
Par Dr P.B. Kofi APLOGAN
Introduction — Un jeu comme objet de connaissance
Le jeu Ahannin-hannin, pratiqué dans un contexte fon au Bénin, permet d’observer les relations entre organisation spatiale, rythme musical et activité collective. Dans la configuration étudiée, le chanteur, assis dos au plateau, commande les prises successives de noix de palme sans voir leur disposition. Une meneuse, placée devant le plateau, suit le parcours à l’aide d’une baguette et retire les noix lorsque le chant l’indique.
La performance repose ainsi sur une dissociation des accès perceptifs et des rôles : le chanteur conduit la séquence vocale, tandis que la meneuse voit le dispositif et agit sur lui. Cette organisation soulève trois questions : quelle régularité relie le parcours aux prises ? Quelles fonctions les formules chantées remplissent-elles dans la séquence ? Que peut-on en déduire sur les savoirs pratiques mobilisés dans une tradition orale ?
L’analyse décrit d’abord le dispositif et la répartition des rôles, puis formalise la suite des prises et examine les fonctions du chant. Elle distingue les régularités observables des hypothèses portant sur les opérations cognitives des participants.
