Afrique : Réparation pour la Traite Négrière Transatlantique, Condition sine qua non de notre Délivrance

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Pour la traite négrière transatlantique, outre l’argument  dilatoire de la traite arabo-musulmane soulevé à la conférence de Durban en 2001, les Ocidentaux ont beau jeu de rétorquer que les Africains se vendaient eux-mêmes. Argument spécieux mais à quoi, on peut répondre — à supposer même qu’il ait quelque once de vérité — que ce n’est pas parce qu’une fillette de 7 ans se fait prostituée qu’un homme de 40 ans va la violer. Mais passons.

Quid d’une autre tragédie non sans rapport de cause à effet avec la traite transatlantique industrielle, à savoir l’extermination des Amérindiens. Ceux-ci se suicidèrent-ils massivement, après avoir été « découverts » puis « conquis » ? Se sont-ils auto-exterminés ?

Je pense que par rapport à leur responsabilité historique, il faut que les Européens consentent à être un peu sérieux, et arrêtent de prendre les descendants de leurs victimes pour plus idiots qu’ils ne sont. Car ce serait,  comme le disent les Anglais, ajouter la blessure à l’insulte, ce qui revient à  doubler ses torts d’un affront.

Au lieu de fuir dans la dénégation en usant d’armes rhétoriques idiotes, dans le cas de l’Afrique, dont ils ont abusé de manière ineffable sur plus de quatre siècles, les  Occidentaux doivent être contraints d’accepter l’effectivité de leurs crimes et d’en payer la note. La réparation nécessaire calculée sur la base des fortunes colossales générées par  les quatre siècles de traite négrière transatlantique ne serait bien sûr que matérielle, car aucune réparation morale ne peut être apportée à l’Afrique pour les viols, les souffrances, la dénaturation, la réification, la déshumanisation  et les pertes immenses qu’elle a subies.

Les Africains doivent se battre pour exiger  cette nécessaire réparation. Ce n’est pas seulement une question de justice  ni de droit, mais comme le montre l’histoire du temps présent, la réparation est devenue la condition sine qua non d’une délivrance de l’acharnement pluriséculaire et multiforme de l’Occident sur le continent africain.

Si 60 ans après ce que l’on appelle les indépendances nous sommes encore dans l’antre du néocolonialisme et en subissons les affres jour et nuit, c’est parce que nous n’avons pas exigé et obtenu réparation pour le colonialisme, dont l’actuel président français a pu dire lui-même que c’était un crime contre l’humanité. Si nous avons subi le colonialisme c’est parce que nous n’avons pas exigé et obtenu réparation pour  la traite négrière transatlantique que nous avons subie.

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La problématique de la réparation, à l’instar de celle de la traite, pourrait bien sûr et devrait être à terme considérée de manière plus systématique ; ce qui implique aussi, dans le même élan de pointer du doigt la traite arabo-musulmane qui, à certains égards, a été à la fois plus dévastatrice et plus cruelle, en raison justement de la dénégation dont elle est l’objet, mais aussi de ses méthodes et sa finalité génocidaire occultée. Mais le souci des Africains ici et maintenant étant celui de leur délivrance du joug continu de la domination coloniale, force est de donner priorité aux actions et combats qui la conditionnent. Et de ce point de vue,  l’intelligence commande de donner priorité au combat pour la réparation de la traite négrière transatlantique.

Adenifuja Bolaji

La Résistance Africaine à la Traite Négrière

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