Ukraine, Soi-disant Crimes de Guerre : Au-delà des Anathèmes

Alors que les Occidentaux maintiennent un silence de mort pour le moins cynique sur les nombreuses fois où l’on pourrait parler de crimes contre l’humanisé à leur endroit, les voilà tout à coup très remontés contre la Russie sur ce sujet.

En effet, à peine la guerre commencée en Ukraine que dans leur propagande forcenée,  ils parlaient déjà de crimes de guerre voire de crimes contre l’humanité prétendument commis par la Russie. Mais la question intéressante concernant ces types de crimes qui  agitent les sphères géopolitiques du monde, et qui sont vite avancés pour cacher des intérêts ou flétrir l’ennemi, est moins l’approche juridique quasi  exclusive qui sert de fondement à ces accusations que l’approche pratique c’est-à-dire éthique. En effet, selon l’approche juridique, on a beau jeu de désigner le responsable immédiat  présumé d’un crime de guerre immédiat présumé, et  la messe est dite. Et cette messe n’est plus seulement juridique, elle devient par la force des choses morale. Mais quid des responsabilités lointaines présumables ?

Dans le cas de la guerre en Ukraine, les Occidentaux ont vite fait d’emboucher la trompette de l’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité à l’encontre de la Russie. Mais, sachant que toute guerre est en soi un crime contre l’humanité,  que penser de ceux qui ont fait en sorte que cette guerre en vienne  à être déclenchée ? Que penser de ceux qui l’ont provoquée ? Que penser de ceux qui n’ont rien fait pour la prévenir alors qu’elle était prévisible ? Que penser de ceux qui, en tant que garants des accords censés désamorcer le conflit, ont cyniquement ignoré les nombreux appels de la Russie à faire respecter cet accord par la partie ukrainienne ? Que penser des dirigeants ukrainiens qui, leur pays attaqué par leur puissant voisin, ont préféré le chemin de la confrontation guerrière, perçu comme plus héroïque à celui de la négociation et se sont enferrés dans cette préférence ? Une manière cynique et manichéenne mais Ô combien irresponsable de dire à la Russie et au monde : « A nous la bravoure, à vous les crimes contre l’humanité ! »

Tous ces gens – États, institutions, Organisations, acteurs politiques et dirigeants – n’ont-ils pas quelque responsabilité dans les crimes de guerres ou crimes contre l’humanité présumés qui sont reprochés à la Russie au demeurant sans preuve ?

C’est cela la dimension éthique des crimes contre l’humanité dont  l’Occident rebat volontiers les oreilles du monde lorsqu’il s’agit de ceux dont il accuse  ses adversaires, tandis qu’il entretient savamment un silence de mort sur ses propres atrocités autrement incommensurables en nombre et en barbarie. Les crimes contre l’humanité ne doivent pas se limiter à leur seule dimension  juridique ; la dimension politique et éthique doit être aussi considérée. Car la judiciarisation exclusive du crime contre l’humanité est plus une manière de continuer la guerre par d’autres moyens que de faire justice aux présumés victimes des crimes dénoncés.

Adenifuja Bolaji

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