Coup d’état au Niger – Macron, Talon et Déby : le Désarroi Français

Dans son désarroi, la France ne sait plus sur quel pied danser avec le retournement politique du Niger qui met en danger sa mainmise sur le pays. 

Dans un premier temps, Macron envoie Talon, sans dire en quelle qualité. En effet, dans l’escarcelle de ses  ludions, maints choix possibles sont démagnétisés. La Côte d’Ivoire ? Le triste Ouattara est vomi par l’Afrique. Le Sénégal ? La jeunesse dont il a assassiné une bonne trentaine au Sénégal récemment, en veut à mort à Macky Sall. Il n’a aucun crédit pour une telle mission. Le Togo ? Ce n’est pas un despote héréditaire, érotomane et kleptocrate qui viendra faire entendre raison aux militaires du Niger décidés à prendre le destin de leur pays en main. 

D’où le choix par défaut de Talon, considéré aussi comme l’appendice francophone du Nigeria qui préside la CEDEAO. Jusque là, le Bénin en matière d’images a le moins de défauts possible. Ce n’est pas pour dire que Talon est un modèle de démocrate. Mais le Bénin n’a pas brillé par des actions qui hypothèquent l’honneur et l’avenir de l’Afrique comme c’est le cas du Togo, de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal.  

Au contraire, nous sommes le pays de Béhanzin, de Bio Guerra, de Kérékou, l’auteur du coup d’État qui a empêché le voyage ténébreux de Georges Pompidou au Dahomey, prévu pour novembre 1972. 

Bien qu’il soit despote at home, Talon pouvait se prévaloir de l’héritage de dignité de ses prédécesseurs — du moins presque tous, si l’on exclut les bizarreries de Yayi Boni, l’homme plus Charlie que les Blancs pour se permettre de verser de honteuses larmes de crocodile à la face du monde pour leur complaire. 

Choix par défaut de la France, Talon est aussi en mission par intérêt personnel. En effet, le vent menaçant des coups d’État se rapproche dangereusement de son pays. Après le Mali, le Burkina Faso et maintenant le Niger. (Le cas de la Guinée reste obscur et douteux) il ne reste plus que la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin sur la liste. Or un caractère tenace du Béninois est sa propension compulsive à l’imitation. C’est cette disposition plus qu’un quelconque génie national qui a fait du Bénin l’ex-Quartier latin de l’Afrique. Lorsque le Béninois moyen voit quelque chose ou quelqu’un qui a l’air intéressant ou qui a fait quelque chose de profitable ou qui a réussi, il n’a de cesse de le copier, y compris en effaçant toute trace de référence ou de copyright. Et Talon, qui connaît bien ses compatriotes, se méfie d’eux comme de la peste. Un quarteron de capitaines plus ou moins futés ou opportunistes est fichu de jouer à ses dépens les Janvier Assogba et autre Michel Aïkpé… Raisons pour lesquelles, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, il les a affectés en masse dans le Nord du pays. Manière de relégation discrète pour déminer le terrain et parer au risque de coup d’État inattendu. Mais Talon n’a pas le courage de sa mission. Se fendant de quelques rodomontades diplomatiquement impertinentes et déplacées,  il a préféré ne pas bouger. Car ne dit-on pas « qui va à la chasse perd sa place » ? 

C’est pour cela que, en désespoir de cause, le Président français a fait appel au pseudo-fils Déby qu’il a adoubé en dépit du bon sens démocratique, après la mort mystérieuse de son père – scénario qui n’est pas sans rappeler la méthode d’élimination de Kabila père et son remplacement  par son pseudo-fils. Ce recours au pseudo-fils Déby est quand même le comble de la bêtise diplomatique, ou peut-être plus sûrement une manière de prendre les Africains pour des cons. Car, comment envoyer dans ce type de mission destinée à amener à résipiscence les militaires libérateurs du Niger, l’exemple vivant de l’injustice du deux-poids-deux-mesures du discours pseudo démocratique et crapuleux des Occidentaux ?

Adenifuja Bolaji