La Juste Vengeance de George Floyd : Ce que Nous Devons Faire ; Ce que Nous ne Devons pas Faire

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Pour le Noir, avoir à se plaindre du racisme c’est aussi quelque part flatter l’égo de l’inconscient collectif du Blanc.  Car malheureusement les choses sont ainsi faites que le Noir se sent la victime naturelle et quasi exclusive du racisme. Parce qu’il serait Noir, cette couleur aux antipodes de celle que les dominants du monde se sont généreusement attribués, mais qu’il a en partage avec d’autres peuples pourtant moins méprisés que lui par ces mêmes dominants. C’est donc la preuve que, contrairement à la croyance optimiste et simpliste des bonnes âmes, le racisme, cet acharnement haineux que les Blancs — Européens ou Arabes — et dans une moindre mesure les Asiatiques — Mongoloïdes ou Aryens — manifestent vis-à-vis du Noir n’est pas qu’une question de couleur, pour autant qu’il l’eût jamais été.

La cause du racisme c’est la  faiblesse structurelle du Noir – qu’il soit d’Afrique ou de la diaspora, une faiblesse multiforme : symbolique, politique, économique et organisationnelle héritée de l’histoire et perpétuée dans le présent où elle est savamment entretenue. Mais en apparence, vu ainsi, cela semble un cercle vicieux car c’est le racisme qui a inspiré l’esclavage et le colonialisme qui ont à leur tout  désorganisé et affaibli les sociétés africaines et les Noirs. Et ensuite cet affaiblissement acquis  est devenu la cause du rejet instinctif du Noir dans la mesure où  l’apparition de celui-ci en face du Blanc actualise dans la conscience  de ce dernier les crimes atroces qui sont commis et se commettent encore sur le Noir au nom  du bien-être du Blanc.  A l’instar du rêve que Freud caractérisait comme le gardien du sommeil, le racisme est  un gardien de la conscience torturée du Blanc vis à vis de l’histoire et du présent. Ce dualisme historiquement constitué où le Blanc n’est riche et fort  aujourd’hui que parce qu’il s’est enrichi et renforcé aux dépens du Noir, et le Noir n’est faible et pauvre que parce qu’il a été affaibli et appauvri au bénéfice du Blanc ; c’est ce dualisme naturalisé et en même temps refoulé qui motive l’attitude  et la psychologie des Blancs vis-à-vis des Noirs. La même chose aurait pu avoir lieu en ce qui concerne l’attitude du Blanc vis-à-vis des Amérindiens, mais la disparition complète de cette race a épargné au Blanc ce second front de qui-vive émotionnel qu’il aurait eu du mal à gérer.

Mais si pour l’Amérindien ce dualisme est uniquement de source historique et sans enjeu dans le présent, pour le Noir non seulement il a un enjeu dans le présent mais il s’y prolonge aussi en raison de l’impénitence du Blanc et son parti-pris d’exploitation perpétuelle de l’Afrique noire dont les richesses ont du mal à être perçues comme étant dignes de ses habitants.

C’est cette double articulation du dualisme de l’enrichissement/appauvrissement hérité du passé et prolongé dans le présent  sans solution de continuité qui nourrit le racisme des Blancs et des gens à peau claire contre les Noirs africains. De ce point de vue, le racisme anti-noir, l’antinégrisme, bien que relevant d’une idéologie de dénégation et d’exorcisme, s’enracine plus dans l’émotion que dans la raison.

Face à cette  réalité, c’est une bien triste distraction pour le Noir – qu’il soit d’Afrique ou de la diaspora —  que d’avoir à se plaindre à tout bout de champ ou à dénoncer le racisme des Blancs ; car la plainte ou la dénonciation ne font que flatter l’ego de l’inconscient collectif de ceux-ci. Chaque fois que le Noir a à se plaindre de racisme, en même temps que c’est une subtile réduction de sa raison d’être, c’est aussi un hommage involontaire qu’il rend à la supériorité présumée du Blanc qui est à la base de l’idéologie et de la psychologie racistes.  En effet,  depuis des siècles où le Blanc agresse, méprise  et domine le Noir,  il va de soi que pour l’amener à résipiscence, il faudrait bien plus que des plaintes  — qu’elles soient directes et convulsives comme le cri de révolte d’un Malcom X ou indirecte et symbolique  comme une mélodie douce amère de Jazz ou de blues de Billie Holiday.

Au contraire, le jour où les Noirs au lieu de passer leur temps à se dire « mon frère », « ma sœur » alors qu’ils sont les peuples les plus fratricides au monde, vont se donner rationnellement la main et s’unir, tout va changer pour eux sous l’angle du racisme. Quand les Noirs cesseront de tirer fierté du fait de s’instruire et d’instruire leurs enfants dans la langue de leurs bourreaux, quand ils cesseront de trouver naturel d’adorer passionnément les dieux des Blancs – qu’ils soient Européens ou Arabes, quand leur monnaie cessera de porter l’insigne et l’assignation de leurs anciennes puissance coloniale et deviendra le symbole économique et financier de leur souveraineté, alors l’Afrique cessera de marcher sur la tête. Elle libérera son énergie créatrice, dynamisera son savoir et son économie ; elle prendra en main ses richesses et sa destinée. Ses fils et filles imposeront le respect partout et nul Blanc de merde n’osera toucher à un seul de leurs cheveux ; du moins pas plus qu’il ne soit obsédé de le faire à  un Japonais ou un Chinois aujourd’hui.

Adenifuja Bolaji

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