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Quand l’Ex-Présidente Coréenne Pleure, le Président Sénégalais Rit

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L’Impunité au Sommet : l’Exemple Coréen sans Crier Rupture

Les Africains ont l’habitude de dire par un  raccourci comparatif renversant que « il y a 30 ans la Corée et le Sénégal étaient au même niveau économique ». Sous entendu, il n’y a pas de raison que nous ne fassions les mêmes choses que les Coréens parviennent à faire aujourd’hui. Soit. Personne ne demande pas mieux que l’Afrique soit aussi apte et prospère demain que ceux qui étaient « au même niveau » qu’elle hier. Mais la vérité est qu’il faut éviter les comparaisons superficielles, et comprendre que la capacité collective d’une société, d’une nation n’est pas la somme arithmétique des volontés ou des capacités individuelles, sous réserve déjà que celles-ci existent et puissent être mises en jeu. Dans la comparaison des nations et des peuples, il y a tout un ensemble de facteurs et de dimensions invisibles à l’œil nu ou non actualisés et dont ne rendent pas compte les indicateurs classiques. Parmi ceux-ci figurent la dimension symbolique des sociétés, leur force morale, leur volonté éthique et le dynamisme culturel.

La destitution et l’arrestation de l’ex-présidente de Corée, puis l’expression publique par celle-ci de la reconnaissance de ses fautes, et son aveu de culpabilité, ce ne sont pas des choses qui arriveraient au Sénégal ou au Nigeria de si tôt. Des destitutions sont possibles en Afrique, des accusations ou des mises en accusation aussi, mais combien de nos dirigeants accusés avouent leur crime, reconnaissent leur faute, versent des larmes de contrition et se mettent à la disposition de la justice ? Au lieu de quoi, ils seraient plutôt enclins, comme au Bénin ces jours-ci, à réviser la constitution afin de se garantir une impunité en béton pour eux et leur clique de pilleurs des biens publics. Voilà l’une des différences qui font que toute comparaison entre la Corée et le Sénégal pêche par simplisme et manque de profondeur.


L’ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été arrêtée et emprisonnée dans le cadre de l’enquête sur la corruption qui a entraîné sa déchéance au début de ce mois.
Mme Park a été arrêtée à son domicile et emmenée dans un centre de détention – une scène couverte par la télévision sud-coréenne en direct.
Les responsables ont déclaré que l’ancienne présidente tombée en disgrâce avait accepté des pots-de-vin et abusé de son pouvoir pendant son mandat.
L’arrestation de Mme Park fait suite à une longue audience à Séoul, la capitale du pays, au cours de laquelle le juge a décidé qu’il y avait suffisamment de preuves pour justifier l’arrestation.
« Les allégations majeures ont été expliquées et prouvées et il y avait des inquiétudes concernant la destruction des preuves », a déclaré le tribunal du district central de Séoul dans un  sms.
L’enquête sur la corruption a permis la mise en accusation de Mme Park qui a précicipét sa destitution le 10 mars. 2017
Mme Park va rester en prison au moins pour les trois semaines à venir le temps que les juges mettent au point l’acte d’accusation formelle qui déterminera son sort judiciaire.
« Je me suis excusé envers les citoyens Sud-Coréens », a déclaré Mme Park la semaine dernière. Je vais coopérer sincèrement avec la justice. »
La Corée du Sud élira un nouveau président en mai, et les experts disent qu’il est probable que le parti conservateur de Mme Park sera vaincu lors du vote après près d’une décennie au pouvoir

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Ahoponu Benoît

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