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De l’Urgence d’une Conven- tion Nationale : M. Kouessi Répond au Dr Afolabi

kouessiBonjour Docteur,
Je voulais t’écrire depuis ta réaction à l’appel au travail pour la réunion d’une Assise Nationale, mais les occupations diverses ne m’ont pas permis de le faire. Tu dis que le pays est inexorablement tendu vers les élections présidentielles ! Connais-tu le Lire la suite de « De l’Urgence d’une Conven- tion Nationale : M. Kouessi Répond au Dr Afolabi »

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Re “…Responsabilisation des Acteurs…”: Réponse au Dr Afolabi

Dr Afolabi,

aka2Votre analyse fait débat au sens propre du terme ; elle appelle trois observations que j’aimerais faire très rapidement.

Premièrement elle fait courir, votre analyse, le risque d’une régression à l’infini alors que l’objectif est, pour une fois, d’aller de l’avant et de sévir par l’exemple, concrètement. A suivre votre raisonnement, au-delà de Kérékou, de Soglo, etc. pourquoi ne pas appeler à la barre tous les anciens présidents et hommes politiques du Bénin depuis les 54 ans de notre « indépendance » ? Pourquoi ne pas appeler à la barre la France qui anime en coulisses tout ce beau monde ? Autant dire que c’est la meilleure façon de renvoyer ce procès aux calendes grecques.

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Les Deux Fautes des Pères Putatifs de Yayi Boni

BMP8Il y a au moins deux fautes inhérentes aux confessions opportunistes et demandes espiègles de pardon de ceux qui sont présumés avoir « porté Yayi Boni au pouvoir en 2006 ».
1. La première, c’est que l’entreprise s’est révélée catastrophique et ruineuse pour la nation et sa démocratie. Et ses promoteurs n’ont pas de raison d’en être fiers. On comprend leur repentir, même si c’est crépusculaire et du bout des lèvres, ou pour emberlificoter encore une fois le peuple.
2. En avouant avoir amené au pouvoir un homme dont la personnalité, les actions et les actes ont mis la nation et sa démocratie en danger, ces repentis de la dernière heure avouent au passage une aberration scandaleuse implicite : comment un quarteron d’intrigants, mus par des intérêts égoïstes peuvent-ils,  dans une démocratie digne de ce nom, se réclamer auteurs de l’accession au pouvoir d’un homme ?
Si ce dont ces Messieurs s’accusent en plein jour est vrai, ils révèlent par là-même que les élections ne sont qu’un théâtre derrière le rideau trompeur duquel un groupuscule d’intrigants décident entre eux de qui présidera aux destinées de tout un peuple, exclu de la jouissance de sa souveraineté.

Et avec ses mœurs tordues, nous osons parler de démocratie au Bénin ? Comme l’a souvent préconisé Olympe Bhêly-Quenum, et comme vient de le proposer le PCB, vivement que le peuple se lève et prenne enfin en main son destin  !

Aminou Balogun

   

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A ceux qui Demandent Pardon d’Avoir Amené Yayi en 2006

Dans la vidéo ci-dessous, on  peut voir comment, dans les pays où les élus respectent leur peuple, ceux qui ont fauté se repentent…

BMP8Et c’est seulement après un repentir aussi ressenti, que la punition s’ensuit. Non, il ne faut pas seulement dire du bout des lèvres “ Je demande pardon d’avoir amené Yayi”. Il faut payer de sa personne la faute qui a été commise, car elle engage l’existence de tout un peuple. Ce serait trop beau de s’en tenir à un simple bain de bouche. Au-delà de tous ceux qui, pour soulager leur conscience, se dénoncent aujourd’hui d’avoir commis ce crime de lèse-nation –amener au pouvoir un homme qui s’est avéré son fossoyeur,–  il faudra dresser la liste de tous les criminels effectifs et leurs complices ; et le leur faire payer tout le restant de leur vie ! C’est à cette condition et à cette condition seule que le Bénin se relèvera de sa détresse….

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Language, Literature and Decolonization of Nigeria’s Political Culture (1)

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By TONY AFEJUKU

Every literature that exists does so because there is in existence a language in which it is created or expressed. In other words,  if there is no literature and there never can be literature in the absence of language. And so long as there are native speakers of any language, the language will thrive and live with or without the existence of creative or imaginative or realistic literature.

What this urgently tells us or suggests to us is that language and literature, creative written literature, that is, can never be weighted equally. But let us attempt to prove the case we are tendering by asking the very familiar question: which comes first, the egg or the chicken? Perhaps this question is unnecessary in the context of the distinction I

 

have attempted to draw above. Thus one can say without qualms that language is both the egg and the chicken. Literature is because language is. It is not the other way round.

In what we utter, that is, in our speeches we direct ourselves and each other in the society we inhabit to do one thing or the other. And in what we do through what we say, we express our culture. In pre-literate societies, meaning societies where one knew not how to write such as was the case before the white colonizers came to our respective communities; this was precisely what was the case.

continued

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Le Roman Crépusculaire de Chabi Kao : Réaction de Monsieur GLELE GBOHAIDA Lucien, Colonel à la retraite, et Témoin Privilégié des Évènements

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Faut-il réagir ou ne pas réagir ? J'ai préféré réagir pour qu'on ne tronque pas l'histoire.

Quand un homme politique qui a assumé de hautes fonctions ministérielles dans divers gouvernements de son pays, fonctions qui l'astreignent nécessairement à des réserves, fait de telles révélations, l'on est en droit de se poser un certain nombre de questions.

Dans notre pays les gens misent souvent sur le silence pour se donner le droit et le plaisir de tronquer l'histoire. Nous sommes précisément dans ce cas de figure avec les déclarations de Monsieur Pascal CHABI KAO.

1) Quel but visent lesdites révélations truffées d'ailleurs de contre vérités aussi criardes les unes que les autres 39 ans après ?

2) Que veut prouver l'auteur desdites révélations ?

3) Quel service pense-t-il rendre à son pays confronté sur le plan politique, de plus en plus à un clivage Nord-Sud qui s'accentue ?

4) Quel service pense-t-il rendre au général KEREKOU par de telles déclarations, que je qualifierais volontiers de sales, viles, stupides et bêtes besognes ? 

5) Quelle haine veut-il assouvir contre les FONS en général, et singulièrement les FONS d'Abomey ?

6) Par ce récit pervers et ennuyeux, n'a-t-il pas davantage terni ou avili l'image du feu Colonel KOUANDETE et souillé par la même occasion la mémoire de son vénéré tuteur, le Président MAGA ?

7) Le Président MAGA vivant ne doit-il pas s'interroger sur son poulain
Pascal CHABI KAO ?

8) Le Coup d'Etat a eu lieu depuis le 26 octobre 1972, pourquoi a-t-il attendu la mort des principaux antagonistes (MAGA AHOMADEGBE et KOUANDETE) pour nous servir sa version.

9) Enfin, qui pense-t-il convaincre de sa virginité dans ces affaires qui le chargent et qui n'honorent guère les Dahoméens d'hier et les Béninois d'aujourd'hui ?

Voilà qui confirme, on ne peut plus éloquemment la boutade du Président KEREKOU contre certaines catégories d'intellectuels de notre pays, qu'il qualifiait d'intellectuels tarés !

J'avoue qu'on est moralement mal à l'aise, et frappé d'horreur de savoir qu'un tel cadre avait été l'un des grands commis de notre Etat. Tout ceci ne manque pas d'inquiéter. Je lui laisse le soin de répondre lui-même à cette série de questions.

Pour ma part, je me contenterai de relever quelques contre vérités sur le passage qui touche les événements du 23 février 1972, pour lesquels, nous acteurs  avons jugé bon et utile de garder silence depuis près de 40 ans. Ce n'est pas parce que notre langue s'est collée à notre palais que nous continuons d'observer ce silence, car comme a dit Alfred de VIGNY je cite : Pleurer, gémir est également lâche. Seul le silence est grand. J'ajouterai que bavarder, et bavarder avec économie de vérité, surtout lorsque les plus concernés ne vivent plus, est tout aussi lâche.

Donc pour avoir été l'un des principaux acteurs des événements du 23 février 1972 sur le terrain, j'affirme haut et fort sous le contrôle de mes collègues encore vivants que :

1) Le camp GUEZO n'a jamais été tenu en otage par le Colonel KOUANDETE, encore moins pendant plus d'une semaine comme le raconte Monsieur Pascal CHABI KAO. La mutinerie n'a duré que la journée du 23 février de 05 h à 21 h.

2) Le Colonel KOUANDETE ne nous a jamais entretenu ou informé d'une quelconque menace de mort de la part du Président AHOMADEGBE, pas moi en tout cas.

3) Que nous n'avions pas la même lecture que lui, des motivations ou des mobiles d'une mutinerie transformée en coup d'Etat manqué du 23 février 1972. Pour nous acteurs, les problèmes étaient d'abord internes  au camp GUEZO. Avec le danger imminent de la division de notre Armée en trois armées parallèles alignées chacune derrière son président. C'est le caractère nocif et dangereux du système à trois têtes qui dirigeaient le pays mettant à mal la cohésion de l'Armée qui était à l'origine de cette mutinerie politisée à outrance.
4)  M. Pascal CHABI KAO affirme de façon péremptoire qu'il n'y avait jamais eu une affaire COVAC, mais un dossier politique COVAC monté par son équipe et lui, pour empêcher le président AHOMADEGBE  d'accéder au pouvoir, sous prétexte que des

 

renseignements faisaient état de ce que l'avènement du président au pouvoir, ferait couler le sang entre le Nord et le Sud. Je pense que par ce grotesque mensonge, M. Pascal CHABI KAO veut tenter de se blanchir dans un dossier qui l’accable plutôt.

Alors qu'il nous divise par quels motifs et quelles affaires ses collaborateurs de l'époque, je veux nommer les feux VIDEHOUENOU du budget, André ASSOGBA, MABOUDOU, MIDAHUEN et consorts ont été arrêtés et jetés en prison ? Pourquoi a-t-il attendu leur mort pour faire de telles révélations, si ce n'est du cynisme ?
Tout les Dahoméens et Béninois savent qu'il y a eu une affaire COVAC dont les détails ont été publiés sous forme de cassettes, CD et livres dans ce pays. Voilà comment on tronque allègrement, sans la moindre précaution, l'histoire.
Et comme nous avons encore la chance d'avoir vivant le colonel janvier ASSOGBA à l'époque capitaine, nous lui laissons le soin d'apporter sa part de vérité.
Au professeur Antoine Robert DETCHENOU, directeur de cabinet du président AHOMADEGBE  à l'époque encore vivant lui aussi, de nous apporter l'éclairage politique du coup d'état du 26 octobre 1972 tel qu'il l’avait vécu.

Il y a dans son récit tant d'amalgames qu'il semble difficile de démêler l'écheveau.

Mais au-delà de tous ces déballages gratuits, inopportuns, inconscients et délibérément provocateurs de Monsieur Pascal CHABI KAO, je suggère une table ronde regroupant les survivants (militaires et acteurs politiques) avec l'auteur autour d'un débat contradictoire radio télévisé, pour rétablir la vérité.

Il nous faut ensuite nécessairement un débat national sur le clivage Nord-Sud pour Exorciser ce mal endémique et récurrent, permettant de déboucher sur des recommandations que prendra impérativement en compte notre constitution au moment de sa révision.

Occulter toujours ce débat en laissant les deux communautés Nord – Sud s'offrir des rires jaunes, pour continuer de se regarder comme des chiens de faïence, c'est préparer inévitablement et à coup sûr, un Rwanda et une nouvelle  Côte d'Ivoire au Bénin.

Que Dieu nous en préserve. Mais prévenir pour enrayer le mal, vaut mille fois mieux que de ne pouvoir rien guérir après.

Nous avons besoin de crever cet abcès pernicieux, pour nous créer désormais des espaces de cohabitation pacifique et paisible de tous les enfants de ce pays, dans notre loi fondamentale.

Le pays n'en sortira que grandi.

GLELE G. Lucien

Colonel des Forces Armées à la

retraite, Tél. 95 96 44

Article incident 1

Article incident 2

 

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Le Roman Crépusculaire de Chabi Kao : Antoine Robert DETCHENOU Met K.-O. l’Argumentaire et Fait la Lumière

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imageLe Canard du Nord, dans son numéro 190 paru le 26 Octobre 2011, a rendu publique la conférence tenue un an auparavant par Pascal CHABI KAO et dans laquelle il a fait, selon le journaliste, de « troublantes révélations «Pourquoi avoir attendu une année pour rendre public ce « récit exclusif » ? Secret des dieux.

J'ai lu et relu ces prétendues révélations, et j'ai décidé de répondre à Pascal CHABI KAO, puisqu'il prend à témoins les « collaborateurs d'AHOMADEGBE qui sont encore là ».

Dieu merci même si beaucoup sont morts, moi je suis encore vivant pour répondre à Pascal CHABI KAO, avec conviction et passion, dans la vérité et la fidélité à l'histoire.

Mais, pour être clair, je n'adopterai pas la démarche de CHABI KAO. Le texte de sa Conférence que nous avons sous les yeux est un texte confus et incohérent. Il n'est ni composé, ni structuré ; il n'y a aucune suite logique. Il faut démêler cet écheveau d'anachronismes, de fourré-tout, pour voir clair dans ce brouillage de l'histoire délibérément voulu par l'auteur. Je suivrai le fil de l'histoire de cette période telle que l'ont connue les témoins de l'époque. Je distingue donc les deux grands moments où s'inscrit l'exposé de CHABI KAO :

1er temps : Mai 1970-Mai 1972 

2ème temps : de Mai 1972 au coup d'état du 26 Octobre

1972

PREMIERE PARTIE

Mai 1970 – Mai 1972

II correspond à la présidence de Maga qui prend fin le 8 Mai 1972 avec l'avènement du Président AHOMADEGBE.

Pendant toute la présidence de MAGA, AHOMADEGBE a été un loyal collaborateur à qui MAGA confiait de grands dossiers : dossier de la décentralisation, dossier Akossombo,

beaucoup d'intérim avec des instances à traiter.

Alors, une première question à CHABIKAO : son affirmation solennelle initiale niant l'affaire COVACS et y trouvant un

montage politique pour renverser AHOMADEGBE se situe quand ? Dans la première période, c'est-à-dire avant Mai 1972, ou après Mai 1972. Raisonnablement, cela ne pouvait se situer qu'après le 8 Mai 1972. Or, toute la démonstration de CHABI KAO sur le refus d'AHOMADÉGBÉ de renoncer à son tour de présidence nous ramène avant le 8 Mai 1972. CHABI KAO affirme : « Quand le tour du Président AHOMADEGBE approchait, qu'il devait prendre le pouvoir, tous les services de renseignement ont dit partout qu'ils ont raison de croire que le Président AHOMADEGBE, s'il prenait le pouvoir, il y aurait un coup d'état, défaire en sorte qu 'il renonce à son tour. » Les informations des services de renseignement ? Un bluff.

La vérité toute simple, c'est que l'équipe de MAGA, et MAGA lui-même en tête, ne voulaient pas partir et céder la place.

Ainsi donc, toute l'équipe de MAGA, et MAGA lui-même, pas de vulgaires comparses, ont entrepris AHOMADEGBE pour lui faire renoncer à son tour de présidence, le considérant, le moins qu'on puisse dire comme un avorton. Deux preuves de cette tentative. La première est la démarche personnelle du Président MAGA auprès de Jacques Foccart (voir Annexe 3). C'est Foccart lui-même qui le dit dans ses mémoires. La deuxième démarche, c'est l'intervention de MAGA auprès du Président BONGO. Entrepris donc par le Président MAGA pour que AHOMADÉGBÉ renonce à son tour, le Président BONGO a décidé d'envoyer son avion chercher AHOMADÉGBÉ. La veille de ce départ pour Libreville, vers 15 heures, le Président AHOMADÉGBÉ a réuni autour de lui, sous la paillote du Petit Palais, quelques amis politiques : les ministres LOZÈS Gabriel, AHOUANSOU Karl, DOSSOU-YOVO Edmond, PAOLETTI Théophile ; Emile POISSON et Gustave GOUDJO ont-ils pris part à cette réunion ? Je ne peux le dire, là, ma mémoire a flanché. J'étais aussi de la partie. L'objet de la réunion n'a été révélé qu'au début de la séance. Tour à tour, les ministres ont pris la parole pour accepter ce déplacement du Président quand bien même deux d'entre eux ont manifesté quelques réserves.

J'étais outré par cette position des ministres. Je bouillonnais littéralement. Alors, le Président AHOMADÉGBÉ me regarda et dit « le jeune homme ne semble pas content. ». Je ne l'ai pas laissé achever, j'ai répondu : « oui Président, pas content, pas du tout content ». Et alors avec force et conviction, comme si j'avais autorité, j'ai dit : « Président, vous n'irez pas à Libreville. C'est non et non. Vous n'irez pas à Libreville pour deux raisons. Qu'irez-vous faire là-bas ? Aller jusque dans le bureau de BONGO lui dire que vous ne renoncerez pas à votre tour ? C'est jouer à la provocation, et ceci, à l'étranger. Et puis on vous envoie un avion où vous serez seul à bord. En a-t-on mesuré tous les risques ? J'ai conclu en martelant, Président, vous n'irez pas à Libreville demain. » Ce fut comme un coup d'État. Il se fit un profond silence. Et le Président trancha. Le « jeune homme » a raison « je n'irai pas à Libreville et j'informe sur-le-champ MAGA »

CHABI KAO évoque la tentative d'une délégation, restée anonyme, qui ayant rencontré le Président AHOMADÉGBÉ lui aurait dit « Si c'est de l'argent que ça rapporte, nous sommes prêts à te donner cet argent là pour que tu renonces. » Je ne sais quelle est cette délégation qui a eu cette impudence et cette indécence de vouloir corrompre AHOMADÉGBÉ. AHOMADÉGBÉ n'est certes pas un dragon de vertu, mais son rapport à l'argent est légendaire ; jamais, il n'a été séduit par l'argent, surtout l'argent sale de la corruption ; AHOMADÉGBÉ est l'homme d'une époque, c'est l'homme d'un idéal pour qui l'argent n'est pas la valeur suprême.

CHABI KAO évoque une autre raison pour expliquer le refus d'AHOMADÉGBÉ de renoncer à son tour de présidence. Il affirme « AHOMADÉGBÉ a refusé. Toute son équipe a refusé parce qu'ils ont dit que les fils d'autres régions ont porté le « grand collier » et qu 'il faut aussi qu 'un HOUEGBADJAVI porte aussi ce grand collier même s'il doit mourir trois jours après ». Expliquer le refus d'AHOMADÉGBÉ par l'honneur dérisoire et fugace de porter ce grand collier que, du reste un autre HOUEGBADJAVI, le général Christophe SOGLO a déjà porté, expliquer donc le refus d'AHOMADÉGBÉ par le désir de porter ce grand collier, c'est n'avoir rien compris des motivations d'AHOMADÉGBÉ.

Je vais évoquer ces motivations et voudrais le faire sans bégayer, sans aucune restriction mentale, sans crainte d'aucune accusation régionaliste. Deux motivations fondamentales.

La première la voici….

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COUP D’ETAT DU 26 OCTOBRE 1972 et AFFAIRE COVACS : Le Roman Crépusculaire de Pascal Chabi Kao

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Propos recueillis et transcrits par Gaston B.B. YAMARO

Pascal CHABI KAO était ministre sous le Conseil Présidentiel jusqu’à la prise du pouvoir par le Président Kérékou. C’est à ce titre qu’il a participé avec celui-ci à fomenter le coup d’Etat du 26 octobre 1972 en inventant l’Affaire dite COVACS. Pour lui, « il n’y a jamais eu d’affaire COVACS, plutôt un dossier COVACS, dossier politique monté à dessein pour renverser le Président Ahomadégbé qui s’apprêtait, selon lui à exécuter Maurice Kouandété avec qui, ils s’étaient mutuellement menacés de mort. Historique inédite du coup d’Etat du 26 octobre 1972, Voyage au cœur des affaires d’Etat entre 1970 et 1972. Pascal Chabi Kao nous a gratifiés de révélations inédites lors de la conférence organisée au domicile du Président Hubert Maga lors du Cinquantenaire de l’indépendance du Bénin en 2010. Récit exclusif.

LISEZ !

« Je suis heureux aujourd’hui, et c’est à vous que je confie cela. Parce que quand quelqu’un dit l’affaire covacs, si je lui demande qu’est-ce qu’il entend par l’affaire Covacs, personne ne peut répondre. Si quelqu’un peut me dire c’est quoi l’affaire Covacs je serai heureux. Personne ! Mais tout le monde en parle. C’est le loup garou. Tout le monde parle du loup garou, on ne l’a jamais vu. Il sera difficile aux gens de pouvoir parler avec précision de ce qu’ils ne savent pas. Au lieu d’aller aux sources, ils forgent, ils affabulent pour jouer aux plus importants, aux plus malins et tout. On les regarde faire et on suit.

Je vous avoue solennellement ce soir, qu’il n’y a pas eu «d’affaires Covacs» avec moi Chabi Kao. Il y a eu le «dossier Covacs» qui est un montage politique que nous avons mis en place pour renverser le Président Ahomadégbé, parce que nous étions à deux doigts d’une guerre civile entre le Nord et le Sud. Je le révèle aujourd’hui, vous pouvez demander aux collaborateurs d’Ahomadégbé qui sont encore là. Cette affaire-là, je l’ai montée avec Kérékou et Baba Moussa, paix à son âme, qui est décédé. Même le Président Maga ignorait ça. Nous l’avons monté, c’était pour éviter que le sang coule une fois encore. S’il n’y avait pas eu ce montage du dossier Covacs, le montage politique d’un dossier qui existe réellement, dont je vais vous parler, s’il n’y avait pas eu ça, le sang aurait coulé entre le Nord et le Sud. Pourquoi ?

Quand le tour du Président Ahomadégbé approchait, qu’il devait prendre le pouvoir, les services de renseignement ont dit partout qu’ils ont des raisons de croire que le Président Ahomadégbé s’il prend le pouvoir, il y aura coup d’Etat. De faire en sorte que le Président Ahomadégbé renonce à son tour. Ou bien il dit à Maga de continuer ou bien il arrête et puis on revient aux élections normales mais il ne faut pas qu’il prenne son tour. Les gens ont essayé de le contacter, plusieurs pays; je ne vais citer aucun pays; plusieurs pays ont essayé de le contacter soit directement, soit par délégation interposée, où on lui a dit de sources sures, « tu n’iras pas loin, renonce au pouvoir. Si c’est de l’argent que ça rapporte, nous sommes prêts à te donner cet argent-là pour que tu renonces ».

Ahomadégbé a refusé. Toute son équipe a refusé parce qu’ils ont dit que les fils des autres régions ont porté le «grand collier», et qu’il faut aussi qu’un Houégbadjavi d’Abomey porte aussi ce grand collier même s’il doit mourir trois jours après. Et c’est ainsi donc que Ahomadégbé a refusé de renoncer à son tour, ce qui est normal. Mais il s’est fait que entre Ahomadégbé et Kouandété, il y avait eu une menace de mort. Quand il restait deux ou trois mois pour que Ahomadégbé prenne son tour, j’arrivais au palais de la République où Maga était Président, quand dans les escaliers, Ahomadégbé et Kouandété se sont saisis aux collets. J’arrivais en ce moment. Et tout le monde est venu les séparer. C’est ainsi que je les entendais dire, Kouandété dit « moi vivant, tu ne prendras pas ton tour, si tu prends ton tour de Président, je vais te tuer ». Et Ahomadégbé de répondre : «  je prendrai mon tour et c’est moi qui vais te tuer». Voilà les menaces qu’ils se sont proférées. Automatiquement, on en a parlé au Président Maga qui a appelé Ahomadégbé. Celui-ci a dit au président Maga de demander à Kouandété de retirer ses mots, sinon, il sera sanctionné. Kouandété réplique que lui ne retire rien de ce qu’il a dit. Maga a dit « dans ce cas-là, on sera obligé de te sanctionner ». Kouandété a dit qu’il est prêt à toutes les sanctions. Mais il martèle que si Ahomadégbé prend son tour, il va le tuer, lui Kouandété.

Il y avait en effet, quelque chose qui les opposait il y a longtemps. Je ne vais pas rentrer dans ce détail. Donc, j’ai assisté à cette scène-là. Maga a fait tout pour les réconcilier mais en vain. On s’est tu et l’affaire semblait s’être calmée. Il restait un mois ou un mois et démi pour que Maga passe la main à Ahomadégbé. Kouandété ayant appris que Ahomadégbé a refusé toutes les avances qui lui ont été faites de renoncer à son tour s’est dit : « si je laisse Ahomadégbé prendre, ça ! Il m’aura ». Et Kouandété a fait une tentative de coup d’Etat. Il a pris tout le camp militaire de Cotonou en otage. Le Gouvernement lui a intimé l’ordre de cesser immédiatement, mais chaque fois que nous envoyons quelqu’un représenter le Gouvernement, on le prend, on l’enferme là. Les officiers, tous étaient enfermés. Kérékou qui était le Chef d’Etat Major Adjoint est allé plusieurs fois, mais on ne lui a pas permis d’approcher le camp pour aller discuter. On lui dit tout le temps, « halte là ! », et on tire des tirs de sommation. Kérékou a dû tout abandonner. Et ça durait plus d’une semaine que le camp militaire de Cotonou a été pris en otage par Kouandété et tous les officiers. Tout ce monde était là, et on ne trouvait pas de solution. On ne trouvait plus personne pour aller négocier. Un soir, on nous a convoqués en conseil extraordinaire des ministres. Nous ne savions pas quel était l’ordre du jour, et c’est dans la salle qu’on nous a informé que le Chef de l’Etat en exercice, et les deux autres se sont réunis et décidé ce qui suit : « ça fait plus d’une semaine qu’un seul individu est en train de narguer tout un Gouvernement, ce n’est pas possible. Il faut que force reste à la loi. On a donné un ultimatum à Kouandété. On lui a dit que si ce jour d’aujourd’hui, à 21 heures il ne dépose pas les armes, des dispositions sont prises pour qu’on rase le camp militaire. » Et des instructions auraient été données à la gendarmerie de Porto-Novo de Owens, parce que la gendarmerie était très équipée, on lui a dit de faire une marche sur Cotonou. Arrivé à Cotonou on lui dira les consignes, mais nous on nous a informés qu’on va lui demander, avec les engins lourds qu’il a, de tirer, jusqu’à ce que Kouandété se rende. Et donc, les trois présidents ont tenu à nous en informer ce soir-là en conseil des ministres. Alors, on a tous pris peur, moi le premier. Et j’ai dit : « mais, messieurs les Présidents, le camp militaire de Cotonou, c’est en pleine ville ! Il y aura trop de civiles qui vont mourir si on tire à l’aveugle! » On m’a répondu « mais qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? ». J’ai demandé s’il n’était pas encore possible de négocier. Maga a répondu « ça suffit !». Apithy a dit « ça suffit ! ». C’est Ahomadégbé qui m’a défendu en disant : « le jeune homme a peut-être une idée, laissez-le parler ! C’est ainsi qu’on m’a laissé parler, j’ai dit « bon, donnez moi encore une chance, j’irai voir Kérékou pour voir ce qu’on peut faire. Reculez l’heure de l’attaque.» On m’a autorisé à aller voir Kérékou, mais « si avant 00 heure, Kouandété ne dépose pas les armes, ne nous dis plus rien, on donne le signal et puis le camp sera rasé, tant pis, tant pis ! ».

…Et j’ai dit à Oussa Albert, il est là, qu’on lui pose la question, il était ministre de la santé, et j’ai dit à Ouassa de m’accompagner chez Kérékou. Kérékou est là qu’on lui pose la question aussi. Et nous sommes allés réveiller Kérékou, qui dormait déjà en face du petit palais. Il a dit, « mais ne me dérangez pas ! » On lui a expliqué tout, mais il dit « qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu veux que je fasse ! J’ai déjà tout essayé moi-même, ma vie a été en danger, je ne peux rien ! Ça dépend de vous, c’est vous le Gouvernement, ce n’est pas moi ! » . Je lui ai demandé d’aller encore essayer, parce que voilàce qui a été décidé, tout à l’heure la gendarmerie va tirer avec des armes lourdes à distance sur tout le camp. Il y a une poudrière, quand ça va exploser, ça sera un carnage dans la ville de Cotonou. Il a vu que c’était sérieux, il a dit qu’il va essayer mais qu’il ne promet rien. Mais qu’il nous demande à nous de prendre l’engagement, s’il arrive à amener Kouandété à la rémission, que nous les civiles politiciens on ne va pas se mêler; que cette affaire est militaire puisque c’est avant tout eux les militaires qui ont été justement déconsidérés par Kouandété. Eux-mêmes, ils ont des tribunaux militaires et qu’ils vont les juger. Je le rassure que le Gouvernement prend l’engagement de ne pas s’en mêler. « A cette condition je vais essayer encore», conclut-il. Nous sommes retournés Ouassa et moi en conseil des ministres rendre compte. Et puis, on a attendu. Tous, on transpirait, on attendait que le téléphone sonne. Et vers 00h moins quelque chose, le téléphone a sonné. Je ne sais plus qui a pris et automatiquement on a passé au Président Maga et il s’est écrié : « Ah ! Kouandété s’est rendu ! ». Dans la salle du Conseil des ministres, nous tous on a bondi comme des gosses. On était heureux. Voilà comment l’épisode s’est terminé. Kouandété s’est rendu, on l’a arrêté. Les Docteurs Boni Pierre, les Affouda,… tous ceux-là avaient été arrêtés, on les a enfermés en prison. Et puis nous avons cru que l’affaire était enterrée. Le Président Maga préparait donc la restitution du pouvoir à Ahomadégbé au mois de Mai. Mais entre temps, les présidents et les ministres du monde entier étaient invités à aller en Iran pour un centenaire; et Maga a été invité. Il a emmené trois ministres : moi, Paoléti et Joseph Kèkè.

Le Président Maga se demandait à qui confier l’intérim. Nous lui avons proposé que comme Ahomadégbé va bientôt prendre son tour, de lui confier l’intérim pour lui faciliter la tâche. Il a jugé que c’était une bonne idée et c’est ainsi que le Président Maga a confié son intérim à Ahomadégbé. Nous avons pris l’avion. Nous sommes partis. Les militaires avaient commencé déjà à juger les Kouandété au niveau de leur tribunal. Ils étaient contents qu’on ait tenu l’engagement. Mais dès que nous avons pris l’avion et que nous avons décollé, nous ne sommes même pas encore arrivés en Iran quand Ahomadégbé a mis sur place un tribunal d’exception; il a récupéré le dossier et il les a fait comparaître devant ce tribunal d’exception pour les faire condamner, une bonne partie à mort, une bonne partie à perpétuité. Les gens ont téléphoné à Maga. Maga voulait revenir, j’ai dit « non, pourquoi tu vas revenir, c’est déjà fait, c’est fait. Etant donné que c’est lui qui va prendre le pouvoir dans quelques semaines, il va gérer son dossier, ne t’en mêle pas ! ». A notre retour, le Président Ahomadégbé a voulu faire un rapport d’intérim à Maga. Maga a dit « non, il reste deux semaines à peine pour ton tour, garde ton rapport d’intérim et continue de gérer ». C’est ainsi que le Président Ahomadégbé a été très embarrassé. Il voulait que le dossier soit au cou de Maga parce qu’on avait pris l’engagement de ne pas s’en mêler. Maga en partant a dit « ne t’en mêle pas », mais Maga a tourné le dos, il s’en est mêlé. Kouandété a dit « Kérékou nous a trahi », et Kérékou a dit « vous les ministres, le Gouvernement, vous m’avez trahi. Parce que si je n’avais pas dit à Kouandété que les civiles n’allaient pas les juger, Kouandété ne se serait jamais rendu, je le connais ».

Voilà l’engrenage ! Le tour d’Ahomadégbé est venu. Il a pris son tour. Dieu merci, ça s’est passé sans …

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