
Le tribunal des requêtes pour l’élection présidentielle a confirmé Bola Tinubu comme président valablement élu du Nigeria.
Haruna Tsammani, président du comité de cinq membres du tribunal qui a rendu le jugement principal, a fait cette déclaration après avoir rejeté la requête d’Atiku Abubakar du Parti démocratique du peuple (PDP).
Le cas d’Atiku était la troisième et dernière des requêtes visant à la crédibilité de l’élection présidentielle du 25 février, à être rejetée par le tribunal dans son jugement record de 12 heures mercredi.
Le tribunal avait précédemment rejeté les requêtes de Peter Obi, du Parti travailliste, et du All Peoples Movement (APM).
M. Tsammani a estimé que les trois pétitions n’étaient pas prouvées.
Les trois pétitions alléguaient, entre autres, la non-qualification de M. Tinubu pour se présenter à la présidence, des irrégularités et des pratiques de corruption lors des élections, et le fait que M. Tinubu n’ait pas satisfait à toutes les exigences constitutionnelles pour être déclaré vainqueur de l’élection en raison de son incapacité à obtenu 25 pour cent des voix à Abuja, la capitale fédérale.
Le tribunal a résolu toutes les questions formulées pour trancher les affaires contre les requérants et en faveur de M. Tinubu et des autres défendeurs.
Le tribunal a jugé qu’aucune des allégations n’était étayée par des preuves crédibles.
Jusqu’à présent, deux membres du panel – Stephen Adah et Misitura Bolaji-Yusuf, ont adopté le raisonnement et les conclusions du jugement principal.
Leurs opinions concordant avec le jugement principal constituent déjà la décision majoritaire du tribunal tandis que les deux juges restants – Moses Ugo et Abbah Mohammed – attendent leur tour pour rendre leurs propres opinions…
Selon certaines rumeurs, il paraît que pour que la paix interne règne au Nigeria, ce jugement serait le fruit d’une entente politique scellée dans la promesse d’un profil bas sur la question du Niger…
En Afrique, les truqueurs d’élection connaissent la logique du vol électoral et s’en sortent triomphalement. Cette logique se déroule en trois étapes réglées comme du papier à musique :
1. L’achat de conscience auprès des responsables communautaires, et religieux. Paiement cash des voix par électeur, le jour du scrutin( souvent une somme modique mais non négligeable pour les masses affamées). Contrat de trucage passé avec les responsables de l’organisation du scrutin — du sommet à la base —
2. trucage des procédures de votes, bourrages d’urnes; constitution le bandes de voyous électoraux pour menacer les électeurs dans les zones électoralement favorables aux opposants
3. Une fois ces deux étapes bien ficelées, le mafieux — comme le sont tous ceux qui hurlent aujourd’hui comme des veuves effarouchées contre les coups d’État au Niger — est déclaré vainqueur et reçoit avec une alacrité troublante les félicitations de la « communauté internationale ». En vrai démocrate, il ne s’émeut pas du fait que ses adversaires frustrés ne l’appellent pas pour le féliciter, et n’hésite pas, cynique, à leur conseiller de faire appel, comme dans tout état de droit. Les pauvres ne sachant plus à quels sains se vouer — entre guerre civile et échec cuisant, choisissent la voix judiciaire comme dernier baroud d’honneur.
Mais ces Présidents bien établis dans le paysage africain savent que cette voie judiciaire est le tombeau électoral de leur adversaire. Un piège qui n’exclut pas l’action de la corruption… : l’adversaire se fait payer cash, à un prix négocié, le fait d’avoir été ou joué les dindons de la farce. Il faut espérer que Tinubu qui, il y a peu, piaffait d’impatience d’intervenir au Niger, n’est pas un de ces éleveurs de dindons…
Aminou Balogun
