
| Nouvelle tribune
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Une royalement consacrée à un autre pays et ce depuis plus de 72 heures | |
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Burkina |
Une consacrée à une info nationale | |
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Burkina |
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| Le Patriote
Côte d’Ivoire |
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Côte d’ivoire |
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| AbijanTV.net | Une consacrée à une info nationale |
Le Bénin va peut-être avoir bientôt un président de la république d’origine française. Ce fait choquant divise les Béninois. Certains pensent que comme il s’appelle Zinsou, il est Béninois et donc il a le droit de se présenter aux élections. D’autres pensent qu’il est fondamentalement français, qu’il a vécu, senti, et agi au nom de la France jusqu’à ses 60 ans; et que de toute manière pour devenir Président dans un pays, il faut ressembler à la majorité de ses concitoyens, les vivre de l’intérieur, avoir fait la politique dans le pays depuis de longues années, etc.
Mais sans entrer à l’intérieur de ces discussions, il faut dire que le Bénin est un pays vraiment singulier, un pays qui paie le prix de la résistance de l’un de ses grands rois, Béhanzin, dans une monnaie qui s’appelle aliénation aujourd’hui. C’est dire qu’entre le moment où Béhanzin signait la geste de résistance à la colonisation et a dû faire face à la fois à la guerre contre les Français et la trahison de tout côté autour de lui, eh bien beaucoup d’eau –de reniement, du renoncement, de la prostitution et de l’indignité nationale — a coulé sous les ponts de notre histoire. Au finish, nous nous en sortons avec le pays africain le plus aliéné. Celui où le lien social est quasi inexistant, sans parler du lien national réduit à néant. L’individualisme méthodique est la philosophie sociale du Béninois moyen. Le patriotisme est une misère, et la mise à prix de ce qui fait la dignité et l’intimité nationale est une seconde nature chez le Béninois. Sinon, n’est-ce déjà pas un mal fait à la dignité nationale que d’avoir à discuter de la hantise présidentielle d’un homme qui n’est pas seulement un étranger politique, mais aussi et surtout un ressortissant de premier choix du prédateur historique de notre pays et de l’Afrique tout entière ?
Or une telle disposition qui s’exprime au plus haut niveau politique est encore plus parlant dans d’autres aspects de la vie sociale, culturelle et économique où souvent elle passe inaperçue. Exemple on peut tomber sur une curiosité avec le site du journal La Nouvelle Tribune ; qui est l’un des journaux connus du Béninois. Comme à son habitude, au nom d’un positionnement d’ouverture international, ce journal fait passer soit en carrousel sur son site, soit en image fixe des titres et des images touchant des faits ou informations africains voire internationaux. Choix respectable mais la mesure dans laquelle ce journal l’assume, au moment même où les informations béninoises elles-mêmes ne demandent qu’à se faire connaître, la mesure dans laquelle il assume son choix au détriment des informations béninoises laisse perplexe.
Un exemple mais qui n’a que l’intérêt d’être actuel, tant il n’a rien de nouveau, est que depuis vendredi le site figure en image fixe comme le montre le tableau ci-dessus un titre dédié à une information du Burkina Faso. Donc alors que les information sur le net n’ont de sens que dans l’instant et dans la fluidité, le lecteur béninois est amené et appelé à se mettre à genoux devant cette nouvelle dont le degré d’intérêt national est tout à fait modéré. Quant à parler même d’intérêt légitime pour l’information internationale et africaine, la méthode d’intérêt laisse pantois. Car je ne vois pas pourquoi, en général en matière d’informations africaines nos journaux ont tendance à nous rebattre les oreilles de ce qui se passe au Gabon ou en Afrique Centrale au détriment de ce qui se passe au Ghana ou Nigeria tout près ! Donc tout cela ne tient pas debout.
Par ailleurs ce site Nouvelle Tribune a un autre comportement anti-web qui consiste a effacer sans autre forme de procès les commentaires des internautes qui ne lui plaisent pas, quand bien même ceux-ci, en dehors de leur pertinence, n’ont rien de discourtois ou abusif. Ce genre de comportement indigne du point de vue de la liberté d’expression est l’un des sports favoris du site nouvelle Tribune, mais qui traduit aussi une mentalité toute béninoise, à mi chemin entre l’hypocrisie et le cynisme.
Exemple : excédé par la persistance d’une information concernant un pays étranger depuis plus de 24 heures sur ce site un de nos animateurs a laissé en bas de l’information, le commentaire suivant : « Vous êtes devenus le Burkina News ou quoi ? On aimerait tant que les autres au dehors parlent du Bénin, comme vous parlez du Burkina ou des autres au Bénin… Parlez-nous de la Culture de Pobè, de l’Histoire de Missrété, de l’impacte de la culture vivrière dans la vallée du Mono, etc. Pourquoi cachez-vous votre paresse et votre incurie derrière la fausse posture d’un journal le Monde sans en avoir le millionième des moyens ? Ne savez-vous pas que la charité bien ordonnée commence par soi-même ? Il y a tant de choses à dire du Bénin…!«
Le commentaire n’a pas eu une durée de vie de 3 minutes. Il disparut aussi vite qu’il n’est arrivé.
Mais pour en revenir à cette bizarrerie qui consiste pour un journal Béninois à mettre en une en plan fixe pendant plus de 72 h une information somme toute politiquement cosmétique d’un pays étranger, on ne peut qu’y voir la forme culturelle de l’aliénation politique qui nous menace avec l’élection bientôt d’un président d’origine française au Bénin. Donc tout se tient. Le Bénin est ce qu’il est et a ce qu’il mérite. Car il n’y a que chez nous qu’un journal comme Nouvelle Tribune peut se permettre de s’appesantir sur l’information concernant un autre pays durant des jours sans états d’âme, et peut-être même sans que cela ne choque ses lecteurs nationaux.
Akando Septime
PS. Suite à cette note, sans autre forme de procès, notre collaborateur a été banni de commentaire sur le site Nouvelle Tribune qui ne fait plus mystère de son comportement anti-web ( béninoiserie notoire et caractérisée)

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