Bénin : Liberté pour Yayi Boni !

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Depuis les événements des 1er  et 2 mai, Monsieur Yayi Boni, l’ancien chef de l’État ne serait pas sorti de chez lui, selon ses proches. A ce propos, Monsieur Yayi a écrit une lettre  à des Chefs d’État de la sous-région, notamment à Monsieur  Muhammadu Buhari du  Nigeria, qui est le Président en exercice de la Cédéao. Dans ce message, Monsieur Yayi lance un appel au secours pour sa sécurité, euphémisme qui renvoie aussi à sa liberté.

En effet, dans son  courrier Monsieur Yayi fait état de ce que  « son domicile est constamment encerclé avec une circulation continue de chars dans le quartier. » Et Yayi Boni  en appelle au leadership du président en exercice de la Cédéao pour que : « des dispositions soient prises en urgence pour assurer ma sécurité, celle de ma famille et des opposants ».

Il y a au moins deux façons d’emprisonner physiquement quelqu’un – Je dis bien physiquement car l’emprisonnement mental existe aussi, et le plus souvent c’est nous-mêmes qui  en portons les chaînes. Deux façons d’emprisonner :

  1. La première, consiste à jeter directement l’intéressé en prison, c’est-à-dire à le placer dans un établissement pénitentiaire ayant pour fonction le confinement et ou la privation de liberté, dans un but correctionnel ou pénal.
  2. La deuxième façon, c’est d’amener vers lui le dispositif de confinement et/ou de privation de liberté propre à un établissement pénitentiaire.

Si on s’en tient à cette définition, quelle que soit la modalité d’emprisonnement considérée, force est de convenir que l’ancien Président de la République, Monsieur  Yayi Boni, qui est  empêché de sortir de chez lui par un dispositif de confinement des forces  armées qui font le siège autour de son domicile ; qui ne peut plus aller et venir comme la constitution lui en donne le droit et comme la bienséance le voudrait en raison du respect dû à son rang  ; force est de convenir, dis-je, que Monsieur Yayi Boni est en prison.

Monsieur Yayi Boni est en prison pour avoir demandé aux Béninois de prendre leurs responsabilités face au coup de force à l’œuvre à la tête du pays au mépris de la constitution ; Yayi Boni est en prison pour avoir dit : «  ils vont d’abord passer sur mon cadavre » faisant référence à la nomination des 83 députés à laquelle procède  le pouvoir par un simulacre d’élection, et ses gesticulations subséquentes.

Le régime a donc pris très au sérieux la furie de l’ancien Président ; à ses yeux, ses propos constituent une incitation à la révolte. Raison pour laquelle, dans son style répressif passablement soviétique – illustré par la pluie de convocations qui s’abat actuellement sur les opposants appelés à tour de rôle à s’expliquer devant la police sur leurs faits et gestes– le pouvoir a considéré que la place de Yayi Boni était en prison. Dans le même ordre d’idées, le manifestant Denis Djossou qui a eu la main arrachée par une grenade de l’armée a été soustrait du Cnhu où il suivait des soins, présenté au procureur puis  déposé à la Prison civile de Cotonou. Pour le régime, sa place n’était ni à l’hôpital ni en liberté chez lui, mais en prison. Le gouvernement ne recule devant aucun cynisme. Tout est bon pour dissuader d’éventuels futurs résistants au coup de force qui, si l’installation prochaine des 83 députés nommés par le pouvoir se faisait comme prévue, atteindrait alors sa sinistre apothéose.

Le peuple Béninois ne doit pas être dupe de la situation qui est faite actuellement à l’ancien président. Il s’agit bel et bien d’un emprisonnement. Averti, les Béninois, tous autant qu’il sont, doivent exiger la libération immédiate de Yayi Boni de Prison.

C’est le moins que doive faire le peuple pour autant qu’il veuille prendre ses responsabilités.

Amouda Lègbè, Juriste, Strasbourg

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