2Interview avec L’Ambassadeur de France au Bénin

2Interview avec son Excellence Monsieur J-Paul Monchau, Ambassadeur de France au Bénin

 

   

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Excellence M. l'Ambassadeur Jean-Paul Monchau, merci de répondre à 2interview.

Voici ma question
Depuis plusieurs semaines le bruit court de façon pernicieuse que vous seriez déclaré Persona non grata par les autorités béninoises. Malgré l'insistance de la rumeur qui frise un lynchage médiatique  et une attaque ad hominem, c'est-à-dire plus dirigée contre votre personne que contre la France, vous n'avez fait aucun démenti, pas plus que les autorités béninoises qui, sur le sujet, cultivent un silence mystérieux de mauvais aloi.
La raison supposée du coup de colère présumée du gouvernement béninois est le classement du Bénin parmi les pays à risque terroriste au regard de l'implication de la France contre les terroristes au Nord du Mali. La France aurait de bonnes raisons, paraît-il, de supposer une porosité des frontières septentrionales du Bénin et du Nigéria sous l'angle de l'infiltration des terroristes du BOKO HARAM notamment. Cette porosité est pourtant indéniable dans la région de Malanville et plus particulièrement à Segbana, devenu implicitement une zone d'expansion économique nigériane, où le naira est substitué au franc CFA, et où les activités socio-économiques de base sont organisées selon un flux dont le Nigéria est à la fois la source et l'embouchure principales sinon exclusives. Dans ce cas, pourquoi le gouvernement béninois dénierait-il le risque que constitue, tout au moins dans cette zone, la menace de groupes terroristes venant du Nigeria et qui sont actuellement en pleine activité meurtrière dans ce pays voisin et frère ?

Bien sûr, M. l’Ambassadeur cette question est éminemment rhétorique et ne vous est pas posée directement. Par ailleurs, il est de notoriété universelle que le rôle d'un ambassadeur est de protéger les intérêts de son pays et de préserver, entre autres choses, la sécurité de ses ressortissants. En disant la vérité sur les risques d'insécurité des Français à un moment donné et sur une partie donnée du territoire du Bénin, la France a blessé le président de ce pays dans son orgueil et dans ce qu'il considérait comme son alliance privilégiée avec elle, sa soumission de tous les instants et sa collaboration frénétique, y compris au détriment des intérêts du Bénin. C'est ce qui justifie la profonde amertume de son Excellence le Docteur Thomas Boni Yayi. M. l’Ambassadeur puissiez-vous comprendre cela ? Déception et colère d'autant plus grandes que dans la stratégie qu'il est en train de peaufiner pour un deuxième holdup électoral en 2016 –pourquoi s'arrêterait-il en si bon chemin, lui qui a déjà en 2011 testé la renversante passivité du peuple béninois, et la lâcheté légendaire de ses soi-disant hommes politiques–dans cette stratégie disons-nous, Monsieur Yayi voudrait apparaître comme l'homme incontournable, le rempart des Béninois contre les insécurités politiques, militaires et sociales : en somme, l'homme sans lequel le Bénin risque d'être jeté dans le chaos. Goûtez donc, Monsieur l'Ambassadeur, aux raisins de la colère de son Excellence le Docteur Thomas Boni Yayi à votre égard. Plus qu'à votre égard qu'à l'égard de la France, — et lui-même ainsi que son gouvernement et la horde des médias jetés à vos trousses ne cachent pas les signes et gesticulations visant à rendre claire et nette cette distinction aux yeux des autorités françaises.

Mais peut-on s'en prendre à l'ambassadeur de France qui n'a fait que faire son devoir sans s'en prendre in fine à la France elle-même ? Est-ce que cette façon pour M. le Docteur Thomas Boni Yayi de mettre le doigt entre l'arbre de l'État français et l'écorce personnelle de son ambassadeur ne relève pas d'un toupet vicieux ? Dans les milieux diplomatiques français et même du Quai d'Orsay, on redoute et on s'indigne du fait que l'outrecuidance diplomatique du Docteur Thomas Boni Yayi, à oser vouloir déclarer persona non grata un diplomate qui n'a fait que faire son devoir d'information, soit le fait de quelques « conseillers » français de l’ombre, habitués aux méthodes népotistes et corrompues qui avaient cours sous le précédent ambassadeur avec lequel le Docteur Thomas Boni Yayi a pris de mauvaises habitudes dont il a du mal aujourd'hui à se défaire. Cette idée qu'il suffit d'avoir concédé la totalité des intérêts de son pays pour exiger que l'autre partie, la France, qui n'est tout de même pas une République bananière, compromette les intérêts et la sécurité de ses concitoyens, est tout simplement inacceptable M. l'Ambassadeur, on peut le comprendre.
Maintenant M. l'ambassadeur, vous me direz que le débat est déjà mal posé si le Docteur Thomas Boni Yayi veut faire croire que c'est plus à vous qu'il s'en prend qu'à la France. Que répondez-vous M. L’Ambassadeur à cette offensive Ad hominem ?

Réponse imagée de son Excellence M. l'Ambassadeur Jean-Paul Monchau

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Réalisé par Aminou Balogun