Nigeria : Obasanjo Lance l’Appel du Clairon pour une Coalition Nationale

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« Qu’est-ce qui a amené cette cette sortie spéciale d’Obasanjo et à publier une déclaration spéciale? » Vous aurez raison de poser une telle question. Mais il y a un dicton Yoruba qui dit que «quand les poux abondent dans tes vêtements, le sang ne séchera jamais sur tes ongles.

« Quand j’étais au village, pour m’assurer que les poux meurent, on les met entre deux ongles et on presse fort pour qu’ils meurent et ils laissent toujours des taches de sang sur les ongles. Pour vous assurer que vous n’avez pas de sang sur vos ongles, vous devez vous assurer que les poux ne sont pas hébergés dans votre voisinage. »

Ainsi commence la déclaration de l’ancien  chef de l’Etat nigérian, infatigable manitou du paysage politique de son pays.

Et, en considérant toutes les difficultés qui assaillent le Nigeria actuellement comme autant de poux gorgés de sang, Obasanjo rappelle les conditions dans lesquelles, en  2015, il eut à prendre faits et cause pour l’élection de Buhari, contre Jonathan qui était pourtant le candidat de son propre parti. Mais depuis lors beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et même si les faits lui donnent raison, grande est sa déception par rapport au bilan de Buhari sur lequel il prononce un jugement sans concession.

lisez plutôt ces extraits édifiants.

(…)
La situation qui a poussé les Nigérians à voter massivement pour que mon frère Jonathan quitte le cheval se joue à nouveau. Premièrement, je pensais connaître le point où le président Buhari est faible et j’ai parlé et écrit à ce sujet avant même que les Nigérians votent pour lui et j’ai voté pour lui parce qu’à l’époque il s’agissait de «n’importe quelle option sauf Jonathan» (TSJ ). Mais ma lettre au président Jonathan intitulée: « Avant qu’il ne soit trop tard » était faite pour qu’il agisse avant qu’il ne soit trop tard. Il l’ignora et il était trop tard pour lui et ceux qui le poussaient à ignorer la voix de la prudence. Je sais que des chanteurs de louanges et des détracteurs peuvent être soulevés contre moi pour une attaque verbale ou même physique, mais si je peux résister à une incarcération non méritée et que je suis prêt à verser mon sang pour le Nigeria, je ne considérerai à aucun moment aucun sacrifice trop grand pour le bien du Nigeria. Pour autant qu’il soit un être humain, aucun dirigeant ne devrait être personnellement fort ou autosuffisant dans tous les aspects de la gouvernance.
J’ai connu le président Buhari avant qu’il ne devienne président et ai déclaré qu’il était faible dans la connaissance et la compréhension de l’économie, mais je pensais qu’il pourrait faire appel à de bons Nigérians dans ce domaine qui pourraient l’aider. Même si je sais qu’on ne peut sonner ce qu’on n’a pas et que l’économie n’obéit pas à l’ordre militaire. On doit donner ce qu’il faut à court, moyen et long terme. Alors ça bougera. Je connais sa faiblesse à comprendre et à jouer dans le secteur des affaires étrangères et, encore une fois, il y a beaucoup de Nigérians qui pourraient aussi être utilisés dans ce domaine. Ils ont des connaissances et une expérience qui pourraient être déployées pour le bien du Nigeria. Il y avait de sérieuses allégations de prévarications contre un noyau intérieur de la présidence qui semblerait avoir été tolérées. Si de telles actions ne constituent pas de la corruption et de la criminalité financière, je me demande alors ce que c’est. La culture de transigeance et du laisser faire couvriront plutôt que de nettoyer. Et pour faire appel à la justice, il faut avoir les mains propres.
Je pensais que le président Buhari allait lutter contre la corruption et l’insurrection et il faut lui donner un certain crédit pour ses réalisations jusqu’ici dans ces deux domaines bien qu’on ne puisse encore pousser un grand hourra de satisfaction!
La question des conflits bergers / agriculteurs s’est envenimée dans l’indifférence délibérée ou involontairement. Ce n’est pas un honneur pour le gouvernement fédéral que les saccages des bergers se poursuivent sans une réponse appropriée des pouvoirs publics et sans y trouver une solution efficace. Et c’est un triste symptôme d’insensibilité que certains gouverneurs, un jour après que 73 victimes ont été enterrées dans une fosse commune dans l’Etat de Benue, sans condoléances, ont de façon joyeuse endossé le président Buhari pour un second mandat! Le moment était le plus malheureux. La question des conflits entre bergers et agriculteurs ne devrait pas être laissée sur la plate-forme politique du refus d’assumer ses responsabilités; Le gouvernement fédéral doit prendre l’initiative de trouver des solutions qui protègent la vie et les propriétés des bergers et des cultivateurs et qui leur permettent de vivre amicalement dans la même communauté.
Mais il y a trois autres domaines où le président Buhari a montré plus clairement ses faiblesses plus que la plupart d’entre nous pourrions l’en soupçonner. L’un d’entre eux est le déploiement népotiste à la frontière du clan et de l’incapacité à discipliner les membres égarés de sa cour népotique. Cela a de graves conséquences sur la performance de son gouvernement au détriment de la nation. Il semblerait que l’intérêt national ait été sacrifié sur l’autel de l’intérêt népotiste. Que fait-on d’un cas comme celui de Maina [ un Directeur de service recherché par la justice pour détournement de fonds et en fuite, et qui fut réintégré dans ses fonctions en catimini] : collusion, tolérance, ineptie, incompétence, manquement à la responsabilité ou priorité donnée à la parenté et à l’amitié de la part de ceux qui auraient dû prendre des mesures disciplinaires visibles et dissuasives? Combien de cas similaires sont enterrés, ignorés ou dissimulés et pas encore à la lumière des médias et du public? Le second domaine est sa mauvaise compréhension de la dynamique de la politique interne. Cela a conduit à diviser sciemment ou involontairement la nation et à élargir et à accentuer les inégalités. Cela a également un effet sur la sécurité nationale générale. Le troisième domaine est celui qui consiste à se défausse. Par exemple, blâmer le gouverneur de la Banque centrale pour la dévaluation du naira d’environ 70% et en blâmer les gouvernements précédents, c’est pour le moins ne pas accepter sa propre responsabilité. Que personne ne nous trompe : l’économie se nourrit de politique et si notre politique est déprimante, notre économie est encore plus déprimante aujourd’hui. Si les choses étaient bonnes, le président Buhari n’aurait pas été invité à les réparer. Il a été élu pour réparer les choses qui étaient mauvaises et non s’engager dans le jeu facile du défaussement. Notre Constitution est très claire, l’une des responsabilités cardinales du Président est la gestion de l’économie dont la valeur du naira fait partie intégrante. La parenté et l’amitié qui placent la responsabilité de la gouvernance entre les mains des non-élus ne peuvent que nuire au bon gouvernement et à la nation.
La maladie du président Buhari a exigé la sympathie, la compréhension, la prière et la patience de tous les Nigérians raisonnables. Cela fait partie de notre culture. La plupart des Nigérians ont prié pour lui alors qu’il était malade à Londres pendant plus de cent jours et il a donné à son adjoint une marge de manœuvre suffisante pour continuer en son absence. Nous avons tous remercié Dieu pour le président Buhari d’être revenu dans un état raisonnablement amélioré et d’avoir bien progressé dans son rétablissement. Mais quel que soit l’état de santé du président Buhari aujourd’hui, il ne doit ni trop forcer sa chance ni taxer excessivement la patience et la tolérance des Nigérians à son égard, peu importe ce que disent ses soi-disant conseillers, qui prétendent l’aimer plus que Dieu ne l’aime et que sans lui, il n’y aurait pas de Nigeria. Le président Buhari a besoin d’une descente de cheval honorable et digne. Il a besoin d’avoir le temps de réfléchir, de se remettre à en forme physiquement et de récupérer et, après un repos approprié, de rejoindre la ligue des leaders nigérians dont l’expérience, l’influence, la sagesse et la sensibilisation peuvent être déployées pour le bien du pays. Sa place dans l’histoire est déjà assurée. Sans détérioration de la santé et de la pression de l’âge, la gestion des affaires du Nigeria est une affaire 25 heures sur 7, et non de 24/7.
Je ne fais qu’appeler le frère Buhari à considérer un repos mérité en ce moment et à cet âge. Je continue de lui souhaiter une bonne santé pour profiter de sa retraite de la fonction publique active. Le président Buhari n’a pas nécessairement besoin de suivre mon conseil. Mais qu’il l’écoute ou non, le Nigeria doit bouger et aller de l’avant.

[Après avoir Porté un Jugement Sévère sur le Bilan de Buhari, Obasanjo a renvoyé dos à dos les deux grands parti du paysage politique Nigerian, l’APC et le PDP, et en Appelle à une Coalition pour Sauver le Nigeria ]

(…) Nous avons besoin d’une coalition pour le Nigeria, ( CN). À ce stade, un tel mouvement ne doit pas être un parti politique étriqué, mais un parti auquel tous les Nigérians bien intentionnés peuvent appartenir. Ce mouvement doit être une coalition pour la démocratie, la bonne gouvernance, le bien-être social et économique et le progrès. Coalition pour sauver et racheter notre pays. Vous pouvez me compter avec un tel mouvement. La dernière fois, nous avons demandé, prié et travaillé pour le changement et Dieu a accordé notre requête. Cette fois, nous devons demander, prier et travailler pour le changement avec l’unité, la sécurité et le progrès. Et Dieu nous l’accordera à nouveau. Bien sûr, rien ne devrait empêcher un tel mouvement de satisfaire les conditions pour présenter des candidats aux élections. Mais si, à un moment donné, le Mouvement souhaite se métamorphoser en un Mouvement qui sponsorise les candidats pour les élections, je m’écarterai du Mouvement parce que je continuerai à maintenir ma position non partisane. La coalition pour le Nigeria doit avoir son siège à Abuja.
Cette Coalition pour le Nigeria sera un mouvement qui conduira le Nigeria vers le haut et vers l’avant. Il doit avoir une place de choix pour tous les Nigérians, en particulier pour nos jeunes et nos femmes. C’est une coalition d’espoir pour tous les Nigérians pour un développement rapide, de qualité et égal, de sécurité, d’unité, de prospérité et de progrès. C’est une coalition pour bannir la pauvreté, l’insécurité et le désespoir. Notre pays ne doit pas oublier le danger concomitant qui l’entoure, l’extérieur et l’avenir. La Coalition pour le Nigeria doit être un Mouvement pour innover dans la construction d’un pays uni, une société socialement cohésive et modérément prospère avec équité, égalité des chances, justice et une économie dynamique et progressiste qui soit autonome et participe activement à la mondialisation, la division du travail et la prise de décision internationale.
Le Mouvement doit tracer la voie du développement et de la trajectoire de développement en vitesse, qualité et égalité à court, moyen et long terme pour le Nigeria sur la base de la durabilité, la stabilité, la prévisibilité, la crédibilité, la sécurité, la coopération et la prospérité, la diminution des inégalités. Ce qu’il faut, c’est de l’amour, de l’engagement et de l’intérêt pour notre pays, pas seulement entre soi, amis et parenté, mais surtout amour, compassion et intérêt pour les pauvres, les défavorisés et les opprimés. C’est notre devoir et notre responsabilité humains de le faire. Ne pas le faire équivaudra à un péché contre Dieu et un crime contre l’humanité.
Certains peuvent demander, que veut encore Obasanjo? Obasanjo n’a jamais rien voulu d’autre que le meilleur pour le Nigeria et les Nigérians et il continuera à ne vouloir rien de moins. Et si nous avons le meilleur, nous serons satisfaits que ce nous vivons soit décrit comme un palais ou une hutte par les autres, et nous rendrons toujours grâce à Dieu.
Je me joindrai donc volontiers à un tel Mouvement quand il sera établi en tant que Coalition pour le Nigéria, CN, décidé à mener le Nigéria vers les hauteurs que Dieu a imparti pour lui. A partir de maintenant, l’aigle du Nigeria doit continuer à planer et voler haut. La CN, en tant que Mouvement, sera nouveau, vert, transparent et doit rester propre et toujours actif, de façon désintéressée. Les membres doivent être prêts à faire des sacrifices pour la nation et à payer le prix d’être des pionniers et de bons Nigérians pour que notre pays joue le rôle qui lui est assigné par Dieu, pour ses voisins, pour sa sous-région pour l’humanité en général. Pour moi, la force et le succès durable du CN proviendront en grande partie du solide engagement d’une population constamment mobilisée à la plateforme de ralliement enté sur le du fait qu’aller de l’avant constitue notre meilleure option pour bâtir une nation qui occupera sa place méritée dans la communauté mondiale. Que Dieu continue à nous garder, nous guider et nous protéger. Amen.

Traduction : Anjorin Bolanle

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