Reines Et Déesses d’hier et d’aujourd’hui

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zinsou michèle 1La Divine adoratrice d’Amon, Karomana et les autres Divines, toutes les Reines de l’Antiquité doivent ĺeur auréole a la Reine ISIS dont la divine conception de Horus son fils a fait d’elle une FEMME-DIEU.
Elles ont été adulées, chantées, louées…pendant des siècles. Mais les heures de gloire de Karomana ont été uniques.

En Afrique noire, au plan traditionnel où le Sacré/le Divin, et où le monde visible et invisible sont intimement liés a l’exercice du pouvoir il n’était pas rare que les femmes qui ont évolue dans la sphère du pouvoir aient des compétences et des Titres qui leur donnaient accès au Divin, au Sacré.
Les Candaces, Reines noires d’au-delà du Nil, au Royaume de Koush adoraient également le Dieu Amon, le Dieu donneur de vie et étaient aussi des stratèges militaires, elles élevaient des temples pour Amon.

Les Reines bantou par exemple, et beaucoup d’autres en Afrique Noire étaient gardiennes des traditions et guerrières.
Elles ont été adulées et respectées parce qu’elles se sont imposées par leur bravoure et leur sagesse, leur maîtrise des traditions.

Dans l’Afrique pré-coloniale, on se souvient également:
La Linguère au Sénégal était mère, sœur ou cousine du Roi et sa Conseillère et a ce titre était tres respectée sur le plan spirituel, politique et militaire. Elles apportaient aussi une assistance morale aux souverains.

La Mataia en pays Haoussa avait le titre suprême de Sorcière et de Gardienne des traditions.

En pays Ashanti, Les Queen mothers. Yaa Asantewa, derniére Queen mother avant l’arrivee des colons britaniques, jouait le rôle de Roi, puisqu’elle assurait son intérim. Elle avait le dernier mot en matière de nomination du Roi parce qu’elle connaissait la généalogie de toute les lignées royales. A ce jour, elles conseillent et soignent le Roi.

Jean Rouch rapporte : au pays songhay, le Souverain Soni Ali Ber, qui a régné au 15eme siècle tenait ses pouvoirs magiques de sa mère.

Le cas unique de Sokhna Magat Diop, Cheikh de la Confrèrerie Mouride, avec le titre de Khalif à Thiès au Sénégal, femme très vénérée et respectée de tous, C. Coulon, Ô. Reveyrand, L’ISLAM au féminin, IEP, Bordeaux I, Centre d’études d’Afrique noire, Travaux et documents, no 25, 1990, 27 pages.

Aujourd’hui, en Afrique, nous avons des femmes actives sur le plan économique et social, mais aussi et surtout, Chef de culte, Gardiennes de couvents, et Servantes des divinités, Gardiennes des traditions également. Au sein de leurs communautés, conscientes de l’importance de la vie et sa sauvegarde, écoutent, comprennent, guérissent des maladies dites incurables, et aident car elles maîtrisent ĺes cérémonies qui entourent la naissance, le baptême, l’initiation, le mariage et la mort.

Quelques exemples au Bénin:
Chez les Yoruba, la première Reine du Palais Alajasè, gère le trésor du Roi, le trésor du palais et les autres reines. La prêtresse de la divinité vénérée dans la communauté s’appelle IYA AGBA, elle est réputée être sagesse et guérisseuse de maladies graves.

En pays Tchabè, les « IYALASHÈ « , iya (femme, maman) et ashè (puissance, pouvoir) souvent des femmes agées ou ménopausées président les cultes, elles gardent les traditions et guérissent.

Chez les Baatombu, la gardienne des rasoirs sacrés, Sa Majeste Gnon Kogui est la seule à raser les rois et les princes et a leur donner un nom apres consultation des mânes des ancêtres. ce sont les femmes baatonou qui « appellent » la pluie en cas de longue sécheresse. Elles traitent et guérissent.

Les exemples sont légion, mais ces femmes ne sont pas adulées comme autrefois. Et pour cause: dans l’Afrique profonde et les sociétés arabisées, le patriarcat fait toujours des ravages.
La femme et la petite fille sont encore ce que l’on prend et ce que l’on donne, ce que l’on vend et ce que l’on achète, ce dont on dispose. Les hommes prennent les femmes, parfois plusieurs. Ils donnent la femme et les petites filles, Le père donne sa fille, l’oncle donne sa nièce, le frère donne sa soeur.

Par ailleurs, la tradition judeo-chrétienne a beaucoup contribué a considérer la femme comme responsable du péché de l’humanité et de la mort du fils de Dieu.
Aucune des trois religions abrahamiques: le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam ne permettent à la femme d’exercer et de diriger les cultes, voire s’approcher des lieux sacrés en ce qui concerne l’islam.
Le Vatican n’a jamais ordonné de femmes Prêtres, pourtant Jésus révèle dans la bible ses mystères a des femmes (la Samaritaine, la Prostituée, la Femme impure pendant 12 ans, Marie de Magdala dans le jardin de la Résurrection).
Les églises charismatiques lui permettent d’être Révérend Pasteur mais seulement parce qu’elles gèrent des empires financiers et excellent a vendre l’illusion du paradis a leurs croyants.
Il n’y a pas de femmes imam.
Dans la tradition judeo-chrétienne, la Femme est dépeinte comme un être impur, cette tare lui viendrait de la Ève biblique, tentatrice et perverse.
La prière quotidienne des juifs orthodoxes comprend cette phrase:
« Béni soit Dieu, le Roi de l’Univers, de ne m’avoir pas crée femme. »

Ces religions dites révélées ont également contribué à la domination qui s’exerce sur les corps et les esprits des personnes du « Deuxième sexe », expression chère à Simone de Beauvoir et qui signifierait, selon elle, « sexe faible », Le Deuxième sexe, Paris, Éditions Gallimard, 1949, p. 14.
Je remercie Amon d’avoir créé les Reines Karomana, Tiyi, Néfertiti et les autres …

Michèle Abègnonhou

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3 commentaires

  1. Juste une précision : Ce n’est pas la divine conception de son fils Horus qui a fait d’Isis une femme-dieu.
    Ousir (Osiris) et Astou (Isis) ont été générés comme dieu et déesse par le démiurge Ré (ou Amon-Ré). Selon la cosmogonie égyptienne (héliopolitaine), Osiris et Isis sont le couple qui a généré tout le genre humain

  2. Bonjour et merci Grand Frère pour cette précision.
    Je le savais, tu le confirmes, je t’en sais gré.
    Je pensais que la conception divine de son fils après la mort de son Epoux Osiris l’avait aureolée d’une gloire particulière !!!

  3. Dans tous les cas, l’importance d’Isis est incommensurable. Osiris n’a pu ressusciter que grace aux (ou avec les) efforts d’Isis. C’est sur elle qu’a reposé l’avenir de l’humanité (selon la cosmogonie). Elle est la personnification de l’importance de la femme dans les sociétés africaines.
    Il est seulement dommage que la filiation patrilinéaire, apparue soit de façon endogène, soit de par l’influence extérieure, soit en train de réduire considérablement l’importance qu’avait la femme en Afrique. Mais nous pouvons encore contrecarrer cette évolution.

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