ou une autre. Le Blanc va utiliser des propos « racistes » faisant référence à l’origine étrangère du Noir, au fait que celui-ci ne serait pas « chez lui », etc.–sans préjudice du fait que ce Noir pourrait être en France avant la naissance de son agresseur Blanc, ou même être un Antillais, ou un citoyen français.
Or, par sa manière de poser le problème, le Blanc feint d’ignorer–je dis bien feint, car on a beau être raciste, on n’est pas complètement débile– que ce qui est pertinent en l’occurrence, ce n’est pas la nationalité mais le fait d’avoir acheté son ticket à une société de services de transport en commun ; et que le seul droit qui vaille en l’occurrence et qui a du sens est celui des détenteurs de ticket d’entrée dans le bus, qui à ce titre sont sur le même pied d’égalité. Et que s’il y a une discrimination ou une distinction à faire c’est la distinction entre ceux qui ont leur ticket, et ceux qui ne l’ont pas, dont l’agresseur lui-même peut faire partie ; que ce qui fait marcher la RATP, ce n’est pas l’apparence physique, ni la couleur de la peau ni la nationalité mais la régularité de ses passagers au regard de leur titre de transport.

Le raciste soi-disant sait tout cela mais brouille délibérément cette évidence simple, invente une problématique non pertinente par laquelle il consume sa haine, et voudrait que le bon sens le suive sur ce terrain irrationnel et vicieux.
De toutes les façons, il y a une division du travail du racisme, et toutes les formes à travers lesquelles sa brimade irrationnelle et vicieuse s’exerce à l’égard du Noir se tiennent entre elles. Ces formes constituent une chaîne continue depuis l’esbroufe pathétique et insensée de ce voyageur hypothétique, jusqu’aux actes géopolitiques internationaux comme une intervention militaire de la France mettons en Côte d’Ivoire ou en Libye, en passant par les mille et une fleurs vénéneuses de ce mal que je nomme antinégrisme

Binason Avèkes

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Publié dans Critique, Pamphlet

L’Affaire Kadhafi/Sarkozy ou L’amoralité Cynique de la Mentalité actuelle des Français.

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Avec la campagne électorale, on a d'abord un état des rapports d'intérêt de l'opinion qui avantageait l'opposition incarnée par François Hollande. Durant des semaines et des mois, les études opinion donnaient François Hollande vainqueur, loin devant Nicolas Sarkozy, le président sortant.
Les raisons du désaveu des Français pour Nicolas Sarkozy sont certes multiples.
Son bilan est décevant, notamment sur le plan de l'emploi où, en 2007, il promettait monts et merveilles et demandait à être jugé sur ses résultats.
Il y a aussi l'image de président des riches que résument  ses gestes symboliques d’après victoire où il prit ses quartiers de fête au Fouquet's ; ou même lorsqu'il fait une virée balnéaire dans le yacht d'un milliardaire de ses amis ; sans oublier l'exhibition d'une montre Rolex et d'autres effets de luxe insolent qui finissent de le cataloguer comme président bling-bling. Et puis, sur le plan des décisions politiques, il y a le cadeau fiscal aux plus fortunés qui est venu clore toute une série de gestes forts qui trahissent bien sa prédilection de classe pour les plus nantis, quand bien même il s'efforce d'y opposer un pragmatisme populiste plus médiatique que réellement fructueux.
Mais l'une des raisons fortes du désaveu de Sarkozy par les Français résulte dans la désacralisation poussée à l'extrême de la fonction présidentielle. À travers le refus de se conformer à la réserve liée à la fonction, et à la séparation des instances sinon des pouvoirs. Ainsi sous son règne, le premier ministre est réduit au rôle de collaborateur et ce en contradiction flagrante avec l'esprit de la constitution, et aggravé par l'alignement du quinquennat présidentiel sur la législature qui met hors jeu toute possibilité de cohabitation, l'une des rares occasions de rééquilibrage effectif du pouvoir.
Pire encore, dans sa manière de se comporter, de s'agiter, d'être médiatiquement excité, de se donner à voir comme le président omniprésent qui ne craint pas de se confronter à tous les problèmes du pays, comme s'il en avait à chaque fois la solution ; sa propension à faire fi du protocole, à tomber dans des scènes de vulgarité verbale et comportementale dans l'espace social, tout cela a contribué à donner à la présidence sous le règne de Sarkozy une image désacralisée sinon dégradante qui fait contraste avec ce qu'elle a été sous la Vème République de De Gaulle à Chirac en passant par Pompidou, Giscard et Mitterrand.
Face à cet ensemble de faits déterminants, on comprend naturellement le rejet des Français, leur aspiration à rendre comptable de son bilan un homme qui avait su les séduire par l'affichage d'une image d’homme concret, une surenchère pragmatiste qui s'avère finalement sans résultat concret ; un homme qui avait, par son comportement et l'image dégradante de la présidence attachée à sa personne, contribué à abaisser la France non seulement aux yeux des Français mais aux yeux du monde. Mais si les Français dans leur réaction contre le bilan et le comportement de M. Sarkozy sont prêts à le sanctionner, on note toutefois une indifférence étonnante par rapport à la dimension purement morale des actes posés par Sarkozy. En effet, alors que la campagne battait son plein, un journal en ligne, Médiapart, sort une information, plus ou moins murmurée jusque-là, selon laquelle la campagne de Sarkozy de 2007 aurait été financée par les soins de Kadhafi. Le journal développe ses accusations en s'appuyant sur des faits, des hypothèses ainsi que des interprétations non dénués de fondement. L'information a été mollement répercutée par quelques médias comme par acquis de conscience professionnelle. Mais malgré le peu d'insistance dont elle a fait l'objet, on ne pouvait pas dire qu'elle ne fût pas parvenue à l'oreille des Français.

 

 

Mais apparemment, elle n'eut aucune conséquence juridique ni politique. Contrairement à ce qui se serait passé dans les pays anglophones dont Sarkozy aime vanter le pragmatisme, l'affaire n'a donné lieu à aucune dramatisation politique ; l'opposition elle-même la traitée en quasi non-événement. Le fait que la campagne présidentielle d'un représentant du parti au pouvoir, ou même de l'opposition ait partie liée avec les tractations obscures de la nébuleuse Françafrique a laissé indifférents les uns et les autres. Peut-être parce que tout déballage sur ces questions de financement occulte des campagnes électorales françaises de provenance d'Afrique risquait d'éclabousser tout le landerneau politique français toutes origines et couleurs politiques confondues. Mais le peuple ou la société civile aussi a respecté l'omerta, en refoulant du même coup son impact moral. En effet, au-delà du financement occulte de la campagne de Sarkozy en 2007 par Kadhafi, il y avait l'idée que Sarkozy, de tous les dirigeants occidentaux, était celui-là même qui s’honorait le plus d'avoir joué un rôle personnel dans la chute de Kadhafi ; chute qui a ouvert la voie à son assassinat.
Ainsi, le fait qu'un homme puisse se retourner contre son bienfaiteur et contribué à sa chute puis à sa mort, ce fait d'une immoralité choquante, même s'il concerne la politique où depuis Machiavel, tout est, paraît-il, possible, a laissé les Français complètement de marbre quant au jugement moral qu'ils pouvaient faire sur la personne de M. Sarkozy.
Mais au fond, dire que ce fait a laissé les Français de marbre c’est peut-être rester en deçà de la réalité. Car un tel jugement ne traduit pas ou ne rend pas compte de l’amoralisme bien-pensant qui, en France, est érigé en réaction cynique à la culpabilité ou à l'indignité nationale. En effet, la révélation de l'affaire du financement occulte de sa campagne de 2007 a coïncidé avec la montée en faveur de Sarkozy dans les sondages d'opinion qui jusque-là le clouait au pilori de son bilan et du caractère dégradant de son style présidentiel.
Alors qu'aux États-Unis une telle révélation aurait signé l'hallali de tout homme politique, quel que soit son rang et son niveau, bénéficiant de ce qu'il faut bien appeler l'exception éthique française, Sarkozy émerge et prend même la tête dans les sondages d'opinion. Tout l’amoralisme qui domine la mentalité française de ce temps est résumé là aussi bien dans son cynisme que dans son outrecuidance.

Aminou Balogun

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Publié dans hommage, Memory

Gloire au Colonel Kadhafi, Grand Héro Immortel de l’Afrique Combattante

DECLARATION ET ANALYSE D’ALAC¹ SUR L’ASSASSINAT DU COLONEL KADHAFI PAR LES IMPERIALISTES DE L’OTAN ET LEURS SUPPLETIFS DU CNT DE BENGHAZI

 

Hommages au Colonel Kadhafi, Martyr et Héros de l’Afrique Combattante. 

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imageLe Jeudi 20 octobre2011, les dépêches de presse relayaient en boucle les déclarations du dirigeant du CNT, Mahmoud Jibril annonçant la capture puis la mise à mort du Guide Mouammar Kadhafi.

Des images sordides d’une barbarie jamais égalée, furent diffusées à profusion par les médias de la coalition otanienne, qui bombarde sans discontinuité, depuis sept (7) mois le peuple libyen dans l’espoir de tuer son Leader charismatique Mouammar Kadhafi. Ce lâche assassinat perpétré par l’OTAN et exécuté par leurs Harkis du CNT, témoigne si besoin en était, de la nature foncièrement criminogène de ces putschistes et usurpateurs du pouvoir légitime en Grande Jamahiriya Arabe Libyenne populaire et Socialiste, fondée et dirigée par le Guide Mouammar Kadhafi.

Lire la suite de « Gloire au Colonel Kadhafi, Grand Héro Immortel de l’Afrique Combattante »

Publié dans Haro

L’Afrique et le Droit à la Dictature

Questions aux Assassins de Kadhafi

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Hitler était un dictateur ; non pas pour nous Africains ou Asiatiques colonisés  mais pour les occidentaux. N'en déplaise à l'ethnocentrisme maniaque avec lequel ceux-ci universalisent tout ce qu'ils touchent ou tout ce qui les touche.
La question s'est même posée dans les milieux intellectuels postindépendance africains de savoir si Hitler ne méritait pas une statue. Dans la mesure où, d'une certaine manière, sa violence intime, sa barbarie à l'égard de ses propres frères blancs, et la menace qu'il a fait encourir à leur liberté en ont été pour beaucoup dans la prise de conscience par ceux-ci de la nécessité de libérer leurs colonies de par le monde. En clair, si l'Égypte comme on le dit est un don du Nil, nos indépendances sont peut-être un don d'Hitler. La neutralité bienveillante, sinon l'aura positive dont est auréolée l'image de Hitler en Afrique explique que, chez nous au Bénin par exemple, bien des familles n'hésitent pas à nommer leur fils d’après Hitler, parce qu'ils pensent que celui qui a fait parler de lui sous ce nom dans le monde entier et qui a fait trembler ceux qui les faisaient trembler ne devaient pas être n'importe qui ; c'est-à-dire qu'il ne pouvait qu'être un brave homme.
Mais pour les européens, il va de soi que Hitler était un diable, un dictateur sanguinaire, tout ce qu'on veut. Parce qu'il leur a fait goûter en une demi-douzaine d'années à peu près la soupe infecte de malheur, d'arbitraire, de brutalité, de torture, de privation de liberté, d'injustice et de domination que l'Europe, l'Occident chrétien servait allègrement et sans états d’âme aux peuples dominés d'Afrique et d'Asie, sous prétexte de civilisation, souvent et sous des formes variées depuis plusieurs siècles !
On comprend donc que les Européens considèrent Hitler comme dictateur sanguinaire et qu'ils en aient fait le diable absolu. Mais d’où leur vient la manie et l'outrecuidance de venir détecter dans nos contrées des hommes qu'ils nomment dictateurs, désignation magique sur la base de laquelle ils se permettent d'intervenir dans nos affaires au nom abusif de l'ONU et d'autres organisations pseudo internationales à leur solde ?
Nous, nous n'avons jamais détesté leurs dictateurs. Nous n'en avons jamais eu qui ait à lui tout seul été responsable de la mort de millions d'êtres humains innocents en l'espace d'une demi-douzaine d'années ! Pourquoi se mettent-ils en peine de venir chercher des dictateurs chez nous ? Pourquoi viennent-ils chercher des poux dans nos cheveux ? C'est leur manie ethnocentrique de l'universalisme à tout crin qui les pousse à combattre pour nous nos dictateurs lorsque les leur ne nous ont jamais fait ni chaud ni froid ? Pourquoi se montrent-ils si cyniquement sélectifs dans le choix de nos dictateurs ? Pourquoi ne nous demandent-ils pas démocratiquement de leur fournir la vraie liste des dictateurs africains ? Et, à l’échelle mondiale, pourquoi font-ils profil bas dans cette lutte, en ne choisissant d’intervenir que dans certains pays à l’exclusion d’autres ?  Pourquoi ne vont-ils pas par exemple bombarder la Chine qui ne fait pas mystère de sa Dictature ? Ou bien lorsqu'on a du pétrole et des matières premières en abondance sous son sol en Afrique on n'a plus le droit aux dictateurs ?

Aminou Balogoun

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