De Mobutu à Deby : une Brève Histoire des Bluffs et Mystifications de la Françafrique

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I. la Nouvelle Génération de Frondeurs

1. Alafa Condé et Idriss Deby : Faits et effets d’Arme

Lors d’une interview accordée à la presse française à l’occasion de  la célébration des soixante ans de l’indépendance de la Guinée, le Président Alfa Condé, dans ses propos, a fait preuve d’une hargne inhabituelles pour défendre le point de vue et la dignité africains face à la superbe du discours français. La jeunesse africaine à qui était destiné ce discours avait dû éprouver une certaine fierté de voir que leur dirigeant pouvait avoir le courage de dire leurs quatre vérités aux Blancs, de leur montrer qu’un dirigeant africain n’est pas toujours, ce chien  couchant des occidentaux ou cet esprit limité, incapable d’articuler une pensée pertinente conforme aux intérêts bien compris de son peuple.

Quand il a eu l’occasion de diriger l’Union Africaine et de rencontrer à ce titre les « grands de ce monde », Alfa Condé a imposé la figure du dirigeant africain conscient de la destinée de son continent, doté d’une certaine envergure intellectuelle et qui a le courage de parler aux Blancs d’égal à égal. Il passait alors pour l’ami personnel du Président François Hollande, avec lequel il était à tu et à toi.


Alfa Conde stigmatise la hargne colonial et l’esprit revanchard  français


Tout cela devrait montrer l’image d’un chef d’Etat inscrit dans la tradition guinéenne de dignité et d’indépendance initiée par Sékou Touré. L’homme qui a été victime du régime de Sékou Touré  finissait par incarner les vertus essentielles de celui-ci : l’indépendance de l’Afrique. L’image ainsi montrée au monde à dessein est celle d’un chef d’Etat francophone libéré de l’emprise  de la Françafrique. Mais la réalité sinon la vérité est-elle conforme à cette image ? Est-ce que Alfa Condé est réellement cet intellectuel démocrate défenseur des intérêts de l’Afrique que sa communication a pu laisser croire ? Oui et non. Si l’opinion africaine est dans sa majorité séduite par ce lyrisme de l’indépendance du Président guinéen, cette liberté de ton d’un dirigeant africain qu’un Sarkozy n’aurait ni tolérée ni pardonnée, devrait être aussi replacée dans le contexte d’une possibilité conjoncturelle. Elle doit beaucoup au style de François Hollande, de ses rapports personnels présumés avec Alfa Condé. Au moment où la France, sous prétexte d’une lutte ambiguë contre le terrorisme intervient au Mali, ouvrir le robinet à parole d’autres chefs d’Etat francophones, notamment d’un Alfa Condé qui n’en dit que du bien, n’est ni un hasard ni un acte anodin. Même si la bonne foi du parleur est sauve, celle de la Françafrique est sujette à caution.

La Guinée a-t-elle tourné le dos à la Françafrique pour autant ?  Est-ce que le discours d’Alfa Condé a si peu que ce soit bousculé la réalité des pratiques prédatrices de la France en Guinée pour ne pas dire en France ?  Rien n’est moins sûr, à en juger par les liens persistants entre la Guinée et France, la toute-puissance de ses lobbies financiers ou militaires, ses intérêts au nom de l’amitié personnelle.


Alfa Condé prêche pour une révolution de la condition économique de l’Afrique


Mutatis Mutandis le président tchadien Idriss Deby, incarne le même profil opératoire que son confrère guinéen. Certes Idriss Deby, ancien militaire devenu président par la force des armes, ne prétend pas avoir inventé la poudre, bien que sa biographie mentionne des études jusqu’au baccalauréat. Comme Alfa Condé, Idriss Deby s’est révélé sous la présidence du même Hollande sous un jour frondeur contre la Françafrique, tenant des propos dont la pertinence panafricaniste  n’a d’égale que la liberté de ton.

A priori, cette audace dans la critique de la Françafrique ne peut qu’étonner. Car, à s’en tenir aux conditions inaugurales de sa prise de pouvoir, Idriss Deby est pour le Tchad ce que Ouattara est pour la Côte d’ Ivoire, le côté nationalité douteuse en moins : il est le fils des services secrets français qui l’ont formé et porté au pouvoir. A la tête de l’Etat tchadien depuis 1991, après quatre mandats successifs,  Idriss Deby est le type même du ponte de la Françafrique, dans ce que cela suppose de longévité au pouvoir, de mémoire vivante du système. Car le coût d’installation des serviteurs de la France étant très élevé, la longévité mathusalemienne est la réponse idéale à sa rentabilisation. Alors, qu’un tel personnage joue maintenant les rebelles ou les critiques de la Françafrique peut paraître suffisamment étonnant pour attirer l’attention. A plusieurs reprises, et allant plus loin que le président de Guinée et aussi bien, en tant que président de l’Union africaine comme lui qu’en sa qualité de chef de l’Etat Tchadien, Idriss Deby a porté le fer contre la Françafrique et a poussé l’audace jusqu’à mal parler du franc CFA !


Deby critique le FCFA xxx


                       2.  Jeu, Enjeu et Portée d’une Fronde

Mais à y regarder de près, d’un point de vue chronologique, l’expression de cette liberté de ton et sa mise en scène qui ont  exploité la tribune de la  Présidence de l’Union Africaine, viennent sur les talons d’une geste similaire de son confrère guinéen qui lui-même avait placé sa critique sous le signe de l’Union Africaine dont il était le Président. Il va sans dire que M. Idriss Deby ne voulait pas être en reste de la bonne volonté de démarcation qui avait le vent en poupe parmi les pontes de la Françafrique. Comme dans le cas d’Alfa Condé ou d’autres émules, la réalité ultime seule constituait l’aune de la sincérité de leur posture. Mais la réalité est que, au-delà des mots, rien n’a vraiment changé dans les pratiques. Le QG français de la force Barkhane qui intervient  au Mali est toujours installé à N’Djamena. La mainmise des lobbies militaires et des milieux d’affaires français sur le Tchad et son économie est loin de refléter la liberté de ton affichée par son président. Au contraire, comme dans le cas guinéen, il faut relier cette liberté de ton à l’aventure malienne de la France sous-couvert d’une lutte ambiguë contre le terrorisme. Au moment où le Mali état pillé sous le couvert de la présence militaire, il est de bon ton que depuis la tribune de la présidence de l’Union africaine, la voix de son président s’élève pour distraire les opinions et faire croire que la Françafrique est devenue un lion mort que n’importe quel chien peut défier  sans crainte.

Il ne s’agit pas de dénier toute autonomie ni toute responsabilité aux dirigeants africains dans leur prise de position ; encore moins de mettre en doute leur bonne foi. En préconisant des rapports d’égal à  égal entre la France et les États africains, ou en considérant que le franc cfa était un scandale de lèse-souveraineté pour les états africains, ni Alfa Condé ni Idriss Deby n’étaient en train de se livrer sciemment à une  simple opération de charme vis vis des Africains. Mais telle est la condition d’une Afrique morcelée et dominée  que la prétention à l’autonomie de leurs dirigeants est sujette à caution. Depuis les simulacres d’indépendance octroyées par la France à ses colonies en 1960, la manipulation a été une donnée constance de leur existence. Et en l’occurrence, aussi lyrique et spontané que soit l’un ou aussi pertinent et hardi que soit l’autre, si leur liberté de ton n’avait pas une fonction ou une utilité conjoncturelle quelconque pour la Françafrique, sa mise en jeu aurait été un casus belli, du genre de celui qui a valu une guerre éclair à un Pascal Lissouba du Congo — lorsqu’il, a dit : « nous sommes capable d’exploiter nous-mêmes notre pétrole » — ou une inconséquence suicidaire du genre de celle qui a fini par coûter la vie à Sankara en son temps.

En fait, le besoin de mettre en scène une certaine liberté de ton a toujours existé dans le système médiatique de la Françafrique. Comme l’existence des Etats africains ressortit d’une belle fiction, celle-ci requiert de la part du metteur  en scène une maintenance de tous les instants. Le  conditionnement mental de l’opinion fait donc partie d’un plan de contrôle et de manipulation permanents des Africains colonisés. A un moment donné ou à un autre, pour répondre ou correspondre à une situation en jeu, écarter un danger ou restaurer un ordre menacé, des interventions  spécifiques sont nécessaires qui prennent la forme de mises en scène de discours, d’une liberté de ton, de vraies-fausses provocations, des élaborations fictionnelles ou des masques idéologiques commodes. Les prises de parole hardies des Présidents de la Guinée et du Tchad en leur qualité de Président de l’Union Africaine sur des thèmes considérés comme sensibles ou tabous s’inscrivent dans cette tradition de maintenance salutaire à la survie de la Françafrique.

II. Les Frondeurs, Canal Historique

Depuis les soi-disant indépendances en  1960, dans la sphère francophone les opinions ont été soumises à plus d’un scénario de distraction, à plus d’une supercherie politique ou médiatique et à  plus d’un travestissement idéologique dont le but est de corriger une représentation devenue problématique. Tel sont par exemple  les cas des régimes de Mobutu au Congo-Kinshasa, de Eyadéma au Togo, et de Bongo au Gabon.

  1. La Geste Culturaliste de Mobutu

Mobutu a instauré le mobutisme, une doctrine qui imposait les valeurs africaines et le retour à ce qu’il appelait l’authenticité. Dans le cadre de cette doctrine, le nom du pays a  changé de Kongo à Zaïre, une contradiction en soi puisque N’zere c’est l’autre nom du Kongo, déformé par les Portugais en Zaïre ; les Congolais devaient aussi changer leur prénom pour adopter des prénoms congolais. C’est ainsi que payant de sa personne, Mobutu qui se nommait Joseph-Désiré Mobutu, devient Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga. Outre l’aspect politique qui se traduisait par le monopartisme du MPR, il y avait aussi l’aspect religieux porté à la déification de Mobutu. La toponymie a aussi subi un changement. Les noms des villes qui traduisaient la fantaisie coloniale à travers l’histoire violente de domination du pays furent changés. Léopoldville est devenue Kinshasa, Stanleyville est devenue, Kisangani, Elisabethville est devenue Lubumbashi, Jadotville est devenu Likasi, Albertville est devenue Kalemie, etc…  Enfin, la doctrine interdit aussi les costumes occidentaux et créa un uniforme d’État appelé abacost. (« À bas le costume »)

Le mobutisme s’insérait dans un siècle et à une époque où la géopolitique internationale était marquée par la guerre froide, et les régimes dictatoriaux constituaient une bonne moitié de l’espérance politique de l’humanité. A y voir de près, la doctrine de Mobutu se posait comme une surenchère de panafricanisme. Après avoir contribué à l’assassinat de la figure majeure du panafricanisme qu’était Patrice Lumumba, inventer un machin idéologique total qui prêchait la priorité aux valeurs africaines, l’authenticité et  le soi-disant retour aux cultures ancestrales était le meilleur moyen de dénier son crime inaugural. Un projet qui était tout bénef pour la machinerie globale de maintenance de la Françafrique.

          2. Les Émules de Mobutu

2.1 Bongo, ses crimes et sa Façade islamique

Mobutu a fait des émules dans la zone francophones. Tel est le cas d’Omar Bongo qui, né Albert-Bernard Bongo, devient El Hadj Omar Bongo en 1973. Ici pas de grandes prétentions idéologiques, pas de discours culturalistes fumeux, juste un acte personnel mais qui a une haute portée symbolique et une fonction dénégatoire de ce dont Bongo est le nom.

        En 1966, lorsque Léon Mba, alors Président de la République du Gabon, tombe gravement malade, le général de Gaulle et Jacques Foccart décident  de faire d’Albert Bongo l’héritier du pouvoir. À cet effet, à la fin de l’année 1966, une modification de la Constitution instaure le poste de vice-président de la République, chargé de prendre la succession du chef de l’État en cas de vacance du pouvoir. La Constitution nouvelle prévoit que le président et son vice-président sont élus ensemble sous la forme d’un ticket électoral. Au mois de mars 1967, le président Léon Mba est réélu avec pour vice-président le jeune Albert Bernard Bongo. Il accède à la présidence de la République gabonaise le 28 novembre 1967, à la mort de Léon Mba.

Fin 1968, Omar Bongo, toujours sous l’influence de Jacques Foccart, est contraint par la France de reconnaître la pseudo-indépendance du Biafra.  Il doit même accepter que l’aéroport de Libreville serve de plaque tournante aux livraisons d’armes opérées en faveur du colonel Ojukwu.

Son principal opposant, Germain Mba, est assassiné en 1970 à Libreville, par deux mercenaires français…

Cette brève évocation de ce dont Bongo est le nom montre bien le besoin de dénégation de son rôle au sein de la Françafrique.  Quand on est le toutou absolu de la France au point où l’était Bongo, abandonner son prénom chrétien pour prendre un prénom  musulman c’est une manière d’afficher un semblant d’autonomie et de distance vis-à-vis du colonisateur. C’était encore à l’époque où l’ignorance de l’histoire des rapports entre les Arabo-musulmans et les Noirs Africains, ou du moins sa dénégation conférait à l’identité musulmane une fausse authenticité, par le seul refus d’émarger à la culture/religion  du dominant européen. A l’instar de Mobutu, Bongo  avait aussi à faire oublier l’assassinat d’un concurrent, Germain Mba, un homme dont la position sur le Référendum de 1958, la prise de position sur le putsch de 1964, les fonctions au sein de l’OUA et le mouvement nationaliste (MNRG) qu’il créa, lui confèrent d’emblée une place de choix non seulement dans l’histoire du Gabon, mais de l’Afrique libre. Un homme qui, dans les mémoires d’une Afrique de dignité, mérite sa place aux côtés d’Um Nyobé, Steve Biko, Patrice Lumumba, Amilcar Cabral, Ernest Ouandié, Felix Moumié, Thomas Sankara, etc.

Faire oublier l’assassinat d’un tel homme et le fait que le pays dont on se prétendait le Président  n’était qu’un département français en Afrique, méritait bien un travestissement, l’adoption d’un prénom musulman  qui brouille un peu les pistes et entretient la supercherie de l’autonomie. Le plus ironique dans le cas de Bongo est que le prénom Omar avait été celui  de Germain Mba qui dans ses activités clandestines d’opposant panafricaniste,  avait adopté le pseudonyme d’Omar Ben Ali !

    2.2  Eyadema ou l’enterrement culturel de Sylvanus Olympio

Autre pays, autre assassinat de panafricaniste, mais même geste de dénégation symbolique, il s’agit du Togo d’Eyadema. Au Togo, le dictateur éprouva lui aussi le besoin de changer son prénom. Etienne Eyadema qui avait revendiqué l’assassinat de Sylvanus Olympio, le premier Président du Togo, a tôt fait de prendre modèle sur le vibrant Mobutu dont la propagande sur l’authenticité inondait toute l’Afrique. Le besoin de se travestir en digne dirigeant africain était à la mesure de la réputation de l’homme qu’il avait assassiné en 1963. Ce lifting éthique  participait de la nécessaire  dénégation à laquelle était condamnée la Françafrique dont les effets de la violence de normalisation commençaient à s’accumuler à la surface de l’histoire politique de l’Afrique francophone. Cette accumulation de crimes et de meurtres inauguraux distinguait clairement l’Afrique Francophone de l’Afrique anglophone où, par tradition,  l’Angleterre était moins interventionniste. Le pauvre analphabète-président du petit Togo, conscient du symbole historique qu’il était devenu, à son corps défendant — premier pays initiateur de coup d’Etat en Afrique noire post-indépendance — éprouva le besoin de faire sa mue. Fortement inspiré par l’expérience de son ami  et homologue Mobutu, comme au Zaïre, il instaura au Togo le même climat de révolution pseudo-culturelle, axée sur le culte de la personnalité, le monopartisme, l’encensement de prétendues valeurs authentiques, et le changement de toponymie. Cette politique prit un tournant décisif le 3 février 1974 , par la décision d’Eyadéma d’abandonner son  prénom Etienne au profit de Gnassingbé considéré comme authentique. Le démenti le plus ironique du sérieux de ces gesticulations dénégatoires est le prénom que porte son prince héritier, l’érotomane nommé Faure qui dirige aujourd’hui le Togo.

III. Une Histoire de Bluff et de Mystification

Au total, il ne faut pas prendre ni trop à la lettre ni trop au sérieux les postures, les discours et les proclamations d’autonomie, ou d’originalité  idéologiques qui, depuis les indépendances ont jalonné la vie politique des pays francophones. Volontairement ou non, ces discours et ces concours d’originalité participent du travail de maintenance du système Françafrique qui, pour persévérer dans son être,  est obligé de réagir au déséquilibre cumulé de son parti-pris de prédation en Afrique. Les initiatives de travestissement idéologique de certains régimes qui constituent le cœur de la Françafrique, malgré leur spécificité et leurs motifs personnels, participent d’une logique de dénégation symbolique et  de distraction médiatique bénéfique au système. Si dans les années soixante-dix ces travestissements ont pris la forme de mouvements collectifs à résonance sociétale voire nationale, c’est pour deux raisons bien distinctes. D’une part, ces travestissements étaient motivés par le besoin du dictateur d’effacer la mémoire du crime inaugural découlant d’une lutte manichéenne entre le bien et le mal africain qu’il incarnait. En se lançant dans une surenchère culturaliste, le dictateur espère renvoyer l’image d’un Africain authentique et par-là dénier le meurtre du représentant de l’Afrique et de ses intérêts qui lui colle à la peau. Il veut montrer qu’il n’est pas un assassin de l’Afrique et de ses intérêts. Discours qui sert de masque à la Françafrique. D’autre part, la dimension totalitaire de ces travestissements s’insère bien dans le climat politique des années de la guerre froide où l’Afrique était le champ clos de la lutte entre le bloc communiste et le bloc capitaliste. La forme totalitaire choisie se présentant comme une synthèse originale de ces deux mondes idéologiques rivaux. On se souvient d’un slogan célèbre de Mobutu diffusé sur les ondes de radio Kinshasa à direction de l’Afrique et qui disait « l’Afrique n’est ni communiste, ni capitaliste, mais communautaire ». On se souvient aussi de son discours à la tribune des Nations-unies ; discours à la rhétorique pincée, où, jouant  les donneurs de leçons de bienséance géopolitique, le dictateur zaïrois,  au fait de sa gloire et de sa fortune,  dénonçait crânement les occidentaux et leur prétendue politique d’aide à l’Afrique.


Discours de Mobutu à L’ONU en 1973


L’audace apparente de ce discours n’a rien  à envier à ceux d’un Alfa Condé ou d’un Idriss Deby, même si les temps et les situations ont beaucoup changé. C’est que nous sommes maintenant dans la période post-guerre froide consécutive à l’écroulement du Mur de Berlin. Le dirigeant politique africain n’est plus un dictateur  mais un démocrate élu. Il ne s’exprime pas au nom d’une communauté mythique mais en tant que représentant de citoyens libres. La tribune de son discours n’est plus celle de sa nation mais celle de l’Union Africaine qui, jusques et y compris dans sa dénomination,  n’est elle-même que la reproduction formelle du schéma de l’Union Européenne, mère de la Françafrique. Donc, en faisant montre d’une liberté de ton qui pour exiger un rapport d’égal à égal entre la France et les pays africains, qui pour trouver des puces dans les poils du francs CFA, nos dirigeants francophones actuels s’inscrivent dans une longue tradition de bluffs et de mystification savamment mise en scène  par la Françafrique, dont ils restent, qu’on le veuille ou non, des pontes et des porte-drapeau.


Alpha Condé estime la page Françafrique tournée

Alpha Condé défend une Afrique libérée de l’influence française


Adenifuja Bolaji

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