Publié dans Essai, Haro

Bénin : le Peuple Face au Naturel Prédateur de Talon

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Beaucoup s’en prennent volontiers à ceux qui ont élu Talon, parce que celui-ci actualise sans états d’âme sa vraie nature de prédateur. Le dernier acte en date n’est-ce pas son opération de préemption immobilière sur un bien de l’État ? Pour autant ceux qui l’ont élu  n’ont pas à rougir de leur acte, et encore moins ne devraient-ils se culpabiliser. La faute en revient à Yayi qui, dans la peur bleue de voir son ennemi juré accéder au pouvoir, a commis une série de bévues idiotes dont la conséquence a été la réalisation de son cauchemar. Le schéma électoral que M. Yayi s’est échiné à présenter au pays ne lui laissait pas d’autre choix que celui d’une réaction de rejet de la hantise néocoloniale incarnée par le candidat français,  pièce rapportée dans le giron politique national. Ce que représentait Zinsou était trop grave pour que le peuple béninois eût à réfléchir par deux fois avant de le rejeter énergiquement et sans hésiter. Et fatalement, dans un contexte éthique où l’argent décide de tout en politique, ce rejet signifiait l’élection de Talon. Les plus riches sont venus en tête du scrutin, et le plus riche d’entre tous l’a remporté. Cette logique censitaire est à regretter et à combattre, mais elle n’est pas la première cause de l’arrivée au pouvoir de Talon, qui fut l’œuvre diabolique de l’idiotie phénoménale de son prédécesseur.

Quoi qu’il en soit, l’heure n’est pas au regret. Pour un patriote réfléchi, le choix de Talon, si on avait à le faire, s’imposerait derechef. Cette affirmation s’inscrit en faux contre la formule simplement rhétorique du Président Soglo selon laquelle il s’agirait d’un choix entre la peste et le choléra. Non, dans les circonstances de l’élection présidentielle de 2016 on ne pouvait, on ne saurait renvoyer dos à dos Talon et Zinsou. Mais au-delà de ce choix dramatique qui jure avec l’éthique, la dialectique de la volonté populaire doit, comme un chat après un saut périlleux, retomber sur ses pattes. Le Bénin n’est pas la propriété d’un seul homme, fût-il milliardaire ou Président de la République. Il appartient aux Béninois, tous autant qu’ils sont, de défendre et illustrer ce principe démocratique. Face au Naturel Prédateur de Talon, l’heure n’est pas au regret mais la lutte continue

Aminou Balogun

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