Racisme et Syndrome de Caïn : Essai sur le Triste Palmarès des Blancs dans l’Histoire Morale de l’Humanité

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Quand ils ont quitté leur terre étroite et pauvre d’Europe et ont voulu s’installer dans l’Amérique qu’ils ont prétendu avoir découverte, les Européens se sont rendus coupables de deux crimes contre l’humanité dont celle-ci attend toujours réparation en dépit de la chape de dénégation savamment posés sur eux.

Ils ont exterminé les autochtones abusivement nommés Indiens et pillé leur richesse, comme s’ils étaient de vulgaires bêtes.

Ils ont, pour remplir le vide ainsi créé, amené de force les Noirs d’Afrique qu’ils ont, 400 ans durant, transformés en esclaves comme de vulgaires bêtes

Quand ils ont voulu s’installer en Australie, ils ont appliqué à peu près les mêmes recettes qu’en Amérique mais avec des nuances et une certaine subtilité dans la sauvagerie. À l’époque précoloniale, 500 tribus nomades sillonnaient le sol de l’Australie au gré des saisons et des ressources. Tous les clans étaient dispersés de façon très sporadique sur l’immensité du continent. Ce peuple, installé depuis environ 40 000 ans en ces terres, paya et paye encore cher les débordements britanniques assoiffés de pouvoir et de domination. Les épidémies et le massacre réduisirent leur nombre de 1 million à 60 000 individus en seulement un siècle d’invasion.

Quand vers la fin de la seconde guerre mondiale, avec la bombe nucléaire qu’ils venaient de mettre au point, ils avaient le choix de neutraliser l’Allemagne nazie qui était la cause et le cœur du conflit, ils ont préféré tester cette arme aux effets inédits sur le Japon,  mouche du coche et belligérant périphérique qui avait le malheur de ne pas appartenir à la race blanche.

On peut citer bien d’autres actes similaires des Occidentaux dans leurs rapports avec les peuples non-européens, mais ces trois faits historiques suffisent pour affirmer le caractère raciste des agissements des Blancs dans l’histoire. A priori, ceci n’implique  pas que les Blancs ont l’apanage sinon le monopole de l’extermination des peuples qui ont le tort de ne pas leur ressembler physiquement. Mais le fait est que pour se trouver en face de peuples physiquement différents, il faut, sous la pression  de l’exode, quitter chez soi, parcourir de longues distances, dans un temps court, et avoir les moyens de subjuguer les autres. C’est ce qu’on peut appeler une expansion chaude, par opposition à une expansion froide, qui se fait sur de courtes distances, dans le temps long, sans engager de moyens techniques spécifiques.  L’expansion chaude ne peut se réaliser qu’avec la double conjonction d’une certaine capacité technique et de la pression démographique… Sinon la plupart des peuples du monde, et même les Européens jusqu’à un certain moment, n’ont connu que l’expansion froide ; c’est pourquoi ils n’ont pas exterminé toute une race humaine ni « découvert » du jour au lendemain tout un continent ; tout simplement parce qu’ils n’étaient pas sous le coup de la double conjonction qui caractérise l’expansion chaude. Mais le fait que la plupart des peuples n’ont connu que l’expansion froide n’implique pas que s’ils avaient connu l’expansion chaude, ils se seraient comportés de la même manière que les Européens, à savoir  aborder le rapport interhumain sous l’angle du racisme, rejeter l’autre dans de camp de l’animalité, le réifier ou l’exterminer.

Ce qui ruine la défense de l’attitude occidentale – à savoir le fait que  l’expansion chaude exposerait mécaniquement le découvreur à l’extermination des populations « découvertes » – est que, par exemple la Chine, dotée de moyens de navigation performants,  a connu l’Afrique des siècles bien avant l’Occident. Elle a, avec l’expédition de Zheng He au début du 15ème siècle, fait ce qu’on peut appeler une expansion chaude. Mais hormis l’échange commercial, il n’y a pas eu d’extermination, comme les Blancs s’en sont fait la spécialité au détriment des autres peuples qu’ils « découvraient ».

Ce passage du poème de l’un de leurs  écrivains éminents se passe de commentaire :

Le Fardeau de l’Homme blanc

«Ô Blanc, reprends ton lourd fardeau :

Envoie au loin ta plus forte race,

Jette tes fils dans l’exil

Pour servir les besoins de tes captifs;

Pour – lourdement équipé – veiller

Sur les races sauvages et agitées,

Sur vos peuples récemment conquis,

Mi-diables, mi-enfants. »

– Rudyard Kipling

Si on revient sur deux des trois  cas de crimes contre l’humanité cités au début de cet essai, force est de constater qu’ils ne relèvent pas du hasard, mais sont le résultat d’une idéologie culturellement déterminée ainsi que le fait d’une préméditation collective plus ou moins instinctive. En fait, avec les moyens en arme et en transports dont ils disposaient, les Occidentaux ne quittaient pas chez eux, la fleur au fusil, dans l’espoir chrétien de découvrir d’autres enfants de Dieu qu’ils rencontreraient dans un esprit de fraternité, comme leur religion le proclame à longueur de sermons et de pages. En fait, ce qu’ils se disent de façon à peine voilée est qu’ils découvriront des terres dont ils s’accapareront en exterminant leurs occupants. Et ce programme idéologique, enracinée dans la culture chrétienne n’est que la conséquence de ce qu’on appellerait le syndrome de Caïn.

Le troisième cas de crime contre l’humanité cité ne fait que renforcer cette hypothèse ; car quoi, il ne concerne même pas un cas d’expansion chaude ; il n’y avait pas de terre à découvrir ni de peuples à piller. Quand toute logique guerrière et politique commande qu’on utilise des armes inédites contre la nation qui a causé un conflit et qui en demeurait le cœur, mais qu’au contraire on choisit d’utiliser cette arme contre une nation périphérique dont la défaite n’était pas un enjeu décisif dans la victoire, mais dont le tort principal sinon le seul tort est de ne pas appartenir à votre race, alors il s’agit d’une décision raciste. D’une manière raciste, le Japon a été instrumentalisé pour envoyer un signal à l’Allemagne. Parce que, en tout état de cause, on n’entend pas utiliser contre sa propre race une arme dont on ne connaissait pas l’ampleur des dégâts ni la nature des  nuisances, ou du moins parce qu’on ne les connaissait que trop…

Enfin de compte, force est de constater que les Européens, de par leur culture, leur histoire  et leur idéologie – c’est-à-dire leur mode de pensée – sont des peuples fondamentalement racistes. Et le plus grave dans tout ça c’est qu’ils prêchent au monde entier les valeurs d’universalité, d’égalité et d’humanité  qui sont aux antipodes de leur palmarès historique et actuel ; comme pour dénier leurs crimes passés ou pour endormir leurs prochaines ou actuelles victimes.  Et toute la question que se posent les peuples dominés par eux de part le monde est : pendant combien de temps cette horreur anthropologique va encore durer ?

Adenifuja Bolaji

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