Racisme Anti-Noir et Néocolonialisme Français : Ce que la Jeunesse Africaine Doit Savoir

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Comme le sait maintenant la jeunesse africaine voire mondiale, depuis les années soixante où les États africains  ont accédé à l’indépendance, les Occidentaux, la France en tête, livrent une guerre sans merci à leurs dirigeants intègres, courageux et patriotes. Depuis lors, cette lutte s’est traduite par des coups d’État, des assassinats, des meurtres crapuleux, des empoisonnements,  des déstabilisations, des embastillements et l’exil. Selon ce qu’il est donné à penser à l’opinion, la raison de cet acharnement prédateur serait la volonté de faire main basse sur les matières premières dont regorge l’Afrique. Mais au-delà de ce prétexte évident et somme toute universel, dont les Occidentaux eux-mêmes ont beau jeu de ne plus faire mystère, qu’en est-il réellement de la motivation première du néocolonialisme ?

Dans le cas de la France dont il sera essentiellement question  ici, ce harcèlement satanique, destructeur et haineux – comme si on avait affaire à des animaux – a connu deux périodes. La première période se situe au temps de  la guerre froide. Alors, la prédation néocoloniale se faisait unilatéralement, dans le secret des officines du quai d’Orsay et sous l’égide du  Président français dont les Affaires étrangères, et plus particulièrement africaines relevaient du domaine exclusif.  C’était la période bénie des coups d’État et des assassinats commandités par la France et exécutés par ses hommes de main locaux, de véritables chiens aux ordres dressés pour tuer tous ceux qui s’opposent aux intérêts français, et qui pour récompense accédaient au pouvoir sous la protection et avec la bénédiction françaises. Quand ce genre de chiens couchants accédait au pouvoir, alors tous les problèmes ethniques, toutes les convulsions politiques qui déchiraient naguère son pays disparaissaient par enchantement pour aussi longtemps qu’il obéissait au doigt et à l’œil à  la France et prenait sa place dans le système de la Françafrique.  Mais si toutefois, il lui prenait des velléités de désobéissance ou de négociation des intérêts de son peuple, alors mal lui en prenait : il devenait très vite victime du système de prédation et d’élimination qui avait vu son émergence.

La deuxième période, celle qui vient après la fin de la guerre froide et l’écroulement du mur de Berlin a vu, dans le climat de mondialisation subséquent, l’internationalisation des interventions malgré leur nature et motivation néocoloniales et leur mise en œuvre sous l’égide institutionnelle des Nations-Unies.

Pour ne citer que deux exemples marquants de chacune de ces deux périodes, on mentionnera l’assassinat de Sylvanus Olympio du Togo et l’assassinat de Thomas Sankara du Burkina Faso.  Avec ces deux premiers exemples, nous avons affaire aux basses œuvres des services secrets français, en cheville avec le réseau Françafrique qui recrute, conditionne et manipule leurs hommes de main. A l’époque, l’un des pôles centralisateurs des crimes néocoloniaux de la France en Afrique, était Monsieur  Félix Houphouët Boigny, le Président à vie de la Côte d’Ivoire que la Presse française et ses satellites africains appelaient « le sage ».

Les deux exemples du cas post-guerre froide sont le renversement de Gbagbo consécutif à un long acharnement politique et militaire, et l’assassinat ignoble de Kadhafi en Libye. Ces deux crimes néocoloniaux d’une injustice immense ont été perpétrés sous l’égide des Nations-Unies. On sait que, dans le cas de Gbagbo, après 7 ans de détention à la Haye, l’accusation n’a pas pu prouver les charges  retenues contre lui, et la Cour a été obligée de convertir sa détention initiale en une liberté assortie de contraintes arbitraires d’inspiration politique qui l’apparentent à une assignation à résidence. L’ONU, qui avait pris les devants et parti dans les opérations ayant conduit à son renversement, ne dit rien quant à sa responsabilité non seulement dans l’erreur judiciaire dont Monsieur Laurent Gbagbo a été victime, mais aussi dans l’injustice que constitue le sort judiciaire arbitraire qui lui est fait. Là, comme dans le cas  du renversement et l’assassinat de Kadhafi perpétrés sous son égide et des prétextes qui se sont révélés mensongers, l’ONU fait le mort.

De tout ce bref rappel, il ressort que la France se livre à une prédation implacable en Afrique et pas seulement en Afrique historiquement francophone. Car la jeunesse Africaine doit savoir le rôle odieux  joué par la France dans la guerre du Biafra, qui visait à démanteler la Fédération nigériane, le soutien actif qu’elle a apporté aux sécessionnistes Ibo avec la complicité servile de la Côte d’Ivoire d’Houphouët Boigny ; soutien qui ne l’empêche pas aujourd’hui de se compter sans vergogne  parmi les amis et profiteurs de la manne pétrolière de ce pays. De même, la jeunesse africaine  doit savoir le rôle coupable de la France dans le génocide du Rwanda qui, faut-il le signaler, n’était pas une colonie française. De même en Angola et en Guinée équatoriale, en raison de l’implication d’Elf Aquitaine/Total dans le pillage des ressources pétrolières, les guerres ou la politique qui ont longtemps mis à mal l’unité de  ces pays lusophones ou leur bonne gouvernance ne sont pas étrangères aux menées de la France ; un pays qui, contrairement à tous les autres colonisateurs européens de l’Afrique, s’est juré de la dominer jusqu’à son dernier souffle.

Alors, quelle est la raison de cet acharnement occidental si bien incarné par le parti-pris prédateur de la France en Afrique ? Quelle en est la motivation première ?

Bien sûr, il y a des raisons politiques et économiques. Coloniser l’Afrique c’est, comme pour un  bourgeois possédant un gros chien de race, un compliment à la qualité de son standing. En colonisant l’Afrique, en imposant le train de vie politique dans les pays francophones, en imposant sa langue comme langue officielle et de savoir, la France en ressort diplomatiquement  et culturellement  grandie. Et puis bien sûr, il y a la raison économique, la recherche acharnée des matières premières.

Mais cette donnée n’est qu’un but final, elle n’est pas la raison initiale de l’acharnement français en Afrique.  La belle preuve en est que, des deux cas d’assassinat de la première période cités plus haut  – celui d’Olympio et celui de Sankara –, comment déduire qu’ils sont dus à la recherche de matières premières ? Ni le Togo, ni le Burkina Faso – tout au moins à l’époque des faits – ne sont  des exemples de pays particulièrement dotés de matières premières stratégiques, comme le pétrole ou l’uranium,  etc.. La France aurait-elle fait assassiner Sylvanus Olympio pour les quelques brouettes annuelles de phosphate que produisait ce pays ? Non ! Le Maroc produit  20 fois plus de phosphate que le Togo mais n’a pas été pour cela inquiété par la France. De même, pour quelle matière première a-t-elle fait assassiner  Sankara ? Le coton ? Cela ne paraît pas plausible.

Cependant, acculée et mise à nu dans son acharnement prédateur en Afrique, la France, suivant en cela l’accusation naïve de l’opinion et la manipulant à sa guise, préfère volontiers laisser croire à l’argument de la cupidité. En vérité – et cela, la jeunesse africaine doit le savoir – la raison première de l’acharnement prédateur de la France en Afrique est le racisme anti-noir. Pour la France, les Noirs africains ne valent rien. Cette perception n’est pas nouvelle. Depuis des siècles,  les Africains sont considérés par les Blancs — qu’ils soient Européens ou Arabes — comme  des sous-hommes, qui n’ont pas d’histoire et qui, un peu comme les animaux, ne méritent pas les richesses que la nature a placées sur ou sous leurs sols.

Les Présidents que la France assassine ne sont pas nécessairement les Présidents des pays au sol gorgé de matières premières qu’elle convoite. Non, les victimes des crimes français en Afrique sont des hommes qui ont le courage ou la naïveté de contester cette idéologie raciste anti-noir qui motive la perception et les actions françaises en Afrique, de la dénoncer et de la combattre. Alors, blessée dans son orgueil de race supérieure, la France les fait renverser ou assassiner pour servir de leçon à tout contestataire de sa supériorité de pays blanc européen. En tuant ces hommes, elle dit : « Mais qui es-tu sous-homme, animal sans queue, vilain négro, pour oser élever le ton en face de moi ? Qui-es-tu pour oser t’opposer à la volonté et aux intérêts des Blancs ? » L’équivalent du « Talo biè » yoruba ou du «  Min jiwé » fon.

Biens que réels, ces crimes sont aussi symboliques, car, ils dépassent leur objet immédiat et concrets ; ils affirment dans le sang et la violence de race le fantasme de la supériorité du Blanc sur le Noir dont chacun sait qu’il a été au principe de la traite négrière et de l’esclavage des Noirs en Amérique, ainsi que du colonialisme qui se donnait pour prétexte de civiliser les sous-hommes noirs d’Afrique.

On nous dit  que c’est à cause du pétrole du Congo que la France a, par le biais de Nguesso, mené une guerre contre et renversé le Président démocratiquement élu, Pascal Lissouba. Mais pourquoi, bien que la Norvège ait aussi du pétrole, la France n’a pas essayé de renverser la Reine et le gouvernement de Norvège et si possible au moyen d’une guerre éclair dont elle ne manque pas  les moyens ?  La vérité est que la différence entre ces deux situations n’a pas d’autre explication  première que le racisme anti-noir. Pascal Lissouba a osé dire que le Congo  pouvait se donner les moyens d’exploiter lui-même son pétrole. Et mal lui en a pris ! Comment un négro peut-il oser parler ainsi à des Blancs ?

Si la France ne se mêle pas des affaires politiques, et n’éprouve aucune convoitise pour le pétrole de la Norvège, c’est que les loups ne se mangent pas entre eux. Un pays blanc se doit de respecter  l’égalité d’un autre pays blanc. Mais lorsqu’il s’agit d’un pays d’Afrique noire, alors comme elle le fait avec fureur et rigueur, la France entre en jeu, casse, tue, assassine, pille, viole et impose la loi supérieure de ses intérêts supérieurs de race supérieure.

Au total – la jeunesse africaine doit le savoir – cette mise en lumière de l’étiologie raciste du néocolonialisme n’a rien d’original. Le colonialisme, à l’instar de la traite négrière, était d’inspiration raciste. Le but visé ici est de démasquer la manipulation au travers de laquelle, un pays comme la France très impliqué dans la prédation néocoloniale en Afrique préfère mettre celle-ci au compte de l’avidité pour les matières premières plutôt que d’avouer que cette avidité si elle est indéniable, n’a été rendue possible que par la perception raciste qu’elle entretient sur les  Noirs africains.

En Effet reconnaître son avidité et la préférer  à la raison première qui est raciste, c’est en quelque sorte euphémiser les crimes que la France commet en Afrique au nom des matières premières, alors que ces mêmes matières premières existent dans d’autres endroits du monde où elle ne se soucie pas d’aller les chercher. Tout le monde désire les richesses de l’Afrique : la Chine, l’Inde, l’Amérique, etc. sont aussi avides. Donc que la France soit comme ces pays avides de matières premières, il n’y a finalement rien que de très naturel. Tel est in fine le discours de dénégation français.

La France, soi-disant Pays des Droits de l’Homme préfère passer pour cupide que raciste anti-noir. Voilà pourquoi cette mise en lumière de l’étiologie raciste des agissements criminels de la France en Afrique depuis plus de 50 ans  revêt une double importance morale et épistémologique pour la conscience et la bonne gouverne de la jeunesse africaine.

Adenifuja Bolaji

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