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Bénin : à Materi, 70% des Filles ont Perdu le Nord, L’Éthique a du Plomb dans l’Aile

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«70% des filles de nos collèges vivent avec des hommes issus des différentes catégories socioprofessionnelles y compris leurs enseignants et ce, avec le consentement de leurs parents», constate Antoinette Gnammi, chef du Centre de promotion sociale, pour témoigner de l’ampleur des grossesses en milieu scolaire.

Le phénomène des grossesses en milieu scolaire préoccupe aujourd’hui au plus haut niveau du système éducatif. Le drame n’épargne aucune commune de l’Atacora dont Matéri où vous intervenez en qualité de responsable du Centre de promotion sociale. Quel est l’état des lieux dans la commune la plus peuplée du département ?

J’avoue que c’est un véritable drame qui se joue dans nos communautés avec ces grossesses précoces. C’est à une catastrophe que nous assistons dans la commune de Matéri. Tous les dix collèges de la commune sont affectés par le phénomène. A titre d’exemple, rien que pour l’année scolaire 2016-2017, nous avons enregistré 25 cas  au Ceg Matéri ; à Tchanhoun-Cossi, il y a eu 31 abandons sur 100 filles dont 20 liés aux grossesses et les autres, au mariage précoce. Dans les collèges, 70 % au moins des filles vivent maritalement, soit avec un professeur, soit avec des élèves et quelques-unes avec des personnes issues d’autres couches socioprofessionnelles et ce avec le consentement de leurs parents.
Le cas le plus récent dont j’ai traité est celui d’un garçon en classe de 2nde vivant déjà en concubinage avec une apprentie coiffeuse mère d’un enfant, qui a encore engrossé une élève de la classe de 5e. Le Centre de promotion sociale a dû intervenir pour qu’il accepte la grossesse. La fille a fini par accoucher et l’a rejoint et aujourd’hui il se retrouve sous le même toit avec deux enfants et ses deux compagnonnes. La première ayant été aussi une élève qui a dû abandonner les classes pour l’apprentissage. Les exemples foisonnent.

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