Je vous Présente Osunaarashi, le Premier Sumotori d’Origine Africaine

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Il est difficile d’imaginer un sport plus intimement identifié au Japon que le sumo. L’élite des rikishi, les meilleurs lutteurs de sumo, est très longtemps demeurée réservée aux Japonais, avant de s’ouvrir progressivement à des Mongols et à des Coréens. C’est pourquoi la récente percée d’un champion égyptien est à la mesure de son nom de combat, Osunaarashi, soit « Grande tempête de sable ».

LE PREMIER RIKISHI MUSULMAN

L’Egyptien Abdelrahman Shalan est né en 1992 à Mansoura, à 130 kilomètres au nord du Caire, même si c’est dans une banlieue de la tentaculaire capitale qu’il a grandi. Adepte de la musculation intensive, il découvre tardivement les techniques du sumo. Battu par des lutteurs pesant la moitié de son poids, Shalan comprend l’importance d’un apprentissage sévère dans ce qu’il considérait jusqu’alors comme un « sport d’éléphants ». Sa passion pour le sumo tourne à l’obsession. Il participe à des tournois amateurs en Estonie, puis en Bulgarie. En août 2011, c’est le saut dans l’inconnu: il s’envole pour Tokyo, sans même parler un mot de japonais.

Shalan démarche les différentes écoles (beya) de sumo sous le nom qu’il s’est choisi d’Osunaarashi. Une seule beya, Otake, accepte de le prendre à l’essai. Mais, pour réaliser son rêve, le jeune Egyptien doit longtemps s’astreindre au nettoyage de la salle et à la vaisselle collective. Son obéissance inébranlable et son assiduité à l’entraînement convainquent les responsables d’Otake de l’intégrer formellement à leur écurie, en mars 2012. Il suffit d’un peu plus d’un an à Osunaarashi pour accéder à la première division du sumo, le makuuchi, forte d’une quarantaine de lutteurs. Le rikishi égyptien est désormais le champion le plus en vue d’Otake.

Osunaarashi n’est pas seulement le premier lutteur africain à rejoindre la première division du sumo. Il est aussi le premier rikishi musulman ainsi distingué. Pieux sans ostentation,  Osunaarashi exclut catégoriquement le porc de son  alimentation, et notamment du chankonabe, la fondue hyper-calorique dont se sustentent les lutteurs. Il s’interdit également la bière, souvent prisée par ses pairs. Il respecte enfin le jeûne de Ramadan, même lors des tournois qui se déroulent tous les deux mois et en alternance entre Tokyo, d’une part, Osaka, Nagoya et Fukuoka, d’autre part. Avec 158 kilos pour 1,89m, Osunaarashi, debout sur la photographie ci-dessus, est relativement plus léger que les lutteurs de sa catégorie.

Même si Osunaarashi a depuis été rétrogradé dans la deuxième division des juryo, sa carrière exceptionnelle suscite d’ores et déjà de nombreuses vocations dans son pays natal.

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