L’Afrique et les Ingrédients des Ténèbres

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Selon un lieu commun qui attendrit les Africains, on entend dire souvent que l’Afrique a tout pour réussir.  Beaucoup d’Africains  y croient,  surtout lorsqu’ils l’entendent de la bouche des Blancs, de même ceux qui – ce qui revient au même – fondent leur jugement sur des apparences. L’idée même que l’Afrique aurait tout pour réussir relève d’un paralogisme, voire d’un consensus frauduleux, dans la mesure où ceux qui réussissent de par le monde – continents ou nations – n’ont pas le quart de ce que l’Afrique a.  Cela seul devrait nous faire réfléchir…

Dans la réalité, l’Afrique fait tout pour échouer.

Elle ne valorise pas la pensée. Elle ne lit pas, elle n’écrit pas. Et ce n’est d’ailleurs pas l’époque actuelle qui l’y inciterait. Elle ne réfléchit pas et vit toujours dans l’immédiat, l’instant. Elle ne tire aucune leçon d’un passé qu’elle ignore superbement et qu’elle ne transmet pas.

Et quand l’Afrique fait semblant de lire ou d’écrire, d’une manière pathétique et dont elle ne semble pas consciente de l’aberration, elle ne lit ni n’écrit dans la langue de ses ancêtres ; au contraire, dans une violence symbolique nulle par ailleurs subie, ses élites imposent la langue du colonisateur d’hier et du néo-colonisateur impénitent  de toujours.

La sociologie de l’Afrique est improductive, sans dynamique. Les personnes compétentes ne sont en charge nulle part ; puisque la compétence est le dernier des critères pris en compte dans les structures sociopolitiques. Partout, comme le ver qui fait la nique au cadavre du roi, les médiocres font leur loi, la pluie et le beau temps.

Dans les structures sociopolitiques qui ont fait leur preuve historique et dont les nations prospères du monde actuel constituent la preuve vivante de la validité, le savoir va de l’élite compétente vers la masse ; sa diffusion suit un mode pyramidal en descendant de l’élite des savants vers la multitude qui graduellement le relaie en s’en approprie.

En Afrique, il en va tout autrement. Ce sont les imbéciles qui passent pour savants, et ont pion sur rue. Personne n’écoute les vrais savants, personne n’écoute le poète, le philosophe, l’écrivain, réduits au silence par une perfide conspiration des incultes au pouvoir. Des gens qui devaient constituer la locomotive épistémologique d’une société en marche vers le progrès et la conscience, prêchent dans un désert savamment arrangé qui tient du mépris, de la peur de la vérité.

Nous avons là tous les ingrédients des Ténèbres, sur fond d’un passé épistémologiquement contrarié.

L’échec, dès lors, n’a rien d’étonnant : l’Afrique a peut-être tout pour réussir, mais par ses propres choix, elle fait tout pour échouer…

Adenifuja Bolaji

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