Colonel Civil Dévi, son Histoire, et ses 21 Épouses

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Le colonel civil Dévi, un justicier réhabilité

blog1.jpgLa vindicte populaire a atteint ses heures de gloire en 1999 dans les départements du Mono et du Couffo. A la tête d’une milice, « Camp né Adja », un « Zorro » du pseudonyme de Colonel civil Dévi, a cruellement tué avec la complicité active des populations de Djakotomey, Klouékanmè, Azovi, Dogbo et environs plus de 600 criminels ou supposés selon les estimations de la ligue des droits de l’homme au Bénin. Au plan local, la nostalgie de cette page tragique du renouveau démocratique du Bénin est encore vive. « Dévi a mis fin au vol, au viol, au trafic d’organes humains et aux embuscades », nous a confié le sexagénaire ADAN, conseiller de village de Loko-Atoui. Après des démêlés avec la justice, le célèbre justicier a été réhabilité. Il est depuis 2007 le roi de Loko-Atoui son village natal. Le 13 juillet 2011, il nous reçoit dans sa cour royale. Dans son séjour, sont crânement gravées au mur des photos prises avec l’ancien président Mathieu Kérékou, le révérend pasteur Agbaossi et le général Azongniho. Des motifs de fierté. Paré de ses plus beaux attributs, le colonel civil Dévi, pardon, le roi Lokonon Sowadan sort de sa cour à pas majestueux. Au pas de la porte, ses sujets lui prêtent allégeance et ensemble, nous arpentons les ruelles, à la découverte de son royaume. Une visite guidée de sa Fazenda où ses vingt femmes s’affairent à la préparation du gari. Puis la stèle, un grand monument à son image, érigé le 20 juillet 1999 en reconnaissance de ses « exploits ». Dans un français approximatif, l’homme se laisse aller à des confidences. « Je démens les allégations des mauvaises langues. Je n’ai jamais été appréhendé. Je me suis rendu de mon propre gré à la gendarmerie de Dogbo. Et au procès, j’ai été déclaré non coupable. Je ne regrette rien de tout ce qui s’était passé mais je ne recommencerai plus. Les populations en redemandent chaque fois qu’il y a l’insécurité dans notre zone. Mais moi, Je demande simplement l’aide de l’État pour assurer la sécurité civile de mes compatriotes ». L’icône de la vindicte populaire s’est peut-être reconverti. Mais le phénomène a toujours le vent en poupe. Les dérapages aussi.

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