La Rhétorique Subliminale de Sarkozy

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« Je vous demande avec toute la force de mon indignation de retenir des indices et non pas des indices graves et concordants ». C’est par ces mots que Sarkozy commence ce qu’il faut bien appeler sa supplique au juge. Le but de la manœuvre est de l’amadouer pour éviter une mise en examen. Dans l’exposition de sa demande, il va jusqu’à rappeler le précédent méthodologique de ses démêlés avec la justice, dans un cas qui s’est bien fini pour lui. Il suggère la marche à suivre au juge dans l’appréciation de la procédure pénale qu’il convient de lui appliquer. Cette demande à peine sublimable vise à relancer son espoir, dans la mesure où, précédemment la trajectoire procédurale, après avoir commencé en douceur, a atteint son extrémum avant de redescendre vers un niveau de dénouement heureux. D’une façon quasi superstitieuse, Sarkozy rêve de cette même trajectoire, car pour lui, elle tient lieu de porte-bonheur. Peut-être pense-t-il que la manipulation médiatique ou les pressions politiques aidant, les juges s’engouffreront aisément dans cette jurisprudence, qui alors présentera un air de déjà vu.

Mais la force de conviction du juge, et le poids des éléments à charge ont prévalu, et l’opération de séduction qui est au principe de cette supplique toute en profil bas  a fait long feu.

Il serait intéressant de revenir à la phrase par laquelle Sarkozy introduit sa supplique, car elle suinte de subtilité rhétorique. « Je vous demande avec toute la force de mon indignation », dit Sarkozy. Cette phrase trahit une tension sémantique pour le moins troublante. Comment  fonder une demande, une faveur sur une indignation ? En fait le mot indignation est un mot lièvre, qui renvoie implicitement à un autre. Il fallait donner un fondement éthique à la demande. En vérité, de façon subliminale, Sarkozy veut dire au juge «  je vous demande avec toute la force de votre indulgence » mais son amour propre l’en dissuade et il se retourne le compliment : l’indulgence du juge qui pourrait fonder l’acceptation de la demande  du prévenu se transforme en la force de l’indignation de celui-ci.

Ahandesi Berlioz

Dossier Libyen : Quand Sarkozy Suce le Juge pour Eviter la Mise en Examen

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