Publié dans Cont-ext, Débat

Kemi Seba, Bientôt Made in Bénin

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MESSAGE A LA JEUNESSE AFRICAINE (ET A NOS CAMARADES DE LUTTE. PEU IMPORTE LEUR COULEUR)
Kemi Seba: Ma bien aimée famille, (du continent africain, de la diaspora, et des prolétaires en général),
La période que nous traversons est cruciale. Nous sommes en plein processus de changements déterminants qui laisseront des traces indélébiles dans l’Histoire de notre population et des luttes de décolonisation. Car oui, c’est bel et bien une lutte de décolonisation dont il s’agit.
Ce combat que nous menons aujourd’hui au péril de nos vies, a été mené avant nous par tant de nos aînés, Hommes et Femmes Honorables qui ont versé leur sang pour que nous puissions nous tenir debout aujourd’hui. C’est une course de relais et nous ne sommes pas loin de la ligne d’arrivée .Nous devons honorer nos aïeux, non pas seulement dans des prières (nécessaires évidemment) mais aussi en ACTION, en perpétuant et adaptant leurs combats au temps présent. C’est aussi cela, vivifier la tradition.
Ils sont tous tombés pour que nous puissions franchir la ligne d’arrivée. Nous n’avons plus droit à l’erreur. Il nous reste quelques kilomètres pour atteindre notre souveraineté. La révolution civique que nous menons est avant tout une révolution sociale, provenant de ceux qui n’ont rien et qui ne comprennent pas qu’une minorité, blanche et noire, et autre, ait droit à tout.
L’Afrique est la terre nourricière PAR ESSENCE. Mais le capitalisme prédateur la force à nourrir tout le monde (surtout l’élite financière internationale), sauf ses propres enfants. Cela doit cesser.
Le combat que nous menons contre le CFA (colonialisme Français en Afrique ou aux Antilles) va plus loin qu’une seule problématique monétaire. Que nos économistes et autres intellectuels ne se trompent pas. Cette lutte exprime la volonté de souveraineté intégrale de notre peuple. La volonté d’autodétermination politique, militaire, culturelle, sociale et économique. La rue africaine (et caribéenne) veut la liberté de choisir sa propre destinée.
Nous ne cherchons pas de guerre de race. Nous cherchons juste à avoir à la table de l’égalité notre place. Nous ne voulons point de suprématie. Nous voulons par contre définitivement l’Afrocratie (le droit à l’autodétermination pour le peuple africain et les afrodescendants). Nous ne fermons pas la porte aux autres peuples sincères qui souffrent et qui nous soutiennent. Ils sont nombreux. Mais nous disons à ces derniers, si sincèrement vous nous aimez, laissez nous nous autogérer. Ne faites pas comme ces paternalistes, soi-disant humanistes qui pendant trop longtemps ont prétendu parler pour nous mais ont refusé de nous donner la parole. Nous voulons nous définir par nous-mêmes pour nous-mêmes. Briser nos chaines nous-mêmes. Nous corriger si nous nous trompons nous-mêmes. Pas sous l’injonction de qui que ce soit. En le faisant, c’est l’Humanité que l’Afrique aidera.
Le 16 Septembre est une étape cruciale, après l’affaire du billet brûlé. Nous avons le 19 Août allumé une feuille. Nous souhaitons désormais brûler (symboliquement) toute la forêt nommée « Francafrique ».
Finir ce que nos aînés ont commencé. Obtenir (de manière structurée) notre propre monnaie. Chasser de nos terres les bases militaires étrangères, les ONG occidentales (ou autres) qui disent vouloir nous aider pour ensuite pouvoir nous diriger. Chasser les multinationales. Éradiquer la mal gouvernance, le népotisme, la corruption, l’ostracisation de la matrice de l’Humanité que sont nos mères, nos femmes, nos sœurs. Eradiquer la prévarication de la majorité de notre population. Le 21ème siècle sera celui des sociétés civiles. C’est le peuple qui va gouverner. Et ceux qui seront à la tête de ce peuple ne pourront être que nos relais, et pas nos dictateurs.
Le sommet sans la base tombe à terre et devient un simple caillou. N’oubliez pas, chers dirigeants africains, que vous n’êtes rien sans nous. Ecoutez le peuple. Cessez de prioriser les intérêts des forces exogènes (et des vôtres, via les backchichs) et tendez la main a vos enfants. Nous ne sommes pas contre vous. Mais nous sommes contre le processus (Françafrique) dans lequel vous êtes engagés.
Je partirai au BENIN en début du mois prochain, terre à partir de laquelle j’installerai le nouveau bureau d’URGENCES PANAFRICANISTES. Après quoi, je ferai avec les nôtres le tour des pays de la zone Franc. Et ça ne sera pas pour le tourisme. Ni pour de la violence. Seulement pour obtenir notre libération.
L’Afrique libre ou la mort, nous vaincrons;

Kemi Seba

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