Réflexion : Pour Aller au Bout de l’oeuvre Incontournable de Thibeaud Obou

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Le martyre ascensionnel de l’Afrique : la terre de tous les supplices et de tous les trésors, par Gregory Mion

Cet article établit la recension de l’ouvrage suivant de Thibeaud Obou : L’universalité africaine face à l’ingratitude du monde européen et sémite (Éditions Akofa-Bisola, 2011). Nous espérons être à la hauteur de cet écrit radicalement justicier.

Le silence quasiment complet qui a suivi la parution du beau livre de Thibeaud Obou ne fait que justifier sa thèse principale : le monde européen et sémite est ingrat envers l’Afrique et il n’est peut-être pas tout à fait prêt à changer de paradigme. Le pessimisme est de toute façon de rigueur quand on observe la place que l’Afrique occupe en général dans les conversations informelles ou dans les traitements médiatiques de ceux qui véhiculent l’ingratitude; elle ressemble à un épiphénomène plein d’exotisme, de violence et de pauvreté, comme un genre de carte mystère que l’on est susceptible de piocher dans un jeu de société, une carte à la fois maudite et excitante qui peut faire tourner le cours du jeu, à moins qu’il ne faille la comparer plus vulgairement encore à un quartier louche dans lequel on s’aventure d’un seul pied afin de se donner un shoot d’adrénaline. Le tourisme en Afrique prend d’ailleurs un peu de cette allure – il incarne souvent l’idée qu’un risque a été pris par l’homme blanc et que son retour à la civilisation impériale fera de lui une sorte de héros qui a survécu à la rudesse d’un monde abjectement fantasmé.
C’est en outre ce que Michel Leiris suggère obliquement lorsqu’il écrit L’Afrique fantôme. Lors de son périple immense entre Dakar et Djibouti, Leiris n’avait certes pas la grossièreté du voyageur insipide, mais il reconnaît qu’un faisceau de légendes avait jeté dans son esprit une quantité d’images trompeuses, contribuant à tordre la réalité du grand continent africain. À son retour, après deux années d’expédition ethnographique, il avait compris que le fantôme africain était pour partie dépendant des réactions prédéterminées que peut avoir un Européen, mais qu’il était aussi la manifestation d’une vérité en elle-même fugitive, l’Afrique se libérant toujours des tutelles qu’on essaie de lui prescrire, fussent-elles des volontés didactiques et poétiques d’une exceptionnelle densité, telles qu’elles apparaissent d’ordinaire dans les récits de Leiris. Il fallait du reste toute l’intelligence de Leiris pour accepter que l’Afrique, in fine, n’avait pas besoin du coup de sonde d’un savant pour entrer dans les initiatives

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