Ukraine : l’Europe entre Servilité aux Etats-unis et Masochisme Gratuit

Confrontés à un déclin inéluctable,  les États-Unis se sont mis en tête de créer des conflits opportunistes avec les puissances émergentes perçues comme de potentielles menaces à leur rôle de leader économique et militaire. Le but de ces conflits, espèrent-ils est d’imposer à ces pays un programme de guerre opportuniste susceptible de les affaiblir en chamboulant leur croissance économique.  Comme ils le font ces derniers jours avec  la Chine à travers leurs provocations grossières autour de Taiwan – dont on ne peut dire qu’elles sont du fait de la Chine –, avec l’Europe, ils laissent croire que la crise d’Ukraine se résume à l’invasion de ce pays par la Russie, dirigée par un homme, Poutine, qu’ils font passer pour un alter ego d’Hitler. Dans leur ethnocentrisme autistique, Hitler auquel ils comparent Poutine est le mal historique absolu, et ils ne prennent pas la peine de mesurer cette inhumanité imaginaire au-delà de leur frontière. Or les grossières  provocations américaines autour de Taïwan, montrent si besoin en est que la crise d’Ukraine est plus le fait des provocations occidentales – avec cinq cycles d’avancées de l’OTAN vers les frontières  de la Russie – que de l’invasion russe qui n’est qu’une réaction de Poutine pour y mettre le holà.

Dans ce mouvement concerté dont l’intention sibylline est grosse comme le nez au milieu de la figure, l’Union Européenne sous l’Egide d’Ursula Von Leyen –pour le coup, une vraie Hitler en jupon de par son autoritarisme et sa corruption—s’est lancée à corps perdu. Sa servilité sidérante se donne, comme toujours avec l’Europe, les dehors de la  bien-pensance éthique, de l’amour du prochain, le devoir de solidarité envers un pays frère innocent sauvagement agressé par la barbarie russe résurgente. Ce suivisme idéologique d’une servilité sidérante est poussée jusqu’à la limite d’un masochisme gratuit : prendre des décisions qui vont faire souffrir les peuples européens, notamment les plus pauvres, déjà mentalement pré-conditionnés par l’épisode de covid, pendant que les élites se la coulent douce. Contraintes et privations injustes sans nom qui n’ont jamais fait l’objet de la moindre discussion ou approbation politique, dans des pays qui se disent des démocraties : rationnement énergétique, hausse des prix de l’essence et des biens de première nécessité, inflation à tous les étages ! Une note salée que les peuples européens, conditionnés par l’épisode covid, sont forcés à payer sans broncher pour les beaux yeux présumés de l’Ukraine – pays dit frère qu’ils ignorent complètement et dont l’existence pour la plupart  n’a surgi dans la leur qu’à l’occasion de cette guerre présentée comme sacrée.

Et pourtant à tout bien observer sereinement, on se demande si la voie suivie par les Européens – la servilité à l‘Amérique par masochisme gratuit – est la seule envisageable en l’occurrence. Cette situation au travers de laquelle les États-Unis, ayant décidé d’affaiblir sinon d’éliminer la Russie de leur champ de menace, font payer le prix humain à l’Ukraine et la note économique aux Etats européens qui la font payer à leur tour aux peuples, sans vergogne ni état d’âme.
Pourquoi les Européens ont-ils  renoncé à leur droit à la lucidité et à l’intelligence ? Pourquoi feignent-ils  de croire que la voie de la belligérance à outrance dans le vain espoir de faire plier la Russie est la seule solution possible dans cette crise ? N’est-ce pas bizarre ce choix guerrier exclusif et le refus aveugle de considérer ou de donner une chance à l’hypothèse du dialogue ? Il semble que dans l’idée qu’il ne saurait y avoir deux capitaines dans le bateau européen,  les États-Unis ont fait l’option parfaitement fantasmatique d’éliminer la Russie de Poutine trop intègre pour laisser place à une Europe incarnée par l’UE figée dans une servilité pavlovienne lamentable héritée de la seconde guerre mondiale.

A l’évidence un conflit qui ne se résout que par la guerre est à la fois idéologique et téléologique. Et cette téléologie, qui ne vise qu’à sauver l’Occident d’une mort sûre, est d’inspiration américaine. L’Europe en partage l’idéologie tout en faisant payer le prix économique fort à ses peuples, au nom d’une solidarité avec l’Ukraine pour le moins douteuse. L’élite européenne fait preuve d’un masochisme gratuit ; celui-ci est la traduction du décrochage démocratique dont les institutions comme l’Union européenne, sous les dehors d’une action économique concertée, ne sont que le triste bastion du mépris des peuples.

Adenifuja Bolaji

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