François Abiola et les Chiens d’Aimé Césaire

blog1

Alors que d’éminents membres ou fondateurs de la FCBE comme Alexandre Hountondji ou Chabi Sika s’insurgent contre l’imposition par Yayi Boni de Lionel Zinsou comme candidat de leur parti à l’élection présidentielle de février prochain, celui qui passe pour le « numéro 2 du gouvernement », monsieur François Abiola se tait. Un silence tonitruant, en chœur avec les fameux chiens d’Aimé Césaire…
Pourquoi Abiola se tait-il ? Pourquoi du reste la question sur son silence se pose-t-elle ? Qui est-il pour que son silence soit une lacune sur la terre politique du Bénin ?. Oui, dans le fond, M. François Abiola ne vaut que la valeur illusoire qu’il s’est conférée progressivement à force de fricoter avec Yayi Boni. Il est originaire du Plateau, de ce Plateau naguère partie intégrante de l’Ouémé, dont la philosophie passablement divisionniste de ces vingt dernières années inspirée par le régionalisme l’en a séparé ; de ce plateau terre des ressortissants yoruba dont Yayi Boni de manière raciste, considère que tout originaire est consubstantiel à ceux qu’il appelle Nago, et doit se définir dès lors comme essentiellement différent et opposé à l’Aja/Fon, donc anti-sudiste et par conséquent éligible à faire cause commune avec le Nord.
C’est ce qui explique la posture politique de François Abiola ces dernières années. Ce qui l’a conduit, libido dominandi du président oblige, dans les beaux draps de Yayi…
Mais avant cela, et après 2006, François Abiola était membre du MADEP de Séfou Fagbohoun. Or, malgré tout le mal que Yayi Boni a fait à Fagbohoun, François Abiola n’a pas hésité à céder aux sirènes enjôleuses de Yayi. La traversée du Rubicond qui signe son émancipation du MADEP a été politiquement mise à profit, aussi bien pour redorer son blason que pour nourrir des prétentions de grandeur nationale. Homme à multiple insertions, Béninois le matin, sudiste à midi, chrétien l’après-midi, et yoruba le soir, il a avec astuce tenu le crachoir ethnique de Yayi Boni dont il s’est fait implicitement le partenaire nago, au risque d’assumer tout ce que cela implique dans l’acception délirante et ségrégationniste de celui-ci.
Si François Abiola se tait au moment où, comme à beaucoup de ses pairs de la FCBE, Yayi Boni vient de lui faire avaler la grosse couleuvre de l’étranger politique Zinsou, c’est tout simplement par sens aigu de ses intérêts personnels, dont il ne s’est jamais départi depuis le début de son idylle avec le pouvoir. Fantasme et volupté politiques obligent, il ne veut pas quitter la proie pour l’ombre. François Abiola se plaît au jeu du deuxième personnage du gouvernement, en attendant d’être le deuxième personnage de l’État et pourquoi pas un jour le premier ? Il pense que sa position à l’ombre de Yayi est une belle position acquise promise à un bel avenir. C’est pour cela que, malgré l’avanie et l’injustice qu’il a subies comme d’autres, plus que d’autres, il troque son silence discipliné contre l’espérance d’une bonne récompense au lendemain du holdup électoral dans lequel Yayi Boni s’est engagé avec la candidature forcée et forcenée de Lionel Zinsou.
Poste d’ambassadeur, de Ministre, de Vice-premier Ministre, de Premier Ministre voire !
Actuellement, sa communication distille des messages ambigus de résistance ou de rouspétance, dans la presse, histoire de protéger ses arrières. Mais ce n’est que pour amuser la galerie. Car, en vérité telles sont les raisons bassement réalistes pour lesquelles notre fameux professeur François Abiola se tait comme les Chiens d’Aimé Césaire

Ayodele Babatope

copyright5_thumb.png