Publié dans Haro, Humor

Sarkozy en son Vaisseau IFOP a Fait un FLOP

haroGrâce au vaisseau IFOP Sarkozy a tenté de faire son entrée dans l’atmosphère de la Grande MANIP SONDAGIERE, qui contrôle la pesanteur électorale par cristallisation de l’effet performatif des annonces d’intention de vote.

Mais manque de bol, l’opération a tourné en eau de boudin. Forte de l’expérience de 2007 où le téléchargement de Ségolène Royale fut un succès de bout en bout, la gauche, veillait au grain. Dans sa vigilance stellaire, l’état major du candidat de gauche a su apporter la riposte en temps et en heure ; ce tac au tac tactique a déséquilibré le calcul de

 

la gravitation dans l’atmosphère de cette planète tant convoitée en période électorale.

Résultat, ce fut un flop .. Cet échec inaugural est la preuve du faible rayonnement d’une étoile morte qui s’échine à vivre de l’écho des lueurs du passé.

Aminou Balogun

copyright3

Publicités
Publié dans Critique, Essai

Pour Contrer la Manipulation de l’Effet Performatif des Sondages par le Camp Sarkozy

image

Pour entretenir l'espoir dans son camp et l'esprit de ses électeurs, pour ne pas subir l'échec symbolique d'un président sortant donné battu au premier tour par un challengeur, à un moment donné ou à un autre de la scansion frénétique des courbes de sondages, le camp Sarkozy et son armée de charlatans sondeurs devraient finir par pondre, sous le couvert d'un institut aux visées douteuses, le sondage crucial qui porte Sarkozy en tête !
C’est chose faite en ce jour 13 mars (Dieu merci ce n'était pas un vendredi !) où un sondage IFOP crédite Sarkozy de 28,5 % contre 27 % à François Hollande. Ainsi, le point d’inflexion de la comparaison des deux courbes d'opinion est trouvé !
L'événement a lieu en un moment médiatiquement crucial qui se situe au lendemain du rassemblement de Villepinte, où Sarkozy a donné la substantifique moelle de son projet de candidat président qui s’articule autour des mille et une façons de décliner la problématique lepéniste de la fixation sur l'immigration comme étant un problème et non une solution pour la France : satisfaction psychologique qui obsède l'électorat FN et la droite conservatrice en général, que Sarkozy est condamné à courtiser ou périr. Quand on observe les chiffres qui annoncent l’inflexion providentielle on se rend compte qu’ils brillent par leur spécificité et leur valeur symbolique. Alors que jusque-là les chiffres des sondages antérieurs qui donnaient François Hollande vainqueur au premier tour étaient souvent des nombres entiers, ici les chiffres de l’inflexion publiés par IFOP sont des nombres décimaux ; l'air de signifier qu'ils ont une certaine précision, qu'ils résultent d’un calcul poussé, opéré avec minutie ; que le tamis par lequel ces chiffres sont passés est un tamis de haute précision.  
L'offensive médiatique s'appuie sur la manipulation sondagière pour restaurer le candidat Sarkozy dans son espérance et sa dignité symbolique ; il s'agit aussi d'exploiter l'effet performatif des annonces de sondage, et sur leur base, justifier l'injustifiable, donner le petit coup de pouce qu'il faut pour forcer le destin. Car sauf surprise, comment espère-t-on gagner lorsqu’en en tant que président sortant les sondages vous donnent perdant ?
Qui dit manipulation dit évidemment mensonge. Cette mise en scène de l'inflexion des courbes d'opinion n'est pas nouvelle dans le modus operandi du système Sarkozy. Déjà en 2007, lorsqu'il était face à Ségolène Royale, la même manipulation avait été mise en jeu. Pendant des mois, Ségolène Royale, le temps d'être adoubée par le parti socialiste, a été portée aux nues dans les sondages. Puis dès qu’elle a été désignée candidate du Parti Socialiste, et surtout à date bien choisie du premier tour, l'inflexion décisive a été trouvée qui a permis à Sarkozy de prendre définitivement les devants dans les sondages et d’être donné gagnant au premier et au second tour.

Maintenant, nous assistons de la part du système Sarkozy et de l'armée de ses charlatans sondeurs au même scénario basé sur le mensonge et la duperie. À la différence près que chronologiquement, les deux périodes de mensonge se croisent et son inversées.

Avec Ségolène Royale, le mensonge était situé avant le point d'inflexion, c'est-à-dire que les sondages qui donnaient Ségolène Royale gagnante avant sa nomination comme candidat du parti socia-

 

liste étaient pour l'essentiel pipés ; et ceux qui, après le point d'inflexion la donnaient perdante étaient vraies. En revanche, avec l'offensive d'inflexion lancée ce jour sous la bannière statistique de l'institut IFOP, qui place Sarkozy en tête au premier tour, s'ouvre une période de sondages pirates qui s'efforceront de placer Sarkozy en tête avec une incrémentation progressive afin de lui conférer une avance significative et symboliquement décisive. C'est-à-dire que les sondages qui ont été faits jusqu'à présent et qui donnaient François Hollande gagnant sont vrais. L’embarras ou le point faible pour l'équipe des charlatans sondeurs du camp Sarkozy est que leur offensive mensongère se situe à un moment où, contrairement à ce qui s'était passé en 2007, leur réfutation reste du domaine du possible, et constitue une condition nécessaire pour assurer la sauvegarde de la vérité de l'opinion. Face à ce passage en force, subtil et mensonger, l’opposition républicaine, le parti socialiste, la gauche, et tous les instituts de sondage qui se respectent, et qui ne conçoivent pas de leur profession une occasion de vendre du brouillard à prix coûtant ont l'obligation de crier haut et fort l'exacte vérité de l'opinion ; au nom de la démocratie, ils ne doivent pas laisser un seul clan imposer l'ordre de sa stratégie de manipulation de l'opinion. Cela suppose de ne pas s'en laisser compter et de faire imperturbablement leur travail d'éclairage de l'opinion, pour ne pas laisser s’établir un consensus frauduleux. Le tout dernier sondage TNS Sofres qui donne 4 points d’avance à François Hollande au premier tour est une réplique pour le moins démocratiquement salutaire. Pour lutter contre la prise en otage de la Démocratie par la manipulation de l’effet performatif des conditionnements de l’opinion, aux sondages truqués, répondre du tac au tac par de vrais sondages

Ahandessi Berlioz

copyright3

Publié dans Critique, Essai, Pub

Sarkozy L’Héritier Naturel : De la Lepénisation des Esprits à la Naturalisation du Lepénisme

image

Avant, lorsqu'un personnage du paysage politique français proférait un propos ou une remarque inspirée du Front National de Jean-Marie Le Pen, cela suscitait un émoi dans toute la classe politique, choquait le pays tout entier, et l'affaire, relayée en boucle par les médias, faisait grand bruit. Et les personnages en question n'étaient pas forcément très en vue ni d’un rang élevé dans le gouvernement de la république ; ils pouvaient être un député ou un maire à la sensibilité droitière assez prononcée, tout au plus un ministre de l'intérieur sans scrupules en mission de voiture balai dans le champ scabreux du Front National.
L'émoi prenait parfois une tournure juridique agressive lorsque des associations ou institutions plus ou moins spécialisées menaçaient ou allaient jusqu'à porter plainte au nom de la défense des victimes ou des valeurs de la France. Toute cette police éthique visait surtout à faire barrage aux idées du Front National. La perception naïve de ces idées était basée sur un modèle ternaire, qui correspond au modèle de la propagation d'une émission ; ce qui supposait en tant que telle une source–le Front National, M. Jean-Marie Le Pen–une direction,–le rayon du cercle national menant aux différents secteurs de la population. Ce modèle, malgré la toute-puissance médiatique de sa perception, relevait d'un arbitraire idéologique commode. Il allait de pair avec la diabolisation de la source, en déniant symboliquement le fait que Jean-Marie Le Pen ou le Front National, loin d'être les dépositaires des idées dont ils se faisaient les hérauts, n’en étaient que les réflecteurs. Un ancien premier ministre avait pu dire avec perspicacité que le Front National posait les bonnes questions mais apportait les mauvaises réponses. Le modèle ternaire de l'émission ainsi privilégié usait de la même méthode que sa source désignée. En effet, dans ce modèle, la désignation de la source entretenait une analogie avec le mode de fonctionnement de la source elle-même ; elle était pour la perception du Front National ce que les étrangers ou les immigrés représentent pour le Front National : à savoir un bouc émissaire. C'est ainsi qu'on en est arrivé à parler de la lepénisation des esprits. Ce qui avait pu conduire un président de la république à parler de « seuil de tolérance » en matière d'immigrés. L'idée de la lepénisation accrédite le modèle de l'émission et son succès, en dépit de toutes les mesures prises pour en limiter la portée ou les effets dans l'esprit du grand nombre.
Aujourd'hui, 20 ans en moyenne après les temps forts de ce modèle, force est de constater qu'il a atteint son but. En l'espace d'une décennie, on est passé de la lepénisation des esprits à la naturalisation du lepénisme, à sa déclinaison sur tous les tons dans les sphères les plus élevées de la société politique. Le lepénisme fonctionne comme un corps d'idées qui réfère la réalité sociale et politique à ceci près que la modalité de référence a une prédilection marquée pour l'émotionnel, le fantasmatique, et le délire à l'exclusion d'une perception rationnelle et sereine. La thématique essentielle du lepénisme, la désignation du bouc émissaire, érigé en exutoire et en objet de transaction, surdétermine, positivement ( à droite) ou négativement (à gauche) la posture, les propos, et les projets des hommes politiques notamment à droite. La naturalisation du lepénisme

 

 

a tellement pris la relève de la lepénisation des esprits que le président de la république, avec des mots à peine atténués fait campagne pour sa réélection avec comme axe thématique et idéologique central le recours obsessif à la désignation de l'immigré comme bouc émissaire, et la problématique de  l'immigration comme étant la source de tous les maux dont souffre la France. Sur la palette des préoccupations xénophobes, antimusulmans et anti-immigrés classiques du Front National, M. Sarkozy, puisque c'est de lui qu'il s'agit, se fait présent et comme un recycleur moderne, reconditionne selon son style et sa personnalité ces mêmes préoccupations dans un emballage au label républicain douteux, et qui porte le sceau d'une ambigüité venimeuse. Ainsi est-on passé de la « France unie » à la « France forte » comme on est passé du « seuil de tolérance » au « trop-plein d'immigrés. » Que ce parti pris xénophobe dont l'intention démagogique ne fait l'ombre d'aucun doute soit celui d'un néo-lepéniste qui n'a pas encore accédé à la fonction suprême peut se comprendre. Mais que cette attitude et les propos qui la traduisent soient le fait d'un président sortant ; qu'un président en exercice, parce qu'il est en campagne électorale, puisse dire tranquillement sur un plateau de télévision : « il y a trop d'étrangers en France » est bien la preuve que le néo-lepénisme a trouvé en sa personne une réincarnation au plus haut sommet de l'État. Mais qu’une telle déclaration n'ait pu émouvoir personne ni dans les médias, ni dans les associations spécialisées ni dans la classe politique encore moins dans l'opposition dite de gauche, est la preuve même de la naturalisation réussie du lepénisme.

Ahandessi Berlioz

copyright3