L’Afrique et l’Innocence Française

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Ce qui est désopilant, c’est l’atmosphère sophistiquée de dénégation que les Occidentaux cultivent autour d’eux et de leur image, celle qu’ils donnent à voir à eux-mêmes, au monde et aux autres.

Quand vous voyez l’image classique des Blancs, comme la couleur qu’ils se sont attribuée l’indique,  c’est qu’ils sont censés être blancs, blancs comme neige. Cette qualification gratuite et insidieuse vous enlève d’emblée le droit de penser qu’ils peuvent être noirs, dans tout ce que cette représentation perfidement attribuée aux autres charrie de négatif et mauvais. Les Occidentaux sont beaux, purs, intelligents, innocents, aisés, gentils, civilisés, riches, bien nourris, doux, humains, etc…

Sur la photo ci-dessus, on a un jeune couple de Parisiens de retour de shopping sur les Champs-Elysées. Le jeune homme est fringant et smart, la fille est mignonne et radieuse, le couple est romantique et plein de vie.

Mais jamais on n’a idée que ce côté de gens à l’aise et bien nourris, figure moyenne de citadins d’un pays riche, est avant tout celui du pillage et des crimes que leur pays – la France en l’occurrence – a commis à travers l’histoire et continue de commettre en Afrique, continent riche mais auquel les Occidentaux s’acharnent depuis des siècles à dénier le droit de faire rimer noir avec aisance, liberté, et souveraineté. Au contraire, après qu’aidés un peu par la nature, ils ont qualifié les Africains de noirs, ils n’ont de cesse de les enfoncer dans la noirceur, de faire rimer noir avec famine, esclavage, domination, guerres, bêtise, ténèbres, débilité, etc… Or, si les Africains avaient été des blancs de peau et les Européens des noirs de peau, les mêmes Occidentaux auraient imposé les mêmes rapports en inversant les représentations ; puisque celles-ci ont surtout une fonction magique de persuasion et d’auto-persuasion de la naturalité d’une réalité construite et imposée.

Jamais on n’a idée que leur innocence apparente est le fruit d’une culture de dénégation symbolique structurée. Leur bonne foi n’est pas en défaut mais leur innocence est fausse, enracinée qu’elle est dans un fracas de chair et de sang arraché à la souffrance des autres, à la sujétion des autres, au pillage des autres.

Tout se passe comme si ces jeunes de retour d’un shopping sur les Champs-Elysées, étaient les enfants d’une mère azétɔ qui nuitamment se transforme en hibou pour aller s’attaquer à des enfants d’un village étranger. Après des nuits de sabbat et d’orgie, où le sang coule à flot, et des centaines de têtes d’enfants sont décapités pour servir dans des rituels barbares, la mère azétɔ revient chez elle sous ses faux dehors de mère douce et dévouée et apporte la viande des enfants étrangers tués qu’elle présente à sa famille comme de la viande de porc achetée chez le boucher du coin. Et les enfants se goinfrent, sans demander leur reste. Les calebasses magiques remplies d’huile de palme qui traînent dans les coins autour de la maison, les agissements nocturnes de leur azétɔ de mère,  ses  disparitions et apparitions inopinées ont beau paraître suspects aux yeux du voisinage, les rumeurs sur les horreurs auxquels elle se livre ont beau faire le tour du village, les enfants font la sourde oreille et s’en vont gaiement comme si de rien n’était, exhibant aux quatre vents le drapeau de  leur bonheur innocent et de leur satisfaction replète.

Finalement cela en dit long sur le caractère élaboré et sophistiqué de la violence des Occidentaux. Non seulement ils ont les armes physiques pour nous soumettre, mais ils ont aussi toutes  les armes symboliques pour dénier leur violence inhumaine, et même pour  la retourner en son contraire. Nous sommes-nous jamais demandé comment des génocidaires et esclavagistes historiques comme les Occidentaux, peuvent prétendre être issus d’une culture chrétienne de fraternité ? Comment peuvent-ils être les gardiens des valeurs d’humanité ?

Ces questions doivent nous faire prendre conscience que la lutte pour la libération est d’abord une lutte symbolique et mentale. Or, là-dessus nous autres Africains qui sommes forcés ou piégés à parler leurs langues et à pratiquer les religions du livre nous sommes biens  cuits.

Adenifuja Bolaji

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