Chine, Russie, le Fantôme du Colonel

Dans la vie, nous avons ou subissons les conséquences de nos manquements ou de nos lâchetés. Cette vérité vaut pour les individus comme pour les groupes, les sociétés et les États : les plus petits comme les plus grands.

Tout le monde a en tête la citation du pasteur Martin Niemöller :

« Quand les Nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communistes

Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates , je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste

Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour me défendre…« 

Ce regret poétiquement énoncé par le théologien allemand reste plus que jamais d’actualité. Aujourd’hui, les États-Unis font la guerre à la Russie via l’Ukraine, et menacent ouvertement la Chine via Taïwan. Ce n’est pas une Afrique sans Kadhafi qui pourrait leur venir en aide ; mais il est presque sûr que dans un monde avec Kadhafi et une Afrique libérée par ses projets économiques et financiers, les États-Unis et l’Occident auraient eu moins de facilité dans leurs entreprises guerrières, car une Afrique plus forte et debout pèserait de son poids dans la balance des alliances.

Mais, on se souvient que lorsque Kadhafi était cerné parce qu’il était à deux doigts de relever l’Afrique de sa sujétion économique sur laquelle les Occidentaux ont parié leur domination du monde, à l’ONU, ni la Chine ni la Russie ne se sont particulièrement décarcassés pour empêcher leur sinistre hallali. Ces deux grandes nations, qui disposent du droit de veto, ont préféré faire profil bas, sacrifié l’Afrique sur l’autel de leurs fantasmes géopolitiques. Ils espéraient un renvoi d’ascenseur de la part de l’Occident. Au final, tout cela n’a été que rêve et chimère…

Aujourd’hui, il va de soi que la guerre de Libye et l’élimination de Kadhafi ont servi de brouillon à la guerre d’Ukraine ; elles nourrissent le même fantasme de réduction de la Russie et d’élimination de Poutine ; la même volonté de contrecarrer la Chine, de saborder sa montée en puissance économique et géopolitique. Chine et Russie apprennent à leurs dépens que notre liberté commence par celle des autres…

Adenifuja Bolaji

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