Publié dans Essai

Toboula versus Léhady : Défendre le Rhinocéros contre la Girafe

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Lors d’un débat sur RFI, le préfet du Littoral, Modeste Toboula a dit que le fait, pour la mairie de Cotonou, de percevoir des taxes sur les vendeurs frappés par le déguerpissement n’était pas conforme à la loi. Réponse du berger à la bergère, dans une interview donnée à Jeune-Afrique, le Maire Léhady dit qu’il s’agit d’un mensonge colporté contre sa personne. Selon ses explications, les taxes ont été perçues conformément aux dispositions légales en vigueur. « Je suis surpris, attaque-t-il sans ménagement, qu’un responsable, censé exercer le contrôle de la légalité des actes, ne connaisse pas le droit. La loi est claire : toute personne qui occupe le domaine public fait l’objet d’une taxation aussi bien au niveau communal que national »

Toboula avec sa hargne de bouledogue de la rupture n’est  certes pas défendable. Mieux, une petite poussée d’humeur démagogique porterait volontiers tout politique normalement constitué à lui entrer dans le lard. Et, de ce côté-là, ce n’est pas ce qui manque à cet homme aux allures de rhinocéros. Mais on doit à la vérité de défendre le rhinocéros, y compris contre la girafe lorsque celle-ci, abusant de sa taille, prend de la hauteur avec les détails.

Dans son intervention lors du débat de RFI, le préfet Toboula n’a pas dit que c’était illégal de percevoir des taxes sur toute personne occupant l’espace public, mais et le détail est de taille, «  sur toute personne occupant illégalement le domaine public ». Et ce disant, le tonitruant préfet ne fait en aucune manière entorse à la constitution, pas plus qu’il ne fait preuve d’ignorance de la loi, comme l’en accuse M. Léhady Soglo, de façon polémique.

Certes, le préfet et le maire relèvent en apparence de deux trajectoires sociologiques et institutionnelles différentes : l’un est administrateur, exécuteur de la volonté du gouvernement dont il est le délégué ; et l’autre est un politique, un élu obéissant aux convenances démagogiques qui caractérisent tout rapport avec le citoyen électeur. L’un représente l’État par le biais concret du gouvernement, l’autre gère la vie des citoyens auxquels tôt ou tard, il doit rendre des comptes.

Ce clivage sociologique pour autant ne doit pas constituer une raison d’entretenir le malentendu, au risque de s’enfermer dans le dialogue de sourd. Loin de tout manichéisme et de toute diabolisation, Préfet et maire doivent travailler main dans la main dans l’intérêt de leur département et du pays.

Adenifuja Bolaji

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