Publié dans Critique, Débat, Haro

Le Droit de Dosu et Jijɔho de Vivre à Apasa près du sein Maternel

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Pourquoi écrivons-nous Dossou au lieu de Dosu ? Alors que dans nos langues le « s » et le « z » ont des valeurs phonétiques distinctes ? Pourquoi surchargeons-nous l’écriture du mot Akpassa au lieu d’écrire tout simplement Apasa alors que nous n’avons pour ainsi dire pas de p dans nos langues et que le son qui s’en rapproche le plus « kp » peut être représenté par la lettre p ? Pourquoi écrivons-nous Djinadou au lieu de Jinadu, alors que nous n’avons dans nos langues ni le « u » ni le « j » et donc notre « ou » peut être représenté par la lettre u, et notre « dj » par la lettre « j ». Bref,  ati bè, bè lɔ . (etc.)

La réponse est simple : c’est que dans notre posture de locuteurs, nous ne nous parlons pas à nous-mêmes mais, figés dans la référence au justificateur invisible français dont la supposition est compréhensible au temps colonial, nous continuons de trianguler nos rapports d’interlocution, à la limite ridicule de l’aliénation. Alors que nous sommes censés nous écrire ou parler à nous-mêmes, nous ne sommes satisfaits que lorsque nous sommes assurés que l’instance française absolue nous a lus ou entendus. Cette attitude est cohérente avec le refus paresseux de prendre l’usage actif de nos langues à bras le corps, comme il sied à toute collectivité humaine qui se respecte, et qui parie sur son avenir, sa survie dans le concert des peuples du monde.

Même avant de commencer à écrire activement dans nos langues, ce qui est capital pour notre survie, et pendant que nous utilisons encore pour on ne sait combien de temps la langue de notre saigneur français, ayons à cœur de l’utiliser au sens fort du mot – c’est-à-dire comme un instrument. Cessons de convoquer le Blanc dans l’intimité de nos échanges entre nous, même si c’est sa langue que nous utilisons. Dosu, c’est Dosu et c’est clair pour nous !

 Bɛɖégla Aklamasɔ

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