FSP : À Propos de la Situation Sociopolitique Nationale

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CONFERENCE DE PRESSE DU 29 JUIN 2018

             Mesdames et Messieurs les journalistes,

            Notre dernier point de presse remonte au 18 mai 2018. Des prises de positions particulières sur des faits d’actualité soit du FSP soit des organisations membres ont régulièrement indiqué les vues des démocrates sur les décisions que le pouvoir autocratique ne cesse de prendre contre la vie des citoyens et du peuple. La torture des détenus politiques, Laurent METONGNON et ses co-accusés, se poursuit ; des mesures scélérates contre les libertés et la démocratie continuent d’être prises au niveau des lois que vote le Parlement, notamment dans le code pénal. La proposition du nouveau code électoral comporte des éléments évidents et inadmissibles contre les droits démocratiques des citoyens. On reparle à nouveau d’une révision opportuniste et de façon opaque de la Constitution et en dehors du peuple souverain. Mais ce qui caractérise l’évolution de la situation, c’est le déploiement de la ruse et de la rage à la Cour constitutionnelle par l’avocat défenseur personnel de l’autocratie, Mr DJOGBENOU devenu président de cette cour. Depuis, on assiste à l’annulation de toutes les décisions qui ne plaisent pas au nouveau César. Et tout cela sans aucun égard à la situation du peuple.

            1- Le point de presse se tient plus d’un mois après la suspension cavalière et arbitraire du journal « La Nouvelle Tribune », décidée à titre conservatoire depuis le 23 mai 2018 pour avoir attenté à l’honorabilité du Chef de l’Etat. Mais, alors que la Hacc était en session à compter du 25 février 2018 pour la clôturer le 26 juin 2018, le Président de la Hacc et ses conseillers n’ont pas trouvé un seul  instant pour examiner le dossier du quotidien. Le pouvoir autocratique et les institutions sous ordre savent bien se hâter lentement, prendre leur temps, (le temps que les ordres leur parviennent certainement) comme avait su bien recommander et montrer Me Adrien HOUNGBEDJI à la commission des lois de l’Assemblée nationale lorsqu’il s’est agi de jeter à la poubelle la décision sans équivoque de la Cour Constitutionnelle de désigner et d’installer le Cos-lépi avant le 29 décembre 2017. Pendant plus d’un mois, la Hacc, en session, n’a pas trouvé le temps d’examiner la situation de suspension conservatoire, une mesure d’exception, et promet, nous dit-on d’ouvrir une session extraordinaire à cet effet. Les faits parlent d’eux-mêmes. On poursuit le journal, on punit le journal, on l’accable de redressements fiscaux, on bloque ses comptes bancaires, parce qu’il n’est pas dans la position de chien couchant devant le maître en place. La liberté de presse, le droit à l’information libre ne doit pas prévaloir sous le pouvoir de Talon. Il ne faut pas écrire librement, sans craindre des poursuites, des filatures, que pour chanter ses louanges.

            2- Parmi les dossiers de torture, il y a toujours celui de Laurent METONGNON et de ses co-accusés. Les audiences répétées de façon dilatoire comme pour prolonger la jouissance cynique du bourreau sur les victimes ont confirmé au grand jour la nature politique des poursuites et détentions de Laurent METONGNON et de ses co-accusés. Les témoins à charge à la barre, associés ou agents dépendant du Chef d’Etat accusateur, les avocats du pouvoir, le parquet et le juge ont montré dans leur zèle à servir le maître, le vide du dossier et ce fait inédit d’une justice qui rejette et piétine, non seulement le droit du citoyen, même les décision du juge constitutionnel dont les arrêts sont sans recours. A la dernière audience, le 27 juin 2018, le dilatoire a pris fin et le délibéré qui pouvait être prononcé sous huitaine, et pourquoi pas même séance tenante, est renvoyé au 24 juillet 2018 soit quatre semaines plus tard.

Le ministère dans son réquisitoire de ce dossier vide, reconnu anti-constitutionnel par la Cour Constitutionnel, et sur la base de la parole d’un individu contre tous les autres, demande la condamnation d’un emprisonnement de 5 ans et des milliards d’amende. On peut croire qu’il s’agit d’une blague. Mais c’est ainsi la justice sous Patrice Talon où son bras judiciaire peut classer sans suite l’arrêt en flagrant délit de la tentative avérée de vol de plusieurs centaines de millions de francs des ressources publiques au ministère du cadre de vie dans la surfacturation de plus de cinq fois le prix d’une moto, ou bien prononcer le non-lieu dans le vol des sous destinés à l’approvisionnement en eau potable des populations. Ainsi, au Bénin, Patrice Talon immole le droit, assassine les libertés publiques et installe une justice à deux vitesses : l’infraction est toujours constituée lorsqu’il s’agit d’un opposant, mais ne l’est jamais lorsqu’il s’agit de quelqu’un du sérail du monarque.

Le juge Rodolphe AZO a peut-être bien besoin de prendre son temps pour délibérer, d’attendre des ordres, de jouir des tortures infligées. Le pouvoir a besoin peut-être du temps pour fabriquer encore de nouveaux faux dossiers à leur confier, à lui et au procureur Togbonon contre METONGNON pour le maintenir en prison, comme on le voit dans l’affaire Atao. Mais au FSP, nous disons comme l’ont prévenu plusieurs avocats de la défense dans leur plaidoirie à la barre ceci : « Si tu sèmes du maïs, tu ne récolteras pas du haricot, mais du maïs. Si tu sèmes la justice, tu récolteras la justice pour le bonheur de toi-même et de ta famille. Mais si tu sèmes l’injustice, tu récolteras l’injustice. »

Déjà, non seulement le peuple béninois sait qu’il a affaire à un pouvoir autocratique et à son bras judiciaire en le procureur TOGBONON et le juge AZO, mais Talon est obligé de devoir répondre dans ses missions à l’extérieur qu’il a dans son pays et sous son règne des détenus politiques. L’image et le prestige du pays, conquis de hautes luttes sont chaque jour ternis par le pouvoir autocratique, accapareur de toutes les richesses, repoussant ainsi les investisseurs  et amis du Bénin.

            3-Alors le PAG est en panne. Et le mensonge ne peut plus durer. L’évidence ne peut être continuellement niée. Le pouvoir essaie d’arranger, d’arrondir les angles pour présenter des bilans, tel celui de l’exécution du PIP 2017, publié par le Conseil des Ministres du 20 juin 2017. Le PIP 2017, celui après le lancement en fanfare du PAG est un échec patent. Selon les propres chiffres publiés, près de la moitié des projets inscrits ont été exécutés à moins de 50 %. Rien de concret sur le terrain, et pourtant le siphonage des ressources publiques a été opéré avec un budget de 2010 milliards exécuté à 92%. Où sont passés les sous, est-on bien en droit de demander. Rien de concret sur le terrain, sauf les casses des ateliers et abris des petites vendeuses et artisans des bords des rues et dans les marchés, et ensuite les casses des entreprises concurrentes de celles du Chef de l’Etat et de son clan, occasionnant des milliers de licenciements directs et ensuite indirects comme remarqués actuellement dans le secteur bancaire, autrefois grand pourvoyeur d’emplois. Les performances dans le secteur cotonnier sous le monopole du Chef de l’Etat, ne procure les plus gros bénéfices qu’à lui. Le démarrage des infrastructures promises est continuellement conjugué au futur, pendant que la faim tenaille, la souveraineté du pays piétinée. Le pays s’enfonce dans le gouffre.

            4- Comme pour protéger cette gouvernance de pillage et couvrir l’échec, l’avalanche de lois scélérates ne faiblit pas. Au contraire ! L’Assemblée nationale vassalisée vote les yeux fermés, tard la nuit, des textes aussi importants que le code pénal. Désormais, sont criminalisées des activités de survie et de première nécessité comme la vente du pétrole lampant dans un village ! Toute manifestation peut être réprimée parce qu’un manifestant porterait sur lui un objet pouvant blesser ! Sous couvert de la lutte contre le terrorisme, les perquisitions peuvent se faire la nuit !

            Le nouveau code électoral bloque la voie du Parlement et des mairies aux opposants. Des barrières sont érigées contre le Béninois de l’extérieur qui devra désormais vivre sans interruption pendant un an dans le pays avant la date du scrutin; contre tout candidat de l’opposition à qui le quitus fiscal peut être refusé à tout moment par l’administration des impôts dont on connaît aujourd’hui le zèle à décider des redressements fiscaux à la demande du pouvoir. Si l’on ajoute la déchéance de ses droits civiques de tout citoyen condamné à des peines de trois mois et plus même avec sursis pour délit ; le piétinement de la liberté constitutionnelle d’association avec le rejet des alliances de partis ; le rejet du droit du citoyen de désigner son député par l’imposition d’une clause de liste devant obtenir un pourcentage de voix au niveau national et dans d’autres circonscriptions électorales ; la volonté acharnée de détruire la libre association en partis politiques avec la révision du système partisan que les députés godillots proclament à haute voix qu’elle est bien adossée au nouveau code électoral, il ressort la volonté, la décision d’exclure de la compétition électorale et d’empêcher l’élection de tout concurrent opposant sérieux et déterminé à la gouvernance de dictature autocratique, mafieuse et apatride en cours. Et l’instrument suprême, l’arme fatale, c’est la Cour DJOGBENOU.

            5- En moins de deux semaines d’existence, cette Cour composée d’associés en affaires et d’obligés du Chef de l’Etat, a convaincu ceux qui pouvaient encore douter de sa mission : légaliser et perpétuer la restauration complète et le règne de l’autocratie au Bénin. Alors, il faut annuler, sous le vocable de revirement de jurisprudence, toute décision antérieure limitant la volonté du Chef de l’Etat, toute décision antérieure protégeant les libertés constitutionnelles. Ainsi a été annulée la décision déclarant contraire à la constitution la promulgation de la loi portant le partenariat public-privé. Ainsi, après avoir annulé la décision concernant la durée du Cos-lépi pour soi-disant rétablir la légalité (auparavant piétinée et jetée à la poubelle par eux-mêmes), la Cour DJOGBENOU vient d’annuler, par décision DCC 18-142 du 28 juin 2018 la décision précédente déclarant contraire à la constitution le retrait du droit de grève aux magistrats et aux agents de la santé. Et aussitôt, dans la même journée, toutes ces lois auparavant bloquées par décision de la Cour sont promulguées.  L’attaque coordonnée de la junte au pouvoir contre le peuple a encore opéré. Les droits fondamentaux sont attaqués.

            6- C’est dans ce contexte d’attaques frontales et renouvelées contre la démocratie et les libertés que l’on nous parle encore de révision de la Constitution. Cette fois-ci, c’est la ruse qui opère. Oh, ce n’est plus Patrice Talon et son gouvernement qui introduisent le projet de révision, mais ce sont les députés, barons asservis de la Cour au parlement, les Bruno Amoussou, Kolawolé Idji, Mathurin Nago, Robert Gbian qui introduisent la proposition de révision. On parle de la constitutionnalisation de la Cour des comptes, ce serpent de mer qui revient comme argument à toutes les sauces de révision autocratique et opportuniste. Et pour penser faire passer la pilule, on parle de la discrimination positive pour réserver 24 places d’office aux femmes à l’Assemblée nationale. Mais qu’est ce qui a empêché et empêche donc, aujourd’hui ces « discriminateurs positifs », sans réviser la Constitution, de réserver des places de choix, en tête sur leur liste à des femmes ? Mais pourquoi, le grand discriminateur positif, le Chef de l’Etat n’a pas donné l’exemple en réservant plus de places aux femmes dans son gouvernement ?

Non ! Notre peuple a déjà et à maintes reprises, rejeté toute révision opportuniste et opaque, sans son implication directe, de la Constitution. Ce n’est pas l’absence de la Cour des comptes qui autorise le vol et l’accaparement des ressources publiques, des domaines de l’Etat, du Port, de l’aéroport, etc. Ce n’est pas seulement aux femmes qu’il faut faire de places, d’office et par la loi, à l’Assemblée nationale. Les travailleurs salariés, les jeunes, les paysans, disent et réclament aussi leurs places d’office pour leurs représentants, leurs députés au Parlement pour que cessent les votes les yeux fermés de lois scélérates qui instituent le Contrat à durée déterminée à vie, qui précarisent davantage l’emploi, qui détruit tout droit de défense du travailleur et du citoyen contre les abus et les vols. Nos rois et dignitaires traditionnels réclament leur place au Parlement, comme il est de règle dans tout Etat moderne, dans une Chambre pour examiner la conformité des lois votées par les députés avec les valeurs positives de nos traditions et de notre culture.

La ruse de révision de la Constitution doit être combattue et la proposition de loi constitutionnelle des Talon-Amoussou-Nago-Idji-Gbian doit subir le même sort que celui de Talon-Djogbénou : le rejet catégorique.

7- Que faire ?

 La situation est grave et la mort avancée de la démocratie. Ne nous faisons aucune illusion. La Cour DJOGBENOU tient toutes ses promesses : la légalisation du bon plaisir, de la volonté du Chef de l’Etat en toute occasion et circonstance. L’autocrate a désormais tout, n’entends rien lâcher de gré et nous le montre.

Il faut se lever, maintenant, encore et encore plus largement, plus résolument et de partout, assurés que la victoire est au bout, est au peuple.

 Notre peuple a connu des pouvoirs de monstres à une, deux ou même trois têtes. Il les a vaincus. Aucune dictature ne peut vaincre un peuple organisé. Le pouvoir de Talon et ses hommes nous ont appris que les décisions de la Cour Constitutionnelle ne s’imposent pas ; ils nous ont appris la désobéissance aux lois de la République, y compris celles de la plus haute institution, la Cour Constitutionnelle. Le peuple se le rappellera à coup sûr et au moment opportun. Nous avons le droit et la légitimité de la désobéissance aux lois et décisions de la Cour Talon-Djogbénou.

C’est pourquoi le FSP appelle les travailleurs, la jeunesse, tous les démocrates et le peuple à la résistance, à la détermination dans la lutte contre le pouvoir autocratique.

Nous ne cesserons jamais de répéter, jusqu’à ce que l’autocratie soit définitivement abolie, l’appel ci-après : Que de partout, chaque citoyen qui souffre et se plaint de la gouvernance autocratique, de pillage, d’apatridie et de famine du pouvoir de Talon, refuse d’accepter l’inacceptable que l’on veut lui fait subir dans son coin, et alors l’ensemble de ces refus débouchera certainement, immanquablement comme un torrent qui emporte tout, sur la libération du peuple du joug autocratique.

Alors, des Etats généraux du peuple se réuniront et institueront une gouvernance nouvelle, de probité et de patriotisme.

Enfants du Bénin, debout pour que Vive la démocratie, pour que survive le Bénin !

                                                                                                    Cotonou, le 29 juin 2018

Pour le Comité de Suivi

Le Porte-parole

Jean Kokou ZOUNON

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