Publié dans Essai, Press-Links

France : les nouvelles classes populaires

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Un ouvrage collectif dresse un panorama des classes populaires dans la France d’aujourd’hui. Les sociologues montrent que, si la catégorie conserve sa pertinence conceptuelle, son flou descriptif entretient aussi les instrumentalisations politiques.

La société française contemporaine est-elle structurée en classes sociales ? Et comment décrire la population, statistiquement majoritaire, composée des ouvriers, des employés et des petits indépendants (commerçants, artisans et agriculteurs) ? Est-il pertinent, encore aujourd’hui, de parler de classes populaires ? Voici une série de questions sociologiques fondamentales, qui animent un grand nombre de recherches empiriques. L’ampleur du questionnement suscite pourtant le plus souvent des travaux éparpillés, focalisés sur une dimension du problème, ne permettant d’offrir que des réponses partielles et insuffisantes. L’impressionnant ouvrage que proposent les cinq auteurs de Sociologie des classes populaires contemporaines est, dès lors, fort bienvenu. À la suite d’autres entreprises récentes de synthèse, mais dans des formats plus succincts [1], il apporte une contribution déterminante aux débats contemporains sur les classes populaires et sur la structure sociale dans la France contemporaine.
Publié dans la collection « U », chez Armand Colin, le livre se présente d’abord comme un manuel et en a toutes les qualités. Mobilisant une impressionnante bibliographie, il décrit de façon thématique un grand nombre de travaux, expose en détail de multiples données statistiques et études de cas, à l’appui de tableaux et d’encadrés contenant de longs extraits d’entretiens. Ces illustrations permettent d’incarner les analyses, mais ont aussi une fonction d’administration empirique de la preuve, au service du questionnement théorique qui guide l’ouvrage. Car ce livre est aussi bien plus qu’un manuel : il s’agit d’un ouvrage de recherche, qui pose la question de l’existence des classes populaires dans la société contemporaine à partir d’un matériau empirique inédit, formé par le rassemblement d’un grand nombre d’enquêtes de terrain, offrant ainsi un regard renouvelé sur la structure sociale contemporaine. Résumer les 300 pages très denses de cet ouvrage, qui elles-mêmes synthétisent de multiples travaux, est évidemment malaisé. On retiendra ici ses principaux apports : une clarification théorique sur la notion et une mise en perspective du regard porté sur ce groupe social par les sciences sociales ; ainsi qu’un triple questionnement sur les transformations des frontières entre classes sociales, sur la question de l’unité ou de l’éclatement du groupe, et sur les rapports avec les autres classes.

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