Maître Colonial : les Mots et l’Histoire des Maux

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Nous devons faire attention  à l’usage des mots de la langue des Blancs que nous sommes forcés de parler, comme des bêtes qui ne savent pas ce qui est bon pour eux et ce qui ne l’est pas. La langue est un univers symbolique véhiculant au plus profond l’intérêt de sa nation d’origine. Les termes sont plus ou moins idéologiquement inducteurs ou biaisés Ce n’est déjà pas très malin de se voir assujetti à parler la langue de celui qui depuis des siècles s’est juré de nous plumer jusqu’aux os, c’est encore plus compromettant de ne pas faire attention à l’inconscience avec laquelle nous acceptons l’implicite des mots et des termes que nous utilisons sans demander notre reste.

Un de ces termes est l’expression « maître colonial »  pour désigner en Afrique concrètement la Grande Bretagne, la France et parfois le Portugal, l’Italie ou l’Espagne, voire même l’Allemagne.

Mais c’est du foutage de gueule de nous faire dire que la Grande Bretagne ou la France est notre maître colonial, alors qu’il n’était qu’un voleur colonial, un pilleur colonial, un violeur colonial, un exploiteur colonial, un usurpateur colonial, etc… Accepter ce terme c’est aussi accepter de défigurer le sens éminent du mot maître.

Un élève librement inscrit dans une école par ses parents a un maître. Celui-ci l’instruit, lui apporte la connaissance, le savoir,  le savoir être et le savoir faire. Le maître est le modèle de l’élève. Il n’y a rien de contraignant dans leur rapport librement consenti. Les parents de l’élève peuvent décider s’ils le souhaitent de changer de maître ou d’école.

Mais nos peuples en Afrique n’ont jamais choisi tel ou tel pays européen pour venir leur servir de modèle. Comme le disait le Roi Béhanzin à ses interlocuteurs français «  combien de villages français je suis venu occuper ou piller ? », sous-entendu, « pourquoi venez-vous m’embêtez chez moi alors que je ne vous ai pas invités ? »

De par l’esclavage puis la colonisation et leur perpétuation sous les formes sournoises du néocolonialisme dans lequel un pays comme la France est passé maître, les Blancs ne nous ont apporté que de la souffrance et des malheurs sans nom ! Du sang, des larmes, des guerres et la misère, depuis des siècles. Et ils ne veulent pas lâcher prise. Et vous appelez ça « maître » ? Maître de mes deux, oui…

Aminou Balogun

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