Pour Contrer la Manipulation de l’Effet Performatif des Sondages par le Camp Sarkozy

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Pour entretenir l'espoir dans son camp et l'esprit de ses électeurs, pour ne pas subir l'échec symbolique d'un président sortant donné battu au premier tour par un challengeur, à un moment donné ou à un autre de la scansion frénétique des courbes de sondages, le camp Sarkozy et son armée de charlatans sondeurs devraient finir par pondre, sous le couvert d'un institut aux visées douteuses, le sondage crucial qui porte Sarkozy en tête !
C’est chose faite en ce jour 13 mars (Dieu merci ce n'était pas un vendredi !) où un sondage IFOP crédite Sarkozy de 28,5 % contre 27 % à François Hollande. Ainsi, le point d’inflexion de la comparaison des deux courbes d'opinion est trouvé !
L'événement a lieu en un moment médiatiquement crucial qui se situe au lendemain du rassemblement de Villepinte, où Sarkozy a donné la substantifique moelle de son projet de candidat président qui s’articule autour des mille et une façons de décliner la problématique lepéniste de la fixation sur l'immigration comme étant un problème et non une solution pour la France : satisfaction psychologique qui obsède l'électorat FN et la droite conservatrice en général, que Sarkozy est condamné à courtiser ou périr. Quand on observe les chiffres qui annoncent l’inflexion providentielle on se rend compte qu’ils brillent par leur spécificité et leur valeur symbolique. Alors que jusque-là les chiffres des sondages antérieurs qui donnaient François Hollande vainqueur au premier tour étaient souvent des nombres entiers, ici les chiffres de l’inflexion publiés par IFOP sont des nombres décimaux ; l'air de signifier qu'ils ont une certaine précision, qu'ils résultent d’un calcul poussé, opéré avec minutie ; que le tamis par lequel ces chiffres sont passés est un tamis de haute précision.  
L'offensive médiatique s'appuie sur la manipulation sondagière pour restaurer le candidat Sarkozy dans son espérance et sa dignité symbolique ; il s'agit aussi d'exploiter l'effet performatif des annonces de sondage, et sur leur base, justifier l'injustifiable, donner le petit coup de pouce qu'il faut pour forcer le destin. Car sauf surprise, comment espère-t-on gagner lorsqu’en en tant que président sortant les sondages vous donnent perdant ?
Qui dit manipulation dit évidemment mensonge. Cette mise en scène de l'inflexion des courbes d'opinion n'est pas nouvelle dans le modus operandi du système Sarkozy. Déjà en 2007, lorsqu'il était face à Ségolène Royale, la même manipulation avait été mise en jeu. Pendant des mois, Ségolène Royale, le temps d'être adoubée par le parti socialiste, a été portée aux nues dans les sondages. Puis dès qu’elle a été désignée candidate du Parti Socialiste, et surtout à date bien choisie du premier tour, l'inflexion décisive a été trouvée qui a permis à Sarkozy de prendre définitivement les devants dans les sondages et d’être donné gagnant au premier et au second tour.

Maintenant, nous assistons de la part du système Sarkozy et de l'armée de ses charlatans sondeurs au même scénario basé sur le mensonge et la duperie. À la différence près que chronologiquement, les deux périodes de mensonge se croisent et son inversées.

Avec Ségolène Royale, le mensonge était situé avant le point d'inflexion, c'est-à-dire que les sondages qui donnaient Ségolène Royale gagnante avant sa nomination comme candidat du parti socia-

 

liste étaient pour l'essentiel pipés ; et ceux qui, après le point d'inflexion la donnaient perdante étaient vraies. En revanche, avec l'offensive d'inflexion lancée ce jour sous la bannière statistique de l'institut IFOP, qui place Sarkozy en tête au premier tour, s'ouvre une période de sondages pirates qui s'efforceront de placer Sarkozy en tête avec une incrémentation progressive afin de lui conférer une avance significative et symboliquement décisive. C'est-à-dire que les sondages qui ont été faits jusqu'à présent et qui donnaient François Hollande gagnant sont vrais. L’embarras ou le point faible pour l'équipe des charlatans sondeurs du camp Sarkozy est que leur offensive mensongère se situe à un moment où, contrairement à ce qui s'était passé en 2007, leur réfutation reste du domaine du possible, et constitue une condition nécessaire pour assurer la sauvegarde de la vérité de l'opinion. Face à ce passage en force, subtil et mensonger, l’opposition républicaine, le parti socialiste, la gauche, et tous les instituts de sondage qui se respectent, et qui ne conçoivent pas de leur profession une occasion de vendre du brouillard à prix coûtant ont l'obligation de crier haut et fort l'exacte vérité de l'opinion ; au nom de la démocratie, ils ne doivent pas laisser un seul clan imposer l'ordre de sa stratégie de manipulation de l'opinion. Cela suppose de ne pas s'en laisser compter et de faire imperturbablement leur travail d'éclairage de l'opinion, pour ne pas laisser s’établir un consensus frauduleux. Le tout dernier sondage TNS Sofres qui donne 4 points d’avance à François Hollande au premier tour est une réplique pour le moins démocratiquement salutaire. Pour lutter contre la prise en otage de la Démocratie par la manipulation de l’effet performatif des conditionnements de l’opinion, aux sondages truqués, répondre du tac au tac par de vrais sondages

Ahandessi Berlioz

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