Ah, que ce Monde est Beau !

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L’annexion de la Crimée par la Russie est bien pire que la tentative d’invasion du Kowet par l’Iraq, et pourtant l’Occident n’a pas touché à un seul cheveu de Poutine alors qu’il a pendu Saddam Hussein. En vérité, dans ce brave monde, il n’y a que la force qui décide de tout.

On est vraiment dans un monde de crapule ! Un monde  où les grands traitent les petits comme des moustiques*, les écrasent à leur guise et sans suite.

 Kadhafi dérange-t-il l’establishment occidental et ses intérêts en Afrique ? On l’écrase  ; personne pour lever le petit doigt là-contre et la vie continue.

En Côte d’Ivoire, Gbagbo empêche-t-il la France de « précarrer » en rond ? On l’élimine militairement, et on l’expédie à la Haye manu militari, comme un fardeau encombrant ; personne pour lever le petit doigt là-contre, et la vie continue.

Mais bon sang ! Que veulent les Blancs ? Rétablir la traite négrière et l’esclavage ? Au fait, et n’en déplaise à leur enfumage lénifiant,  ces fléaux inhumains  ont-ils jamais été réellement abolis ?

Ah, quel beau monde ! Rien n’ a changé depuis la Fontaine !

Ahoponu Badeji

LE LOUP ET L’AGNEAU (*)

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure (1).
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi (2) de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
Sire, répond l’Agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas (3) désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
Comment l’aurais-je fait si (4) je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau ; je tette encor ma mère
Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
Je n’en ai point. C’est donc quelqu’un des tiens:
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos Bergers et vos Chiens.
On me l’a dit : il faut que je me venge. »
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l’emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

La Fontaine

copyright5

 

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