Éthique et Étiquette : Comprendre la Courbette Japonaise

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La signification d’une courbette dépend entièrement de la situation, de la profondeur et de la longueur de temps consacrés. Faire la courbette au Japon vise à témoigner du respect à la personne ou la chose à la quelle on fait la courbette. La hiérarchisation sociale au Japon est très importante. Si vous êtes d’un rang social plus élevé que quelqu’un, vous remarquerez qu’elle vous parlera d’une façon plus polie, s’inclinera devant vous plus profondément. Les courbettes sont seulement l’une des nombreuses façon de montrer respect et humilité devant une autre personne.

Tout dépend de à qui est adressée la courbette, on peut s’incliner plus profondément, plus longtemps, ou même ne pas s’incliner du tout. Au-delà de l’humilité, on peut s’incliner pour toutes sortes de raisons. On peut s’incliner pour saluer, remercier, présenter ses excuses, pour féliciter quelqu’un, et bien d’autres circonstances.

Voici une typologie succincte des courbettes japonaises :

1. La Courbette du-chef ( 5°). Il s’agit tout juste d’un geste de la tête légèrement inclinée vers l’avant. Cela se fait entre amis. Il y a une autre situation où cette courbette peut être utilisée. Si vous êtes d’un rang plus élevé( social, professionnel, etc. ) que la personne à qui vous le faites en manière de reconnaissance

2. La Courbette de Salutation, Eshaku (会釈), (15°). Elle sert à saluer essentiellement des connaissances ou des gens considérés comme pairs. La courbette du-chef est un peu similaire, mais se veut plus familière. Cette courbette en revanche est réservée à des gens connus mais dont le degré de familiarité est limité

3. La Courbette de Respect, Keirei (敬礼), (30°). A ce stade, la courbette exprime le respect. 30 degrés ce n’est pas négligeable. Cette courbette est réservée à votre patron/ou à d’autres personnes de rang supérieur que vous. L’angle d’inclinaison peut être un peu plus élevé que 30°, le cas échéant. En tout état de cause on ne doit pas faire usage d’une telle courbette avec des familiers ou des parents ( sauf s’il s’agit d’une blague).

4. La Courbette de plus Grand Respect, Saikeirei 最敬礼, (45°). Disons que vous avez fait une bévue monumentale, quelque chose de grave, ou vous avez accusé un grand retard à une réunion avec vos supérieurs et vous souhaitez vous faire pardonner, ou alors vous êtes en face de l’empereur. C’est la courbette idoine, parce qu’elle montre le plus grand respect ( ou regret) possible ( tout au moins quand vous n’êtes pas amené à vous mettre à genoux). En principe vous n’aurez pas besoin de ce type de courbette très souvent, du moins si vous avez de la chance.

5. La Courbette à genoux, la tête touchant le sol ( ce qu’on appelle en fon “ donudo”) . Ce type de courbette n’est plus fréquent de nos jours C’est le genre de courbette que l’on voit faire dans les films de Samurai, sur le passage d’un daimyo. Si vous avez commis une bourde dont vous avez peur et voulez vous excuser, vous pouvez tomber sur vos genoux et frapper votre tête contre le sol en guide de repentance. Mais le plus souvent ce type de courbette est rarissime dans la réalité, à moins que ce ne soit dans les cérémonies d’arts martiaux ou au théâtre.

Amida Bashô

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