Afrique : Le Bâton et la Carotte du Régionalisme

Mon Idéo Va Court, Vole et Tombe sur… :

Nominations Assistées par Ordinateur

ideogCe qu’il aurait fallu pour que les États africains se développent, c’est que la politique de gestion des cadres soit assistée par ordinateur. Ainsi, pour pourvoir à un poste, les personnes intéressées devraient publiquement se porter candidats. Et elles seront soumises à un examen de compétence dont les questions et les modalités seront déterminées par ordinateur, et corrigées par ordinateur. Ainsi, à la fin, on aura  «The right man at the right place ».
Au lieu du népotisme et du régionalisme qui sont de règle. Au lieu que le président de la République qui crève d’envie d’être réélu ou populaire, use de son pouvoir de nomination pour susciter une perception favorable de sa personne dans des régions initialement peu enclines à l’élire. Ou, au contraire utilise le pouvoir de nomination pour renforcer l’adhésion naturelle d’une région qui lui est acquise et qu’on appelle son fief.
Ainsi, si au Bénin, Yayi Boni est très porté sur cette deuxième voie du népotisme régionaliste, par laquelle il bombarde toutes sortes de Nago ou de soi-disant nordistes dans les secteurs les plus reculés et les plus improbables de l’Administration, des sociétés d’État et partout où existe un petit pouvoir de directeur à exercer, une jouissance d’Etat à prendre, tel n’est pas le cas de son voisin et coreligionnaire du Nigéria, Goodluck Ebele Jonathan. Actuellement acculé à l’incertitude de sa réélection, après avoir longtemps abusé de la deuxième voie, M. Jonathan a jeté son dévolu sur la

 

première. Depuis plusieurs mois, il enchaîne nominations et limogeages, les premiers étant en faveur des Nordiques et les seconds frappant de préférence les Sudistes. Les régions où son éligibilité est acquise en raison de l’ascendance ethnique ou religieuse souffrant provisoirement le martyr, tandis que les régions où celle-ci est sujette à caution sont mises à l’honneur dans les nominations et souffrent peu des limogeages.
Pour le dirigeant africain, le pouvoir de nomination est une aubaine. Et l’esprit des Africains plombé par l’indigence de l’instruction, est tel qu’il est plus sensible aux signaux ethniques ou religieux envoyés au travers des nominations de quelques individus qu’à la création d’industries susceptibles de donner du travail à la multitude, sans aucune distinction d’appartenance religieuse ou ethnique.

Eloi Goutchili

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