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Sciences : Les Présupposés de l’Archéologie Coloniale : le Cas de l’Inde

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À propos de : Sudeshna Guha, Artefacts of History, Archaeology, historiography and Indian Pasts, Sage

L’archéologie, en Inde, a toujours été intimement liée aux enjeux politiques de l’époque. Hier, elle servait à conforter la puissance coloniale britannique ; après l’indépendance, elle s’est souvent faite le relai de thèses nationalistes sur la stabilité millénaire de l’identité indienne.

 Les présupposés de l’archéologie coloniale ont-ils influencé l’identité nationale indienne jusque dans ses expressions les plus populaires ? L’an passé, Mohenjo Daroporta sur les écrans indiens une reconstitution de l’une des cités de la civilisation de l’Indus, entre le second et le troisième millénaires avant notre ère [1]. En inscrivant le célèbre site dans l’épopée nationale indienne, ce péplum de Bollywood défendait la thèse d’une continuité culturelle entre ces premières cités et l’Inde contemporaine. Cette idée n’est pas née de l’imagination des scénaristes de la grande industrie du divertissement du sous-continent mais des thèses de l’archéologie coloniale sélectivement recyclées par les préhistoriens indiens nationalistes.

C’est justement sur la genèse de l’archéologie moderne en Inde que revient Sudeshna Guha, elle-même archéologue de formation, spécialisée dans l’histoire des pratiques muséographiques et les cultural studies. Dans cet ouvrage, cette dernière s’appuie sur les archives de l’Archeological Survey of India et sur la correspondance de plusieurs de ses pionniers. Artefacts of History, Archaeology, historiography and Indian Pasts révèle comment l’archéologie du début du XXe siècle a soutenu l’idée qu’existerait une « identité indienne » stable qui se serait transmise, sans discontinuité, depuis au moins 5000 ans.

L’oubli des pratiques antérieures

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