Publié dans Essai, Haro

Côte d’Ivoire : Armée Zéro, École Héros !

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Parce qu’ils ont des armes de part la nature de leur métier, les soldats ivoiriens, ont déclenché une mutinerie qui a été politiquement apaisée à coup de milliards. Il paraît que chaque soldat aurait touché 6 des 12 millions de FCA qu’ils ont exigés, et qu’ils étaient 8500 anciens rebelles à prétendre à ce pactole. A ce train, hormis leur intégration dans l’armée, c’est près de 102 milliards CFA que l’Etat ivoirien doit payer à ces rebelles, comme solde de leur contribution armée à la prise de pouvoir violente par Ouattara ! 18300 euros par tête de rebelles, 156 millions d’euros au total, il faut le faire dans un pays sous-développé d’Afrique !

Leur chantage a réussi. Pour éviter l’instabilité politique, les violences et guerres de triste mémoire par lesquelles le pouvoir actuel est arrivé à existence, son leader a mis la main à la poche, et a joué le jeu d’une solution pécuniaire de la crise. Sage exécution, puisque outre  ses arrières pensées politiciennes, c’est-à-dire in fine régionalistes, le but de la manœuvre est de soutirer de l’argent au gouvernement.

Si 8500 soldats ont réussi à extorquer  102 milliards CFA au gouvernement, tout simplement parce qu’ils sont armés, 100 000 enseignants, qui sont au demeurant plus utiles à un pays sous-développés de l’Afrique que de vulgaires soldats, pourraient en faire autant. Certes non pas en s’armant de craies ou de crayons, qui n’ont jamais fait peur à personne surtout pas en Afrique où on ne lit pas, et préfère faire le lit de la bêtise. Non, ces 100000 enseignants, véritables fantassins de la République pourraient s’organiser en  armée. Ayant à leur tête un groupe futé en affaires, la corporation des enseignants peut emprunter de l’argent auprès d’une banque à hauteur de 10 milliards de CFA intérêt compris ; avec cet argent, elle peut s’acheter des armes et équiper ses engagés volontaires de la maternelle à l’université. Après une brève formation de ses troupes, l’état-major de cette armée d’enseignants tactiquement défroqués lancerait une vaste offensive de grève nationale et de désobéissance légale tous azimut avec des opérations coup de poing attentant à la paix nationale, en exigeant du gouvernement le paiement de 300 milliards de FCFA pour solde de tout compte. Leur slogan serait « l’Armée est zéro, l’école est héros !»

Face à leur nombre, à leurs armes, et à l’anomie qu’ils auront instaurée en l’espace de quelques jours, le gouvernement, comme ce fut le cas pour les militaires, se verrait dans l’obligation de céder. Après tout, quand on a été en mesure de débloquer 102 milliards pour apaiser le chantage de 8500 soldats qui non content d’être entrés par effraction dans l’armée se permettent de faire chanter toute une nation, on doit accepter d’en faire autant pour 100 000 enseignants qui ont troqué leurs outils inoffensifs habituels contre de vraies armes.

Au nom de la paix, le gouvernement sera obligé de céder. Les trois cents milliards demandés par la brave armée des enseignants seront débloqués. Toute déduction faite des prêts initiaux, il restera à l’armée des nobles insurgés un joli pactole à se partager.

Sous ses dehors imaginaires, l’idée suggérée ici n’a rien d’extravagant. Certes elle se veut une manière de révolte contre la prise en otage ignoble de toute une nation par des soldats qui, au mépris des lois de la Démocratie,  font un chantage à la paix et à la stabilité politique pour se faire payer des sommes que rien ne justifient, comme de vulgaires voleurs à mains armées. Si un quarteron d’oligophrènes armés peut soutirer des milliards à l’État par chantage à la paix, que ne pourrait faire la Grande armée de l’éducation, pour peut qu’elle s’organisât ?

Adenifuja Bolaji

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