Publié dans Essai, Haro

L’Ethnie et le Fléau des Nominations en Afrique : Retour à l’Éthique de Sankara

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En Afrique, et particulièrement sur le Golfe de Guinée où le clivage ethnique est accentué par le clivage religieux, au mépris des compétences,  les nominations résultent d’une arithmétique et d’un marchandage ethniques des plus infects. Aucun pays ne peut avancer ainsi, en sacrifiant les compétences sur l’autel des tribus. Le progrès dans une nation se fait par des gens compétents, sans aucune considération de leurs origines – ethniques, régionales ou religieuses. Tout autre pratique est vouée à l’échec.

Peut-être pour sortir de cet antre vicieux, gagnerait-on a considérer l’éthique de Sankara qui réduisait à sa plus simple expression les avantages matériels et institutionnels associés à une nomination pour n’en retenir que la mission et les objectifs mesurables. Exemple : un Ministre peut aller au travail en taxi, ou bien plusieurs Ministres peuvent avoir une même voiture de fonction ; en revanche, le compte rendu, le bilan et la vérification des objectifs seront semestriels.

En effet, à supposer qu’on recherche des personnes à des postes de grande utilité sociale et nationale mais où les émoluments sont limités, et les avantages associés nuls mais le risque de mort très élevé, combien d’ethnies ou de tribus se bousculeront pour s’assurer que leur fils soient comptés parmi les héros de la nation ? Combien d’ethnies déclencheront des guerres civiles dont nous avons l’habitude en Afrique pour protester de leur utilité à la nation et du désir de leur fils de se sacrifier pour elle ?

En principe, pour un continent où tout est à construire, la nomination ne doit avoir rien de concupiscent, ce n’est pas une carte d’accès à un banquet pantagruélique : on ne se frotte pas les mains d’appétit d’être nommé, on éprouve seulement la fierté de servir, d’apporter sa pierre à l’édification de la nation.

Alan Basilegpo

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