Publié dans Haro, nigeria, Science

Langues Nationales et Éducation : A mille Lieues de nos Tiraillements Savamment Orchestrés sur la Révision pour Cacher la Mainmise de Talon sur le PVI, un Député Nigérian Tire sur la Sonnette d’Alarme

blog1

L’Honorable Oladipupo Adebutu, a appelé samedi le gouvernement fédéral à envisager de formuler une politique linguistique globale si le pays doit améliorer son indice d’éducation et être mis sur la voie du progrès technologique.
Le législateur a déclaré que de nombreuses recherches avaient prouvé au-delà de tout doute que l’utilisation de la langue maternelle comme moyen d’enseignement dans les écoles de base restait le meilleur moyen de transmettre les connaissances et de réaliser un développement cognitif sain chez les enfants.
L’Honorable Adebutu a déploré que bien que l’édition 2004 de la Politique Nationale d’Education (NPE) ait affirmé le principe de l’utilisation de la langue maternelle comme moyen d’enseignement au cours des trois premières années de l’école primaire, l’anglais devant être enseigné uniquement en tant que matière, le gouvernement fédéral a refusé de faire respecter la mise en œuvre de la politique, ce qui a conduit à des fondements défectueux dans l’éducation des enfants.

blog1
« Il est tragique que certaines écoles primaires et secondaires privées dans le Sud-ouest yoruba n’offrent pas le yoruba comme matière. Dans d’autres, le yoruba est interdit comme langue vernaculaire que les élèves doivent éviter. Cela nuit à leur potentiel créatif parce qu’ils sont obligés, au début de la vie, de penser dans une langue étrangère.
« Un modèle pour montrer que l’éducation de la langue maternelle est la meilleure pour le développement cognitif de l’enfant a été donné par un ancien ministre de l’Éducation, le Professeur Aliu Babatunde Fafunwa entre 1970 et 1989, à travers le célèbre projet primaire de Sixième Ife. Le gouvernement à tous les niveaux devrait sortir le rapport sur ce projet des tiroirs et veiller à sa mise en œuvre.
« Dans le cadre de la politique linguistique globale qui a été sollicitée, le gouvernement fédéral devra affecter méticuleusement aux langues nationales des rôles plus importants que ceux dont elles jouissent actuellement. Cela servira de catalyseur pour notre objectif national et notre aspiration à réaliser le développement technologique.

Quand on sait que pour des raisons historiques, idéologiques et économiques, le Nigeria est très avancé dans l’usage des langues nationales, et qu’en la matière nous ne soutenons pas 1% de comparaison avec nos frères de l’est, les  critiques formulées par ce député cloueraient davantage au pilori la posture officielle béninoise sur le sujet. Et pourtant, comme le dit le proverbe fon « hèfun mè wè hè nonsudé ».

En vérité, on n’a pas besoin d’avoir inventé la poudre pour se rendre compte que la question de l’éducation de nos enfants dans nos langues maternelles est plus importante que celle d’un PVI donné à Benin Control, que l’on veut cacher avec les provocations savamment orchestrées autour d’une révision cavalière de la constitution.

Bejide Alamoran

ibinimori

copyright5

Publié dans Haro, Trad

Quand l’Ex-Présidente Coréenne Pleure, le Président Sénégalais Rit

blog1

L’Impunité au Sommet : l’Exemple Coréen sans Crier Rupture

Les Africains ont l’habitude de dire par un  raccourci comparatif renversant que « il y a 30 ans la Corée et le Sénégal étaient au même niveau économique ». Sous entendu, il n’y a pas de raison que nous ne fassions les mêmes choses que les Coréens parviennent à faire aujourd’hui. Soit. Personne ne demande pas mieux que l’Afrique soit aussi apte et prospère demain que ceux qui étaient « au même niveau » qu’elle hier. Mais la vérité est qu’il faut éviter les comparaisons superficielles, et comprendre que la capacité collective d’une société, d’une nation n’est pas la somme arithmétique des volontés ou des capacités individuelles, sous réserve déjà que celles-ci existent et puissent être mises en jeu. Dans la comparaison des nations et des peuples, il y a tout un ensemble de facteurs et de dimensions invisibles à l’œil nu ou non actualisés et dont ne rendent pas compte les indicateurs classiques. Parmi ceux-ci figurent la dimension symbolique des sociétés, leur force morale, leur volonté éthique et le dynamisme culturel.

La destitution et l’arrestation de l’ex-présidente de Corée, puis l’expression publique par celle-ci de la reconnaissance de ses fautes, et son aveu de culpabilité, ce ne sont pas des choses qui arriveraient au Sénégal ou au Nigeria de si tôt. Des destitutions sont possibles en Afrique, des accusations ou des mises en accusation aussi, mais combien de nos dirigeants accusés avouent leur crime, reconnaissent leur faute, versent des larmes de contrition et se mettent à la disposition de la justice ? Au lieu de quoi, ils seraient plutôt enclins, comme au Bénin ces jours-ci, à réviser la constitution afin de se garantir une impunité en béton pour eux et leur clique de pilleurs des biens publics. Voilà l’une des différences qui font que toute comparaison entre la Corée et le Sénégal pêche par simplisme et manque de profondeur.


L’ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été arrêtée et emprisonnée dans le cadre de l’enquête sur la corruption qui a entraîné sa déchéance au début de ce mois.
Mme Park a été arrêtée à son domicile et emmenée dans un centre de détention – une scène couverte par la télévision sud-coréenne en direct.
Les responsables ont déclaré que l’ancienne présidente tombée en disgrâce avait accepté des pots-de-vin et abusé de son pouvoir pendant son mandat.
L’arrestation de Mme Park fait suite à une longue audience à Séoul, la capitale du pays, au cours de laquelle le juge a décidé qu’il y avait suffisamment de preuves pour justifier l’arrestation.
« Les allégations majeures ont été expliquées et prouvées et il y avait des inquiétudes concernant la destruction des preuves », a déclaré le tribunal du district central de Séoul dans un  sms.
L’enquête sur la corruption a permis la mise en accusation de Mme Park qui a précicipét sa destitution le 10 mars. 2017
Mme Park va rester en prison au moins pour les trois semaines à venir le temps que les juges mettent au point l’acte d’accusation formelle qui déterminera son sort judiciaire.
« Je me suis excusé envers les citoyens Sud-Coréens », a déclaré Mme Park la semaine dernière. Je vais coopérer sincèrement avec la justice. »
La Corée du Sud élira un nouveau président en mai, et les experts disent qu’il est probable que le parti conservateur de Mme Park sera vaincu lors du vote après près d’une décennie au pouvoir

ibinimori

Ahoponu Benoît

copyright5