Monsieur Dossou, Si Talon a Assumé sa Responsabilité, n’eût-il pas été Bon que vous Assumassiez la Vôtre ?

Blog1

Non, Monsieur Dossou, la Constitution béninoise n’est pas entrée dans le coma en 2019 avec Talon. Elle était déjà mortellement blessée au cœur en  2011, lors du holdup électoral de sinistre mémoire dont vous fûtes l’un des acteurs de premier plan. Vous étiez alors assisté de M. Gnonlonfoun, l’actuel médiateur, et acteur principal de la récente comédie de consensus sur l’absence de consensus. A l’époque, vous étiez le Président de la cour constitutionnelle, l’homme chargé d’avaliser le forfait. Monsieur Gnonlonfoun, en tant que Président de la CENA  en était l’organisateur technique. Le peuple attendait de chacun d’entre vous  qu’il fasse son devoir en toute honnêteté. Vous étiez les deux pilotes du vaisseau électoral national. Le peuple espérait que vous les conduiriez avec sagesse et justesse à bonne destination. Mais d’un commun accord, vous les avez envoyés au diable de la perdition démocratique après vous êtes assurés de sauter dans vos parachutes gonflés de milliards… A l’époque, vous en souvient-il, le manitou financier s’appelait Talon, le Trésorier Général de la Marchandisation de la Vie Politique ( TGMVP).

Aujourd’hui, vous dites vous réjouir de ce que, Président de la République, Talon assume sa responsabilité dans la suspension démocratique qui est à l’œuvre. L’honnêteté intellectuelle recommanderait que vous en fassiez autant. Quand on fait partie des assassins de l’aube, on ne vient pas donner des leçons de morale au second couteau du crépuscule, commis aux tâches de finition.

Que ce soit dans la politique directe ou indirecte – votre rôle dans la vaine défense de l’île de Lété tombée dans l’escarcelle territoriale du Niger a coûté des milliards prélevés sur les deniers publics —  vous avez suffisamment fait votre beurre sur le dos du pays pour crânement vouloir donner des leçons d’histoire et de politique aujourd’hui. Mais votre posture actuelle, aussi recommandable soit-elle, bute sur un pépin éthique venu du passé simple : vous fûtes de ceux qui, par le holdup électoral de 2011, portèrent un coup au cœur de la démocratie. Comme des gamins qui se battent dans la cour de récréation, Talon peut bien dire : «  ce n’est pas moi, c’est lui qui a commencé. » Et vous avez beau utiliser le subjonctif imparfait dans la langue honteuse du colon, cela n’y changera rien car là où le Bénin en est actuellement c’est moins le style  que l’honnêteté intellectuelle qui peut nous sauver.

Aminou Balogun

copyright5

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s