George Floyd : Bob Marley et l’Origine de Notre Incapacité de Respirer

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Le meurtre de George Floyd a suscité une grosse vague d’émotion et de protestations aux Etats-unis, en Europe, en Afrique et dans le reste du monde. La réaction dans ces trois continents est en lien avec le caractère triangulaire de la tragédie inhumaine dont George Floyd est le produit — la traite négrière et l’esclavage qui ont duré plus de quatre siècles. Mais depuis ce que les Occidentaux ont appelé la fin de l’esclavage, d’autres rapports de domination s’y sont subtilement substitués dont le colonialisme, et actuellement le néocolonialisme, c’est-à-dire la volonté farouche des pays occidentaux de ne pas lâcher le morceau, de continuer à jouir des ressources matérielles et humaines de l’Afrique, une volonté de pérenniser sa conquête.

Or, si la conquête est la traduction de la supériorité militaire et organisationnelle de l’Occident sur l’Afrique, l’idéologie qui la justifie est le racisme. La culpabilisation étant un moteur de la culture judéo-chrétienne, il fallait trouver une justification à l’esclavage, puis au colonialisme et au néocolonialisme, dont l’un des adeptes les plus farouches en Occident est celui-là même qui passe pour le pays  phare des droits de l’Homme. Mais sachant que cette idéologie est le racisme, l’idée que les Noirs sont inférieurs aux Blancs parce qu’ils n’auraient rien inventé, que leurs dieux ne sont que des idoles, leurs langues des patois, leur religion  l’animisme, leur science de la magie, etc. ; que penser du fait que le pays le plus porté sur le néocolonialisme — la France —  passe pour être le pays modèle des Droits de l’homme sinon que le Noir ne fait pas partie de la famille des hommes ?

Donc le fin mot de l’histoire est que pour les Blancs, les Noirs ne sont pas des hommes, quitte à savoir ce qu’ils sont réellement. A l’issue de la controverse de Valadolid, qui allait donner le feu vert ecclésial  à l’esclavage des Noirs, l’éviction du Noir de la famille des hommes a pris une forme théologique, passablement euphémisée.  On avait seulement conclu au fait que le Noir n’avait pas d’âme. Et cela seul a suffi pour sceller son sort pendant plus de quatre siècles. Mais de fait depuis lors, et quels que soient les noms nouveaux qu’ils donnent à la condition des Noirs — libres, indépendant, etc…– il reste que dans les faits, implicitement, les Blancs continuent de s’arroger le monopole de l’identité humaine, et d’en exclure le Noir. C’est de cette double opération magique qu’est mort George Floyd, et bien d’autres. Meurtres d’autant plus scandaleux qu’ils se commettent dans des pays qui se disent civilisés et démocratiques. Si les pays occidentaux sont civilisés, démocratiques et humains comme ils le prétendent — et on peut considérer cette prétention comme crédible — alors en toute logique on ne peut qu’en déduire que le Noir qui est tué comme George Floyd l’a été n’est pas un homme, du moins pour les Blancs.

La source de cette réflexion philosophico-historique vient d’une expérience somme toute banale et qui, aussi banale soit-elle par le fait que bien souvent elle passe inaperçue, elle n’en est pas moins renversante et choquante, révélatrice de l’antinégrisme fondamental et indécrottable des Occidentaux que mille et une protestations d’humanité, mille et une  promesses d’égalité ne changeront jamais.

En faisant une recherche sur google dont le le mot clé est « homme au téléphone », je tombe sur une page où j’ai pu sélectionner tout un ensemble de photos. Sous les photos montrant un Blanc, celui-ci est présenté directement comme « Homme » ou comme « Man », tandis que sous les photos présentant un Noir, celui-ci est présenté comme « Homme noir » ou « Black Man »…Et tout est dit, quels que soient les qualificatifs positifs qui sont souvent ajoutés pour faire amende honorable, la sentence est claire. L’homme c’est le Blanc, et le Noir appartient à la catégorie spécifique d’homme Noir ; qu’est-ce que ça veut dire ? Eh bien, cette catégorie dont un policier blanc peut étrangler le premier représentant venu avec son genou en 9 minutes, bien que celui-ci lui criât autant qu’il pouvait « Je ne peux plus respirer ».  

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Telle est l’origine de l’incapacité de respirer …Et Bob Marley, dans sa chanson prophétique War, nous avait prévenus :

That until there no longer
First class and second class citizens of any nation
Until the color of a man’s skin
Is of no more significance than the color of his eyes
Me say war !

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Source : LyricFind

Paroliers : Bob Marley

Aminou Balogun

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