Bénin, Harcèlement Sexuel des Femmes : un Mâle pour un Bien

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On jette la pierre aux hommes harceleurs ; on crie haro sur le mâle dominant et c’est fort juste, car le mal qu’il cause fait mal à toute la société. Mais ce mal, à y voir de près, est-il de source exclusivement mâle ? Rien n’est moins sûr.  Car, pour soigner ce mal qui gangrène le corps social dans son ensemble, il faut revoir toute la chaîne de l’éducation et la femme en tant que mère à son rôle à jouer. Les valeurs qu’elle inculque à ses enfants selon leur sexe sont à revoir. En outre, mérite questionnement le regard que la femme jette sur l’homme en général, les critères qu’elle valorise dans son choix amoureux ou matrimonial ;  il y a aussi – corollaire de ce regard – le sentiment que les femmes ont intériorisé et érigé  en culture et qui les porte à considérer comme naturel le fait que leur charme ou leur physique peut être mis à profit socialement, non pas en termes purement humains ou poétiques, mais en termes expressément commerciaux.

Tant que de par leur éducation et leur culture intériorisée, qui découle de la hiérarchie socialement injuste établie entre les sexes, les femmes seront obligées de choisir les hommes suivant le principe du mieux disant matériel, au détriment  du mieux disant moral, l’homme s’accrochera au firmament de son idiotie phallocratique ; il continuera  de harceler la femme, de la réduire au rang de jouet sexuel : il  continuera de se vautrer dans sa culture infecte de mâle dominant.

Cet appel à l’évolution du regard féminin sur l’homme va de pair avec un appel à l’égalité réelle des sexes, qui doit cesser d’être un vœu pieu ou des promesses sans lendemain. Les gouvernements doivent organiser et  mettre en place les structures d’une égalité sexuelle effective à tous les niveaux de nos sociétés, de façon à ce que, à compétence égale, la femme ait autant de chance qu’un homme dans la vie socioprofessionnelle. L’accès des femmes à des postes de responsabilité doit être encouragé et facilité selon les modalités bien connues de la discrimination positive. Dans la vie politique, à l’Assemblée nationale mais aussi dans la gouvernance locale, les femmes qui représentent au moins la moitié de la population, doivent occuper au moins la moitié des sièges électifs.

La question de la domination de la femme est universelle ; elle traverse toutes les sociétés et tous les âges. Dans les sociétés avancées de l’Occident ou de l’Orient son évolution a dépendu d’une politique volontariste qui a mis en jeu la loi, l’éducation, la culture et l’économie. La loi pour surveiller et punir ceux qui attentent à la dignité et aux droits humains de la femme ; l’éducation et la culture pour créer un imaginaire plus poétique et moins matérialiste des rapports entre les deux sexes ; l’économie pour assurer à la femme son autonomie matérielle sans laquelle la dépendance vis à vis de l’homme fragilise sa respectabilité sociale.

C’est cette double démarche pédagogique et politique seule qui libérera la femme africaine du cercle vicieux de la violence phallocratique, en faisant évoluer les critères bestiaux de son appréciation du mâle pour en faire un bien.

Adenifuja Bolaji

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