Pass Sanitaire : un Vice sans Fin

On se perd en conjectures sur le bien fondé, l’utilité et la justification scientifique du pass sanitaire. Et le consensus dont il est l’objet dans les média et au niveau des gouvernements est non seulement frauduleux mais intrigant. Le doute qu’il inspire entache même le sérieux qu’on peut accorder à toute cette affaire de covid. Le doute est d’autant plus intrigant que le principe du pass sanitaire est adopté dans plus d’un pays occidental qui se dit démocratique.

Le pass ressemble à une réponse high-tech à une maladie high-tech, comme si, — à l’instar   du « vaccin » lui aussi high-tech – sa seule qualité technologique lui confère l’onction d’efficacité. Ceux qui n’ont pas le pass sanitaire sont censés ne pas circuler librement dans la société, leur mouvement est bridé. Ils ne peuvent accéder qu’à des lieux limités de la vie sociale. Pourquoi ? Eh bien, à en croire les instigateurs de la mesure et les médias qui portent leur voix, parce que non vaccinés, ils risquent de contaminer les autres, étant considérés comme des porteurs potentiels du virus.

L’idée déjà qu’un non-vacciné soit considéré comme potentiellement porteur du virus est une vue manichéenne erronée savamment instillée et entretenue par les médias et les politiques, qui ont trouvé dans le mensonge une nouvelle forme de violence rhétorique décomplexée. Mais ce consensus frauduleux aussi consternant soit-il, reste une petite goutte dans cet océan de contradictions bien organisées.

Les non-vaccinés ne circulent pas librement parce qu’ils pourraient contaminer les autres. Voilà la raison et la fonction du pass sanitaire, réservé aux seuls vaccinés. A moins que, comme les vaccins sont crédités d’une hypothétique protection contre les formes graves de la maladie, le pass ne vise à protéger les non-vaccinés contre le risque de celles-ci. Mais dans ce cas, il s’agit d’une mesure discriminatoire qui n’a rien à voir avec la réduction invoquée de la circulation du virus. Cette distinction est d’autant plus vraie que les vaccinés, on le sait, sont eux aussi de potentiels  vecteurs du virus dont ils peuvent être contaminés tout comme les non-vaccinés.

Alors pourquoi dans une démocratie, certains ont le droit de circuler, de vivre librement tandis que d’autres sont privés de ce droit ? Comment dans une démocratie comme la France, l’Assemblée nationale, le Sénat, le Conseil Constitutionnel, le Conseil d’État, dans une unanimité troublante orchestrent une telle injustice ?  Pourquoi récompenser les vaccinés et punir les non-vaccinés ?

Dans un contexte général de confinement qui ne dit pas son nom, le pass sanitaire apparaît comme une gratification high-tech à ceux qui sont vaccinés, tandis que les autres sont laissés pour compte et culpabilisés d’avoir fait un choix contraire. Et pourtant, choisir de ne pas se laisser inoculer un produit qui, quoi qu’on dise, est encore en phase expérimentale, n’a rien d’aberrant encore moins de criminel. Gageons seulement que la récompense que constitue le pass sanitaire ne se transforme bientôt, avec le syndrome de la dose récurrente, en un vice sans fin.

Aminou Balogun

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