Pour une Afrique Africaine et Ouverte aux Quatre Vents

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Sous couleur d’opposition au discours de Macron et à la politique française, ce document tente de faire  passer en contrebande des thèses néocolonialistes enrobées dans une rhétorique « de gauche ». Mais dans sa bonne volonté faussement naïve, il ne prend en compte ni l’avis ni la pensée ni les intérêts des Africains. Il raisonne comme si les Africains, ces Noirs, esclaves des Occidentaux et les Blancs ces racistes, cupides et impénitents, avaient un destin commun spécifique inscrit dans le marbre de la création et différent de ce qui pourrait nous lier à tout être humain, qu’il soit Chinois, Indien ou Australien ! Dans son lyrisme subtil, le document fait usage de consensus frauduleux. L’un de ceux-ci consiste à dire que si les Africains ne s’étaient pas mobilisés par centaines de milliers pour venir au secours de la France durant la seconde guerre mondiale, la France ne serait pas libre aujourd’hui. Mais les Africains sensés ( Et, Dieu merci, il en existe) ne revendiquent nullement la libération de la France. Ils ne se sont jamais portés au secours de la France de leur plein gré ; ils ont été forcés à le faire !  Pour peu qu’on soit cohérent et conscient de soi, comment revendiquer le résultat d’un arbitraire indépendant de votre volonté ? Si on avait demandé leur avis, et s’ils voulussent faire montre d’un peu de mémoire et d’intelligence, les Africains auraient opposé une fin de non recevoir catégorique aux cris de secours de leurs oppresseurs pris dans l’antre délétère de l’oppression. Au contraire, ils seraient restés à l’écart en exultant de joie de voir leurs maîtres, les Français, goûter à leur tour aux délices amères de l’oppression…

Non, l’idée d’un destin commun spécifique avec la France est insidieuse. En effet, dans l’injustice et l’arbitraire raciste de nos rapports, qu’avons-nous en commun avec la France ? Tout ! Mais dans l’hypothèse d’une justice, et d’une conscience de soi affirmée, que devrions-nous avoir en commun avec la France ? Rien ! Les Européens restent en Europe ; les Africains restent en Afrique, pendant que l’Europe répare les crimes qu’elle a commis sur les Africains durant les cinq derniers siècles. Et tant que ces crimes ne seront pas réparés, cette séparation salutaire et salubre devrait rester de mise.

La véritable issue pour l’Afrique est celle de son autonomie culturelle, économique et militaire… L’Afrique a intérêt à diversifier ses liens avec le monde : l’Inde, l’Asie, la Chine, le Brésil, etc… Et de préférence, elle devrait se méfier de ceux qui l’ont, comme les Occidentaux, déjà saignée, et continuent de la saigner de façon impénitente.

Contrairement aux consensus frauduleux de ce  document tendant à accréditer une communauté et une naturalité de destin entre l’Afrique et la France, nous n’avons et ne devons avoir rien de commun avec ceux qui nous mettent en esclavage et nous tournent en bourriques depuis cinq siècles ! Il faudrait être stupides pour se laisser bercer par le discours lénifiant d’une hypothétique communauté de destin entre le maître et l’esclave, entre la proie et le prédateur. Il faut fermer l’Afrique pour 500 ans à l’influence néfaste des Blancs, pour être sûr qu’elle puisse s’en sortir ; toute autre option est infantile, aventureuse, et suicidaire!

Aminou Balogun

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