Afrique : Plaidoyer pour la Dématérialisation du Cœur

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beatriceSur la photo, le gouverneur de l’État d’Edo au Nigeria–dont la capitale, Benin, porte le même nom que notre pays, mais cela on s’en fout !–est assis entre deux femmes. À sa droite une femme dans la petite cinquantaine, et à sa gauche une jeune femme de « 32 ans ». Dans un premier regard, on pourrait penser que M. Adams Oshiomhole–c’est le nom du gouverneur–qui a ses 63 ans bien sonnés, est assis entre son épouse et sa fille cadette ; la ressemblance filiale entre les deux femmes se passant de commentaire. Eh, bien raté ! M. Oshiomhole, veuf depuis 2010, vient de se remarier après cinq ans de veuvage. Mais son épouse Cap-Verdienne est la jeunette qui est à sa droite, et que dans un premier regard naïf ou moral on prendrait pour sa fille, tandis que celle qui est en vérité sa belle-mère pour le coup aurait pu être dans un regard tout aussi moral et naïf son épouse.

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Seulement voilà, les femmes, surtout lorsqu’elles sont jeunes et jolies, ont tendance à tomber amoureuses des hommes riches et puissants, fussent-ils de l’âge de leur père ou de leur grand-père. C’est une tendance quasi universelle que la culture, l’évolution sociologique, matérielle et morale ont fait reculer en Occident mais qui en Afrique a la vie dure. En Afrique, les hommes riches et puissants, qu’ils soient laids et/ou vieux, trouvent toujours de belles et jeunes chaussures féminines à leurs pieds d’amour–la morale pour le coup étant mise en veilleuse ou sacrifiée sur le léonin autel des deux V : Volupté et Vitalité. Les hommes–surtout lorsqu’ils sont riches et puissants comme le gouverneur–prennent volontiers leurs épouses dans la classe d’âge de leur fille plutôt que dans celle de leur sœur. C’est plus valorisant, plus excitant, mais plus rassurant aussi dans la mesure où la jeune épouse respire la vie et pourrait en être contagieuse.

L’union entre les deux sexes est sans aucun doute le premier commerce entre les êtres humains depuis la nuit des temps. Mais le mariage ce n’est pas seulement la beauté et la jeunesse contre la puissance et l’argent. Le mariage c’est aussi un échange autrement plus humain auquel certains critères d’identité, notamment l’appartenance à la même génération apportent un élément d’authenticité et de vérité. Un homme qui a vécu la 1ère guerre mondiale doit-il épouser une femme qui n’a connu que la guerre du Golfe ? Bien sûr on ne se marie pas pour faire la guerre. Quoi qu’il en soit, et quel que soit l’intérêt des deux parties d’un mariage, la libération de la femme en Afrique passera tôt ou tard par la dématérialisation du cœur.

Gbetey Beatrice

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